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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 13:15
Le testament politique de Louis XVI (par Yves Marie Adeline)
En ce 21 janvier, où tant de messes vont être dites à la mémoire de notre Roi-Martyr de sa foi catholique (c'est parce qu'il opposa avec une royale virilité,  sachant parfaitement quelles conséquences sur sa personne cela entrainerait, son veto à la constitution civile du Clergé devant mettre les prêtres sous la coupe des révolutionnaires et les lier dans leur ministère que le Roi fut désavoué par la Constituante, déchu de sa fonction royale et emprisonné et traité de traitre, les révolutionnaires s'accomodaient de la Royauté mais pas de la Royauté très chrétienne., en ce 21 janvier donc, nous remettons en ligne, ce superbe éditorial d'Yves Marie Adeline, Fondateur de l'ALLIANCE ROYALE, président honoraire dudit parti Royaliste, sur ce Grand ROI qui aimait tellement Ses peuples. Ce grand Roi visionaire en avance de 2 siècles sur Son temps, qui à l'heure de sa mort en montant sur l'échaffaud a pratiqué oh combien l' "Imitation de Jésus Christ" en éradiquant toute haine envers ses bourreaux et en leur pardonnant du fond de son coeur pour le salut des générations futures de la France.
220px-LouisXVI.jpgLe testament politique de Louis XVI
" Ne prononcez pas cette péroraison : Je veux les convaincre, non pas les attendrir. "

Et Mr de Sèze, avocat du Roi-Martyr, jeta au panier la conclusion pathétique qu'il souhaitait donner à sa plaidoirie devant les Conventionnels. Oui, le ROI voulait convaincre, pas attendrir.

Mais il a perdu ce combat. On décida sa mort, à une voix de majorité, celle de son cousin le duc d’Orléans, le prédécesseur des actuels princes d’Orléans: Comte de Paris, Duc de Vendôme, etc....
 Et depuis ce temps, dans le meilleur des cas, Louis XVI vous attendrit. Mais il ne vous a pas convaincu. Le régime républicain à gagné cette ultime partie, capitale à ses yeux.

             Une partie capitale, parce que c’est sur ce socle, c’est sur cette tombe qui enferme le testament politique de Louis XVI, que repose sa solidité. Tant que vous ne connaîtrez pas ce testament, tant que vous aurez à l’esprit l’image mensongère que la république vous a donnée de Louis XVI, ce régime sera tranquille.


              C’est pourquoi, lorsque chaque année, le 21 janvier, jour de son supplice, des Français fidèles viennent comme en pèlerinage exprimer leur fidélité, leur piété filiale, c’est bien, c’est beau, c’est juste.

               Et pourtant il y a toujours quelque chose qui me gêne ce jour-là : c’est le regard que la république porte sur ce geste annuel. Non pas, certes, un regard de bienveillance, ni de sympathie ; mais une sorte d'indulgence amusée: " Bah! laissez-les tranquilles, ils ne sont pas bien dangereux... ".

               Et après tout, la République elle-même a rompu depuis longtemps avec sa haine de Louis XVI. Elle ne revendique plus son sang: c'est désormais inutile. Car elle a obtenu, et depuis longtemps, ce qu'elle cherchait à obtenir à tout prix. Et quand je dis: à tout prix, c'est le prix du sang et du mensonge qui, en s'agglomérant, ont constitué le ciment le plus solide de son régime.

          Ce qu'elle voulait obtenir, c'est que tous les Français, royalistes ou non, aient dans leur esprit un portrait identique de Louis XVI: un portrait que la Révolution a dessiné à l'usage de tous.


              Regardez-le bien, ce portrait: un homme bon sans doute, mais faible, irrésolu, qui n'était pas l'homme de la situation. Un homme bien gentil, mais qui incarne à merveille le mythe selon lequel la royauté était exténuée, expirante, surannée, vieillie, dépassée par une histoire nouvelle. Bref, une monarchie inadaptée aux nouveaux temps, et a fortiori à l'avenir.

               Écoutez-moi bien: tant que ce portrait restera imprimé dans toutes les têtes, la République pourra respirer tranquille. A la limite, elle pourrait aujourd'hui accepter toutes les révisons de notre histoire, qu'elle a abondamment falsifiée depuis deux siècles. Toutes les révisions. Mais pas celle-là.

               Oh, combien de fois ai-je lu, dans nos propres rangs, des ouvrages qui répondent inconsciemment à cette attente de la République?

                Alors, vous vous dites fils de Saint Louis? Oui, ça ne la dérange pas.

                Fils de Louis XIV? Mais oui, pourquoi pas?

                Fils de Louis XVI? Ah non! Celui-là, c'est le dernier. Il ne doit pas exister une descendance politique de Louis XVI.

                Chaque année donc, vous entendez le testament spirituel, pourrait-on dire, de Louis XVI. C'est bien. Mais il existe aussi une sorte de testament politique auquel personne, même parmi nous, ne fait attention... pour le plus grand bonheur de la République... Car c'est celui-là, c'est la seule chose que la République redoute par-dessus tout.

                 Et c'est de ce testament-là que je veux vous parler aujourd'hui.

                 Examinons, s'il vous plaît, le portrait mensonger que la République a dessiné pour nous " re "-présenter Louis XVI.

                 D'abord son aspect physique. J'ai été très frappé, en observant un jour une peinture datant de la Restauration, de constater que Louis XVI y était représenté de la même taille que les personnages qui l'entouraient. Cette peinture, pourtant, n'était pas l'œuvre d'un républicain. Mais l'infestation de la propagande républicaine avait déjà atteint son objectif. Alors que le Roi-martyr mesurait plus d'un mètre quatre-vingt-dix, que sa force musculaire était colossale. On raconte même qu'il jouait à tordre un fer à cheval pour amuser son fils, le Dauphin. Je ne sais si cela est vrai, mais ce témoignage exprime au moins l'étonnement de ses contemporains pour sa force naturelle.

          Et que dire du mythe de Louis XVI en gros glouton? Souvenez-vous de ces listes de plats qu'il était censé ingurgiter à chaque repas sans défaillir. C'était oublier opportunément que Versailles était une immense machine administrative où l'on ne faisait pas ses courses au marché comme la ménagère. Alors, à table, on présentait au Roi une carte des plats, et il choisissait.

Imaginez que, dans deux siècles, de prétendus historiens écrivent que nous étions d'infatigables mangeurs, en exhibant comme preuve les cartes des plats disponibles dans nos restaurants! Eh oui, voilà comment la République refait l'histoire.

              Plus récemment, j'ai vu un film qui le mettait en scène parmi d'autres personnages. Le comédien qui jouait le rôle affectait de zozoter, pour inspirer la moquerie au grand public! Jamais, bien sûr, le Roi n'a zozoté, jamais personne n'a jamais dit qu'il avait, comme on dit, un cheveu sur la langue. Mais c'est égal: l'important est de le rendre ridicule.

              Ensuite, il y a le portrait intellectuel. Alors là, on atteint des sommets. Car après tout, le fait de zozoter n'est pas en soi un obstacle au talent! Prenons l'exemple de l'écrivain Émile Zola. Et remarquons d'ailleurs, au passage, que lorsqu'un comédien incarne cet auteur républicain, il ne zozote jamais... C'est amusant, n'est-ce pas? II semble que la vérité soit décidément insupportable à notre temps, jusque dans ses moindres détails.

              Le portrait intellectuel de Louis XVI, tous ceux qui se souviennent de leurs années passées à l'école le connaissent: c'est celui d'un parfait imbécile. Sa seule passion, paraît-il, était de monter et démonter les serrures du Palais de Versailles. Il faudra attendre la fin du XX° siècle, avec les historiens Girault de Coursac, pour s'apercevoir que ceci est une légende, et que les passions intellectuelles du Roi sont plutôt la marine, la géographie, la découverte et l'exploration des terres encore inconnues.

               Ah, la marine! Combien le Roi a-t-il dépensé d'efforts pour cela! Les défaites du règne précédent, qui nous avaient fait perdre les Indes et le Canada, n'avaient jamais été acceptées par le petit-fils du Bien-Aimé. II rêvait d'une revanche, non pas tant par vanité stérile que pour abattre la prépondérance anglaise sur les mers. Voilà qui explique la magnifique marine qu'il donna à la France. Notre longue histoire a toujours montré cette difficulté qu'éprouve la France à fournir simultanément deux efforts majeurs: la puissance terrestre et la puissance maritime. Depuis le Roi-Soleil, ni le Régent ni Louis XV n'étaient parvenus à ce qu'avait réussi Louis XVI. Pourquoi l'a-t-on oublié? Parce que c'est la République qui nous a instruits à l'école.

           Dans le soulèvement américain, Louis XVI vit une première occasion de rééquilibrer le rapport des forces entre les deux nations sur les océans. Certes, il n'était pas envisageable, dans l'état des choses, de reprendre pied au Canada et aux Indes. Le prix qu'il fallut payer pour la seule indépendance américaine montre bien que la lutte pour la maîtrise des eaux eût été longue, et constituait l'un de ces grands desseins qui, lorsqu'ils réussissent, font l'avenir d'un grand pays.

              La guerre fut coûteuse et l'entourage du Roi se découragea souvent. C'est Louis XVI qui s'obstina à aller jusqu'au bout. Aujourd'hui, la République, parlant au nom de la France, se vante volontiers de cette page d'histoire, parce que l'Amérique, non seulement est devenue la première puissance du monde, mais aussi représente la quintessence de l'État idéologique, déguisé sous ses parodies de religion héritées du Protestantisme. II apparaît que les deux républiques, française
et américaine, souhaitent maintenir sous une chape de silence le rôle du Roi de France dans cette affaire. A-t-on jamais traversé une Rue Louis XVI dans une ville des États-Unis? Mais après tout, le mépris dans lequel l'Amérique tient le Roi est bien réciproque, puisque Louis XVI se moquait bien sûr du tiers comme du quart des états d'âme de cette colonie anglaise: l'important, pour lui, était de saisir une bonne occasion d'affaiblir la puissance maritime de notre rivale.

              La guerre fut coûteuse et l'opinion publique ne se passionna guère. De sorte que la Cour elle-même ne donna pas au pays l'exemple du patriotisme. Tandis que Marie-Antoinette refusait d'acheter le fameux Collier au motif qu'il valait mieux offrir un navire de plus à la France, les autres grands ne mesuraient pas l'enjeu que représentait notre aide aux Insurgés.

              De plus, l'effort financier consenti par l'État était mal relayé par un système fiscal totalement inadapté aux dépenses d'une époque moderne. Il fallait donc une réforme, mais les privilégiés traînaient des pieds. Comment, alors, l'imposer? Nous y reviendrons.

              Louis XVI gagna cette guerre, et la marine qu'il avait donnée à la France fut à la hauteur de sa tâche. S'il n'y avait pas eu la Révolution, que se serait-il passé? Il est difficile, bien sûr, de parler ainsi dans le vide. Mais le dessein du Roi ne laisse aucune doute sur ses intentions, et c'est là que ses vraies passions personnelles prennent tout leur sens. Il aurait multiplié les expéditions outre-mer, convaincu que l'avenir était là. Avec lui et après lui, la France aurait entamé plus tôt la constitution d'un empire colonial qui, peut-être, eût été plus important que celui que l'Angleterre put conquérir sans contrainte après l'écrasement de notre pays en 1815. Et qui sait même s'il n'aurait pas réussi à récupérer un jour nos anciennes possessions? Certes, les Français, qui se plaisent tellement dans leur pays de cocagne, n'ont jamais eu l'esprit colonial. Voilà encore une
incompréhension entre notre peuple et le plus savant de ses rois. Et, comme tous les savants, en particulier les savants scientifiques, Louis XVI répugnait aux longues explications.

              Enfin, il y a le portrait politique du Roi. En quelques mots, il se résume à ceci: Louis XVI n'a rien compris à la Révolution, il a vu passer les événements de son regard hébété de gros bêta. En revanche, bien sûr, tout le monde autour de lui et partout ailleurs comprenait ce qui se passait. Sauf lui. Ah, s'il avait écouté ceux qui le conseillaient! Mais c'était un imbécile, vous dis-je. Il n'était pas l'homme de la situation. En définitive, il était la dernière incarnation d'un régime politique dépassé.

              Avouons-le, mes amis, combien d'auteurs qui se voulaient ou se veulent royalistes ont répété ces fadaises républicaines, inconscients d'être infestés eux-mêmes par la propagande du camp qu'ils croyaient combattre? Au mieux, ils se résignaient à passer ce règne par pertes et profits, défendant la monarchie, mais pas celle de Louis XVI. Voilà pourquoi la République n'aura jamais peur de vous, tant que vous lui serez fidèles au moins sur ce point crucial.

              Mais nous, ce soir, essayons d'y voir plus clair. Le mythe veut que Louis XVI n'ai eu aucune pensée politique, aucun regard personnel sur les événements. Est-ce vrai? Et si ce n'est pas vrai, où trouver trace de cette pensée?

              J'ai parlé des passions du Roi, en oubliant d'en citer une: la vénerie. Excellent cavalier, Louis XVI chassait le plus souvent possible: c'est ainsi qu'il dépensait une énergie qu'exigeait sa puissante carrure, pour remédier à l'inaction physique à laquelle le contraignait son travail.

              Et tous ceux qui sont d'une famille de veneurs le savent: un grand chasseur aime à tenir scrupuleusement un journal de chasse, quitte à mentionner que, tel jour, il n'a pas chassé. Les faiseurs d'histoires stipendiés par la République ont saisi dans cette passion la matière d'un subterfuge extraordinaire: ils ont fait passer le carnet de chasse du Roi pour un journal intime!
Quelle aubaine! Ainsi, le jour de son mariage avec Marie-Antoinette, le Roi écrit: " Rien ". Et le 14 juillet, il écrit encore: " Rien ". Je me souviens de mon professeur d'histoire au collège, qui nous amusait avec cela. Quelle rigolade secouait alors notre classe! Quel imbécile que ce dernier des rois! C'est bien la preuve qu'il ne comprenait rien à rien, puisqu'il écrivait: " rien " le soir du 14 juillet!

              Louis XVI n'a jamais tenu de journal intime ; mais alors, comment savoir s'il avait une réflexion personnelle sur la Révolution? Eh bien lisons ses annotations sur les rapports de ses ministres! Et lisons surtout ses lettres! Et l'on découvre avec stupéfaction une pensée propre, si peu ordinaire à cette époque que nous en sommes réduits aujourd'hui à n'admettre plus qu'une seule alternative: soit le Roi ne comprenait rien au moment où les autres comprenaient tout ; soit le Roi a tout compris tandis que les autres ne comprenaient rien.

              Car la vérité est là, aveuglante, impossible à méconnaître pour celui qui a l'occasion de la voir en face. Louis XVI avait bel et bien une vision propre de la Révolution. Pour vous en faire une idée, je la diviserai en deux parties: qu'était-ce donc que cette révolution, et comment y répondre? Et d'abord, s'agissant de la question de savoir ce que signifiait cette révolution, la théorie du Roi s'articulait autour de trois méditations.


              Il a médité l'histoire de son royaume, qui couvrait déjà treize siècles. Il revient sur ce qu'il appelle " l'histoire de ses aïeux ", qui n'est rien d'autre que celle de la France. C'est ainsi que le 18 novembre 1790, soit deux ans avant la proclamation de la République, mais déjà un an après le début des événements, il écrit au duc de Polignac: " Plusje inédite l'histoire de mes aïeux, plus je suis convaincu que nous sommes à la veille de la subversion la plus cruelle dans ses résultats. Il était si facile d'opérer le bien, lorsque moi-même j'allais au-devant de tout ce que le peuple pouvait raisonnablement ambitionner. Je n'ai dit moins rien à me reprocher " .

              Ainsi, dès le début de la Révolution, Louis XVI voit dans ces bouleversements quelque chose d'à la fois énorme et inédit. Il sent tout de suite qu'il a affaire à un événement auquel aucun de ses aïeux n'a jamais eu à faire face.

              Sa deuxième méditation se concentrait sur son rôle de roi, tel que l'entendait la tradition française treize fois séculaire, remontant au baptême de Clovis en 496. Il n'est pas un despote, et puisqu'il est convaincu qu'il n'a pas affaire à une simple fronde ou quelque chose qui y ressemblerait, il sait bien que la force ne saurait rien résoudre. nous reviendrons sur cette
extraordinaire prescience de Louis XVI. Alors, devant ces événements d'une nature particulière et nouvelle, quelle conduite faut-il tenir? son entourage lui parle d'employer la force en toutes circonstances, mais il ne partage pas ce point de vue, car il est persuadé, et le restera toujours, que rien ne peut plus arrêter le cours des choses. C'est dans cet état d'esprit méconnu qu'il se pose de telle sorte que, dans la chaleur des passions exacerbées, plus personne ne comprendra son attitude. Dès le mois de septembre 1789, il écrit à son frère le Comte d'Artois: " Vous parlez de courage, de résistance aux projets des factieux, de volonté. Mon frère, vous n'êtes pas roi! Le Ciel, en me plaçant sur le trône, m'a donné un cœur sensible, les sentiments d'un bon père. Tous les Français sont mes enfants ; je suis le père commun de la grande famille confiée à mes soins. L'ingratitude, la hargne arment contre moi ; mais les yeux sont obscurcis, les esprits sont égarés, la tourmente révolutionnaire a tourné toutes les têtes ".

               Notre cœur se serre en découvrant une telle grandeur d'âme, un sentiment aussi élevé de sa position, de sa mission sur Terre. D'ailleurs, remarquons que depuis Louis XVI, tous les rois détrônés se sont efforcés de suivre son exemple: ne pas répandre le sang du peuple. Même des monarques parvenus, comme le dernier souverain de Perse, par exemple, qui n'était jamais que le fils d'un officier usurpateur, se feront un honneur de se configurer au personnage emblématique du Roi-martyr. Il n'est pas un despote, et la couronne de France, il n'en est que le dépositaire après une longue suite d'aïeux qui en ont eu la garde. C'est pourquoi, pour rien au monde il n'accepterait de l'éclabousser du sang français. Réprimer, oui. Mais la Révolution à laquelle il est confronté est d'un autre ordre qu'une insoumission ordinaire. Et il va d'ailleurs expliquer sa vision des choses
dans d'autres lettres.

              Cela fait l'objet de sa troisième méditation: sur l'empoisonnement général des esprits. Dans une lettre au Prince de Condé datant du 15 août 1791, il assure ne pas douter que l'élite de sa noblesse saurait mettre en pièces les bandes armées des Sans-Culottes. Mais après? Ilécrit: " Ils n'attendaient que la Constitution pour être parfaitement heureux; la retarder était à leurs yeux le plus grand des crimes, parce que tous les bonheurs devaient arriver avec elle: le temps leur apprendra combien ils se sont trompés. Mais leur erreur n'en est pas moins profonde: si l'on entreprenait aujourd'hui de la renverser, ils n'en conserveraient l'idée que comme celle du plus grand moyen de bonheur ; et lorsque les troupes qui l'auraient renversée seraient hors du Royaume, on pourrait avec cette chimère les remuer sans cesse, et le gouvernement se trouverait dans un système opposé à l'esprit public et salis moyens pour les contenir. On ne gouverne jamais une nation contre ses habitudes. Cette maxime est aussi vraie à Constantinople que dans une république: les habitudes actuelles de cette nation sont dans les droits de l'homme, tout insensés qu'ils sont. Une force immense ne pourrait la gouverner longtemps dans une opinion contraire " .

              En lisant et en me répétant ces phrases datant de deux cents ans, j'en reviens toujours éberlué par l'incroyable intelligence de cette analyse. Incroyable, car à l'époque on n'avait pas comme aujourd'hui deux siècles d'expérience des révolutions pour permettre une approche correcte du phénomène révolutionnaire. Comment, par quelle grâce, sinon par une grâce d'état réservée à celui qui a reçu l'Onction de Reims, Louis XVI a-t-il pu toucher aussi juste? Car enfin! Reprenons l'étude de toutes les révolutions et de toutes les subversions qui ont suivi, et l'on retrouve mot à mot l'essentiel de cette analyse. Le Roi semble nous dire: je réprimerai, et après? Tant que le peuple n'aura pas été convaincu que la Constitution est une erreur, faudra-t-il maintenir derrière chacun de mes sujets un homme en armes? Et cet homme en armes, dans quel esprit est-il lui-même?

              A ce stade de sa réflexion, le Roi va même jusqu'à poser au Prince de Condé cette question si pertinente: " D'ailleurs, cette noblesse d'émigration qui prétend me défendre, est-elle toute dans le même esprit? N'a-t-elle pas, elle aussi, ses partis contraires, ses opinions exclusives? ".


              Autrement dit: vous qui prétendez être royalistes, l'êtes-vous vraiment? N'avez-vous pas vous-même succombé à cette tentation générale qui veut que l'on décide soi-même de ce qui convient ou qui ne convient pas au bon gouvernement des affaires publiques?

              Oh, mes amis, prenons pour nous cette apostrophe extraordinairement clairvoyante de Louis XVI. Dressons en effet un bilan de deux siècles de royalisme, de doctrines diverses et l'engagements militants. N'avons-nous jamais procédé nous-mêmes de la même manière que les républicains? N'avons-nous jamais prétendu imposer à nos princes nos propres visions de la monarchie? Relisons nos livres, et sans qu'il soit nécessaire de citer ici certains auteurs, nous y découvrons souvent tout un programme de gouvernement préfabriqué, que le roi à venir serait bien avisé de mettre en pratique sans rechigner, faute de quoi on juge qu'il ne serait pas même bon qu'il monte sur le trône. Combien de fois ai-je lu ce genre de littérature, truffée de chartes, de systèmes préparés à l'avance et figés dans une gloire intellectuelle parfaitement dérisoire? Combien de fois ai-je lu ou entendu des discours tels qu'en définitive, on se demande qui devrait être le roi dans ce genre de monarchie: l'auteur des propos en question, ou le prince légitime. Mes amis, est-ce que j'invente en rappelant cela, ou suis-je dans le vrai?

              Mais alors, quand on pense et agit de cette manière, de qui se moque-t-on, sinon du Roi lui-même? Ne sommes-nous pas à notre tour, fût-ce à notre corps défendant, des constitutionnels, dispersant ainsi gravement cet héritage de la monarchie française que Louis XVI a voulu sauver à n'importe quel prix, et entre autres au prix de sa vie?

              A ceux qui lui reprochaient son attitude face à la Révolution, le Roi n'a jamais manqué de s'expliquer clairement. C'est d'ailleurs pour cela que vous ne le savez pas. Mais rien ne nous empêche, nous, d'essayer d'en savoir plus. Que disait-il? Reprenons la lettre au Prince de Condé que je citais tout à l’heure. Louis XVI y prévoyait que l'idéologie constitutionnelle ne pouvait être combattue efficacement, ou vaincue durablement, par le seul emploi des armes. Napoléon ne dira-t-il pas plus tard que l'esprit sera toujours vainqueur de l'épée? En outre, le Roi se rendait bien compte que ses défenseurs eux-mêmes étaient empoisonnés par la nouvelle idéologie. C'est en prenant acte de cette réalité incontournable qu'il écrivait: " J'ai vu que la guerre ne présentait d'autres avantages que des horreurs, et toujours de la discorde. J'ai donc cru qu'il fallait
éloigner cette idée, et j'ai cru devoir essayer encore des seuls moyens qui me restaient: la réunion de ma volonté aux principes de la Constitution
" .

              " Les seuls moyens qui me restaient "... Oui, le Roi savait qu'il n'en avait pas d'autres, et qu'en tout état de cause, il refuserait toujours d'être mêlé au bain de sang général qu'il redoutait. Et son attitude était d'autant plus méritoire que, avec sa clairvoyance habituelle, il savait à l'avance que la seule voie qui lui était ouverte était elle-même sans issue. Car il ajoutait: "Je sens toutes les difficultés de gouverner ainsi une grande nation, je dirais même que j'en sens 1'impossibilité ; mais l'obstacle que j'y aurais mis aurait porté la guerre que je voulais éviter, et aurait empêché le peuple de bien juger cette Constitution, parce qu'il n'aurait vit que mon opposition constante ". Toujours cette préoccupation majeure: son peuple est malade de ses idéologies, le salut n'est envisageable que lorsqu'il aura compris son erreur. Et Louis XVI concluait: " En adoptant ses idées, en les suivant de bonne foi, il connaîtra la cause de ses malheurs ; l'esprit public changera, et puisque sans ce changement on ne pouvait espérer que des convulsions nouvelles, je marcherai mieux vers lin meilleur ordre des choses par mon acceptation que par mon refus " .


              Voilà quel était le programme politique de Louis XVI, et jamais il n'admettra s'être trompé sur ce point. La thèse officiellement enseignée depuis eux siècles prétend qu'il avait tord. Mais nous qui avons désormais l'expérience des révolutions, nous qui en connaissons le processus et la nature intime, posons-nous à nouveau cette question: qui avait raison?

              A ses contemporains qui stigmatisaient sa prétendue faiblesse, parce qu'ils analysaient la Révolution avec moins de pertinence que leur maître, Louis XVI disait: " J'avoue que ces reproches m'affectent moins que les malheurs du peuple, et mon cœur se soulève en pensant aux horreurs dont je serais la cause " . Ce qui signifie que le Roi-martyr était convaincu que, sous les coups révolutionnaires, son sacre avait perdu sa force politique, mais qu'il le revêtait encore d'une seule et dernière qualité: celle d'être le père du peuple, le père de toute la famille française. Que ceux qui n'ont jamais éprouvé aucun sentiment paternel continuent à penser comme la République veut qu'ils pensent. Les autres me comprendront.

              Méditons encore cette phrase: " J'ai donc préféré la paix à la guerre, parce qu'elle m'a paru à la fois plans vertueuse et plus utile: je fines suis réuni ail peuple, parce que c'était le seul moyen de le ramener ; et entre deux systèmes, j'ai préféré celui qui ne m'accusait ni devant mon peuple, ni devant ma conscience " .

              Encore et toujours ce dernier souci du Roi, qui est de rester fidèle au dernier devoir qu'il peut remplir, un devoir moral. " Du moins, je n'ai rien à me reprocher " , écrivait-il. Oh non, Sire, vous n'avez rien à vous reprocher. Dans cette épouvantable tragédie qui a fini par vous emporter, vous avez été d'une probité et d'un courage sans exemple ; vous avez été le modèle de tous les rois, selon ce plan mystérieux de la Providence qui dispose que, depuis le Baptême de Clovis, la monarchie française soit regardée comme le modèle de toutes les monarchies. Un jour viendra où le monde vous rendra l'hommage qui vous est dû, pour avoir été un grand roi méconnu, dont la lumière commence à peine à poindre devant les yeux de notre génération. Un jour viendra aussi, où l'Église d'ici-bas reconnaîtra vos vertus exemplaires, et vous élèvera sur nos autels. Car enfin, qui peut le nier? vous étiez également un saint...

              Nous parlons d'un testament politique de Louis XVI. Il me reste à vous en dévoiler le sommet.

             
Nous avons vu comment le Roi a profondément médité sur les événements auxquels il a dû faire face. C'est alors qu'il lance une bouteille à la mer, pour l'avenir, pour préserver l'avenir, pour empêcher que les vrais principes de la monarchie française ne soient emportés, eux aussi, par la tourmente révolutionnaire, par ces deux siècles de régime constitutionnel ou républicain. En fait, dès le commencement de la Révolution, le 12 octobre 1789, il a fait quelque chose 'extraordinaire, qu'il faut absolument que vous sachiez, et que la République ne veut à aucun prix que vous sachiez.

              II écrit au roi d'Espagne, Charles IV, une lettre qui revêt pour nous la plus haute importance. Car en vérité, ce n'est pas au roi d'Espagne qu'il s'adresse, mais au chef de la branche cadette de sa maison. On sait en effet que depuis la victoire de Louis XIV dans la guerre de succession d'Espagne, des princes français de la famille royale règnent désormais sur le trône de Charles-Quint. Voici donc ce qu'écrit Louis XVI:
" Je dois à tries enfants, je dois à tria famille et à toute ma maison de ne pouvoir laisser avilir entre tries mains la dignité royale qu'une longue suite de siècles a confirmée dans tria dynastie... J'ai choisi votre majesté comme chef de la seconde branche pour déposer entre vos mains la protestation solennelle que j'élève contre toits les actes contraires à l'autorité royale qui m'ont été arrachés par la force depuis le 15 juillet de cette année ".

              Est-ce que vous mesurez bien l'importance de ce document? Dès les premiers mois de la Révolution, et bien qu'il ait choisi de se laisser entraîner par le courant constitutionnel plutôt que de verser le sang de son peuple, le Roi-martyr délie à l'avance les princes de son sang de tous les engagements compromettants qu'il a dû faire et qu'il devra faire encore. Autrement dit, quand on lit cela et qu'on le met en face de ce que nous lisions tout à l’heure, on comprend qu'il ait voulu dire: la voie que j'ai suivie n'engage que moi, elle ne saurait obliger mes successeurs, elle ne traduit qu'un pis-aller, certainement pas une fidélité aux principes immémoriaux de notre monarchie. La constitution, ce n'est pas la monarchie française, et le Roi tient à transmettre ce message à ses cadets, pour le cas où la coutume successorale, un jour, viendrait à les saisir.

              Et puis il s'est produit ce qui se produit dans l'histoire naturelle de toutes les familles: la branche aînée s'est éteinte avec le Comte de Chambord et le principe se déposa sur cette branche cadette devenue l'aînée. Or voilà, mes amis, voilà l'héritage politique qui repose désormais entre les mains du chef actuel de la famille royale. Ce n'est pas l'héritage de Charles X, ni de Louis XVIII, ce n'est pas le produit bâtard issu d'un accouplement adultère entre la royauté et la constitution, non! c'est la royauté instituée, c'est le sacre de Reims, c'est la monarchie que Jeanne d'Arc avait sauvée ; Jeanne qui rappelait que le Christ est le premier roi de France, et le roi terrestre son second.

              Ces principes fondateurs, le Comte de Chambord nous les transmettra à son tour, quand il refusera de monter sur un trône de pacotille, quand il refusera de jouer la comédie d'une monarchie de carnaval, otage de l'esprit révolutionnaire, constitutionnel, républicain. C'est pourquoi il disait: " Ma personne n'est rien, c'est mon principe qui est tout ". Oh, comme nous lui sommes redevables, à lui aussi, d'avoir gardé intact le trésor des rois légitimes! J'ai souvent dit que ce fut sa manière à lui de régner, en conservant le dépôt sacré, en transmettant ce qu'il avait reçu: telle fut la mission sur terre d'Henri V.

              Mais ce qu'il avait reçu venait-il directement de son aïeul Charles X? Non, certes non. Oh, bien sûr, Charles X, celui-là même qui, lorsqu'il n'était que le Comte d'Artois, reprochait tant à son frère aîné de ne pas combattre la Révolution par les armes, Charles X n'était certes pas un partisan du régime constitutionnel. Mais il fallait bien faire avec, puisque la formule lui était imposée. Toutefois, et peut-être justement parce qu'il avait trop bien vu ce qui découlait de cet accouplement, aggravé encore par l'expérience de l'usurpation orléaniste, Henri V avait puisé plus haut les principes de son refus du drapeau révolutionnaire, et de tout ce qui en découlait politiquement. Ces principes-là, qu'il fallait garder intacts, c'est Louis XVI qui fut le dernier à les incarner. Et il est attachant de voir comment, passant d'un prince incompris à un autre prince également incompris, l'héritage de Clovis et de Clotilde, de Saint Rémi, de Saint Louis et de Sainte Jeanne, cet héritage brille encore, qui dans la nuit de nos constitutions nous montre le chemin du salut.


             
  Voilà donc, le testament de Louis XVI, auquel il est de notre devoir, une fois que nous avons pu en prendre connaissance, de lui être fidèle. Car il ne suffit pas que vous vous disiez fils de Saint Louis ou de Louis XIV. La Providence vous a donné un dernier roi différent des autres, et dont le sort abominable fut aussi différent des autres: c'est de lui que vous tenez votre héritage. Et si la République vous a menti sur lui, si elle vous empêché de le connaître, c'était précisément pour que
vous méprisiez votre héritage, et par là même, que vous méprisiez sans le vouloir tous les autres qui précédaient. Car une race qui finissait sous la figure méprisable ou dérisoire de Louis XVI ne pouvait pas être une bonne race.

              Voilà notre héritage et certes, à notre époque des nouveaux rois fainéants, il n'est pas facile de défendre et illustrer devant le monde ce principe que l'idéologie moderne a si totalement vaincu. Pendant longtemps, d'ailleurs, nos théories royalistes n'eussent pas même songé à revendiquer autre chose qu'une restauration sur le modèle de Louis XVIII. Pendant longtemps, le testament de Louis XVI fut non seulement un testament inconnu, mais un testament impossible: lui seul avait su
mesurer les conséquences de l'intrusion de l'esprit constitutionnel dans l'édifice monarchique ; lui seul  avait compris qu'en définitive, une monarchie constitutionnelle n'était plus la monarchie française de Reims, modèle des monarchies chrétiennes. Mais puisque cet esprit délétère avait empoisonné jusqu'à son entourage, jusqu'à ceux qui se croyaient sincèrement contre-révolutionnaires, que pouvait-il faire? Quand il décida toutefois d'accompagner le mouvement constitutionnel, pour les raisons pacifiques que l'on sait, il réussit à tenir trois ans avant de sombrer. Son frère le Comte d'Artois, le futur Charles X qui conseillait d'être inébranlable, tiendra trois jours en 1830. Il n'est pas inutile de remettre quelquefois les choses en perspective pour mesurer la vraie taille des uns et des autres.

              Longtemps, l'héritage de Louis XVI fut impossible: soit que nous étions nous-mêmes infectés par l'esprit constitutionnel, soit que nous ne disposions pas de l'outil doctrinal nécessaire pour formaliser intellectuellement la différence essentielle entre l'institution et la constitution. S'il n'est qu'une chose que j'aurais faite parmi mes compagnons du combat royaliste, c'est d'avoir théorisé cette différence, mais je n'ai rien inventé en faisant cela: je n'ai fait qu'expliquer un principe profondément original et fondateur de la monarchie française, ce principe même que Louis XVI a sauvé, et transmis à sa famille. Ce même principe qu'Henri V a sauvé une seconde fois en refusant de régner plus bas encore que Louis XVIII,au niveau d'un Louis-Philippe.

             Toutefois, les triomphes théoriques sont une chose, l'engagement politique dans la réalité de tous les jours est encore autre chose. Je n'oublie pas que l'état d'esprit qui doit être le nôtre est difficile à maintenir, comme un cap que le marin doit garder dans la tempête. Notre engagement est exigeant, parfois douloureux. Et je sais que certains parmi nous seront tentés d'abandonner leur cause: j'en ai connu, par exemple pour qui les lambris dorés des palais républicains valaient bien un reniement.

              C'est pour cela, c'est contre l'esprit du monde qu'il nous est demandé plus que jamais d'être nobles. Non pas d'avoir le panache du désespoir: réservez les baroud d'honneur à ceux qui sont vaincus. Nous, au contraire, il nous est demandé de se battre intelligemment, prudemment, mais de toujours se battre: car tant qu'un homme se bat, il n'est pas vaincu.


              Il nous est demandé d'être noble: je n'ai pas dit " aristocrate " , qui n'est pas la même chose, et qui renvoie au classement social anglais, ou bien traduit la perte progressive du sens de la noblesse en France dans les siècles les plus modernes de la monarchie, où l'on pouvait acheter des charges anoblissantes. Non! Et je ne circonscris pas non plus cette exigence d'aujourd'hui à un ordre ancien subsistant. L'homme noble dont je parle est aujourd'hui celui .que chacun reconnaît spontanément comme tel, et qui combat en gardant toujours dans son cœur les trois vertus théologales: foi, espérance, et charité. Car l'ennemi d'aujourd'hui peut devenir le frère de demain.

              Et si votre pire ennemi: le désespoir vous prend, si le spectacle du monde qui vous entoure vous appelle à baisser les bras, songez précisément à ce monde hostile, et demandez-vous s'il existe une autre raison de vivre que de combattre encore et toujours. Encore une fois, je ne parle pas d'un combat désespéré, contre des moulins à vent, d'un combat dérisoire de Don Quichotte. Non, je parle d'un combat mené pour vaincre.

              Vaincre, oui! Oh, tant de choses et tant d'hommes vous persuaderont que votre combat est sans issue. Et pourtant... C'est vrai, nous œuvrons dans le noir, encore que ce soit moins vrai aujourd'hui qu'hier. Mais n'oubliez jamais ce mot éternel de Charette: à l'officier républicain qui l'arrêtait, et qui criait du fond de son cœur: " Ah, Monsieur, que d'héroïsme perdu! " , le Chevalier vendéen répondit: " Monsieur, rien ne se perd. Jamais ".

              Il disait aussi: " Nous sommes la jeunesse dit monde " . Et c'était vrai! vous êtes la jeunesse du monde, précisément parce que vous êtes des héritiers: la semence est en vous!

              Alors, venez, fils de Louis XVI, venez chercher votre héritage, l'héritage de Reims, de Clovis et de Clotilde, auquel un régime hideux voudrait vous voir renoncer! Venez, jeunesse du monde, allons chercher notre héritage, et que l'âme limpide de Louis XVI éclaire nos pas.
Yves-Marie Adeline
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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 20:15

En exclusivité, Nouvelles de France publie les bonnes feuilles du nouveau livre d’Yves-Marie Adeline, La droite impossible (éditions de Chiré). À lire de toute urgence alors que la gauche détient presque tous les pouvoirs politiques et métapolitiques, ne serait-ce que pour envisager et travailler à leur reconquête.

Lire l'éditorial d'Yves Marie Adeline Fondateur et ancien président de l'Alliance Royale, sur le site Nouvelles de France

Le livre est à se procurer aux éditions Chiré pour 14 EUROS.

Les autres livres de Yves Marie Adeline peuvent aussi être achetés aux mêmes éditions; tout royaliste du 21è siècle se doit de les lire; car ils sont d'une parfaite compréhension et abordent tous les arguments qui font que le retour à la Royauté en notre 21è siècle est de pur bon sens.

Les bonnes feuilles de « La droite impossible » d'Yves-Marie Adeline
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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 19:49

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" Ne prononcez pas cette péroraison : Je veux les convaincre, non pas les attendrir. "

Et Mr de Sèze, avocat du Roi-martyr, jeta au panier la conclusion pathétique qu’il souhaitait donner à sa plaidoirie devant les Conventionnels. Oui, le roi voulait convaincre, pas attendrir.

Mais il a perdu ce combat. On décida sa mort, à une voix de majorité, celle de son cousin le duc d’Orléans, le prédécesseur des actuels princes d’Orléans : comte de Paris, duc de Vendôme, etc…


Et depuis ce temps, dans le meilleur des cas, Louis XVI vous attendrit. Mais il ne vous a pas convaincu. Le régime républicain à gagné cette ultime partie, capitale à ses yeux.  

Une partie capitale, parce que c’est sur ce socle, c’est sur cette tombe qui enferme le testament politique de Louis XVI, que repose sa solidité. Tant que vous ne connaîtrez pas ce testament, tant que vous aurez à l’esprit l’image mensongère que la république vous a donnée de Louis XVI, ce régime sera tranquille.

(Note de la rédaction du blogue: cet éditorial d'Yves Marie Adeline a été écrit en 2002 et figurait sur le premier site internet de l'Alliance Royale au moment où elle présenta ses candidats aux élections européennes de 2004; Le film "Louis XVI, le roi qui ne voulait pas être roi" passé sur FR2 le 29 novembre dernier, rétablit une partie de la Vérité sur ce grand Roi qui aima tant la France et ses Peuples; le texte suivant d'Yves Marie Adeline rétablit le reste de la Vérité qui manque encore au film. Les Français doivent enfin réaliser que tous nos rois jusqu'au dernier ont toujours voulu oeuvrer pour le bien commun et l'unité harmonieuse des peuples sous leurs juridictions et l'ont fait mieux que les 5 républiques)

C’est pourquoi, lorsque chaque année, le 21 janvier, jour de son supplice, des Français fidèles viennent comme en pèlerinage exprimer leur fidélité, leur piété filiale, c’est bien, c’est beau, c’est juste.

Et pourtant il y a toujours quelque chose qui me gêne ce jour-là : c’est le regard que la république porte sur ce geste annuel. Non pas, certes, un regard de bienveillance, ni de sympathie ; mais une sorte d'indulgence amusée: " Bah! laissez-les tranquilles, ils ne sont pas bien dangereux... ".

Et après tout, la République elle-même a rompu depuis longtemps avec sa haine de Louis XVI. Elle ne revendique plus son sang: c'est désormais inutile. Car elle a obtenu, et depuis longtemps, ce qu'elle cherchait à obtenir à tout prix. Et quand je dis: à tout prix, c'est le prix du sang et du mensonge qui, en s'agglomérant, ont constitué le ciment le plus solide de son régime.

Ce qu'elle voulait obtenir, c'est que tous les Français, royalistes ou non, aient dans leur esprit un portrait identique de Louis XVI: un portrait que la Révolution a dessiné à l'usage de tous.

Regardez-le bien, ce portrait: un homme bon sans doute, mais faible, irrésolu, qui n'était pas l'homme de la situation. Un homme bien gentil, mais qui incarne à merveille le mythe selon lequel la royauté était exténuée, expirante, surannée, vieillie, dépassée par une histoire nouvelle. Bref, une monarchie inadaptée aux nouveaux temps, et a fortiori à l'avenir.

Écoutez-moi bien: tant que ce portrait restera imprimé dans toutes les têtes, la République pourra respirer tranquille. A la limite, elle pourrait aujourd'hui accepter toutes les révisons de notre histoire, qu'elle a abondamment falsifiée depuis deux siècles. Toutes les révisions. Mais pas celle-là.

Oh, combien de fois ai-je lu, dans nos propres rangs, des ouvrages qui répondent inconsciemment à cette attente de la République?

Alors, vous vous dites fils de Saint Louis? Oui, ça ne la dérange pas.

Fils de Louis XIV? Mais oui, pourquoi pas?

Fils de Louis XVI? Ah non! Celui-là, c'est le dernier. Il ne doit pas exister une descendance politique de Louis XVI.

Chaque année donc, vous entendez le testament spirituel, pourrait-on dire, de Louis XVI. C'est bien. Mais il existe aussi une sorte de testament politique auquel personne, même parmi nous, ne fait attention... pour le plus grand bonheur de la République... Car c'est celui-là, c'est la seule chose que la République redoute par-dessus tout.

Et c'est de ce testament-là que je veux vous parler aujourd'hui.

Examinons, s'il vous plaît, le portrait mensonger que la République a dessiné pour nous " re "-présenter Louis XVI.

D'abord son aspect physique. J'ai été très frappé, en observant un jour une peinture datant de la Restauration, de constater que Louis XVI y était représenté de la même taille que les personnages qui l'entouraient. Cette peinture, pourtant, n'était pas l'œuvre d'un républicain. Mais l'infestation de la propagande républicaine avait déjà atteint son objectif. Alors que le Roi-martyr mesurait plus d'un mètre quatre-vingt-dix, que sa force musculaire était colossale. On raconte même qu'il jouait à tordre un fer à cheval pour amuser son fils, le Dauphin. Je ne sais si cela est vrai, mais ce témoignage exprime au moins l'étonnement de ses contemporains pour sa force naturelle.

Et que dire du mythe de Louis XVI en gros glouton? Souvenez-vous de ces listes de plats qu'il était censé ingurgiter à chaque repas sans défaillir. C'était oublier opportunément que Versailles était une immense machine administrative où l'on ne faisait pas ses courses au marché comme la ménagère. Alors, à table, on présentait au Roi une carte des plats, et il choisissait.
Imaginez que, dans deux siècles, de prétendus historiens écrivent que nous étions d'infatigables mangeurs, en exhibant comme preuve les cartes des plats disponibles dans nos restaurants! Eh oui, voilà comment la République refait l'histoire.

Plus récemment, j'ai vu un film qui le mettait en scène parmi d'autres personnages. Le comédien qui jouait le rôle affectait de zozoter, pour inspirer la moquerie au grand public! Jamais, bien sûr, le Roi n'a zozoté, jamais personne n'a jamais dit qu'il avait, comme on dit, un cheveu sur la langue. Mais c'est égal: l'important est de le rendre ridicule.

Ensuite, il y a le portrait intellectuel. Alors là, on atteint des sommets. Car après tout, le fait de zozoter n'est pas en soi un obstacle au talent! Prenons l'exemple de l'écrivain Émile Zola. Et remarquons d'ailleurs, au passage, que lorsqu'un comédien incarne cet auteur républicain, il ne zozote jamais... C'est amusant, n'est-ce pas? II semble que la vérité soit décidément insupportable à notre temps, jusque dans ses moindres détails.

Le portrait intellectuel de Louis XVI, tous ceux qui se souviennent de leurs années passées à l'école le connaissent: c'est celui d'un parfait imbécile. Sa seule passion, paraît-il, était de monter et démonter les serrures du Palais de Versailles. Il faudra attendre la fin du XX° siècle, avec les historiens Girault de Coursac, pour s'apercevoir que ceci est une légende, et que les passions intellectuelles du Roi sont plutôt la marine, la géographie, la découverte et l'exploration des terres encore inconnues.

Ah, la marine! Combien le Roi a-t-il dépensé d'efforts pour cela! Les défaites du règne précédent, qui nous avaient fait perdre les Indes et le Canada, n'avaient jamais été acceptées par le petit-fils du Bien-Aimé. II rêvait d'une revanche, non pas tant par vanité stérile que pour abattre la prépondérance anglaise sur les mers. Voilà qui explique la magnifique marine qu'il donna à la France. Notre longue histoire a toujours montré cette difficulté qu'éprouve la France à fournir simultanément deux efforts majeurs: la puissance terrestre et la puissance maritime. Depuis le Roi-Soleil, ni le Régent ni Louis XV n'étaient parvenus à ce qu'avait réussi Louis XVI. Pourquoi l'a-t-on oublié? Parce que c'est la République qui nous a instruits à l'école.

Dans le soulèvement américain, Louis XVI vit une première occasion de rééquilibrer le rapport des forces entre les deux nations sur les océans. Certes, il n'était pas envisageable, dans l'état des choses, de reprendre pied au Canada et aux Indes. Le prix qu'il fallut payer pour la seule indépendance américaine montre bien que la lutte pour la maîtrise des eaux eût été longue, et constituait l'un de ces grands desseins qui, lorsqu'ils réussissent, font l'avenir d'un grand pays.

La guerre fut coûteuse et l'entourage du Roi se découragea souvent. C'est Louis XVI qui s'obstina à aller jusqu'au bout. Aujourd'hui, la République, parlant au nom de la France, se vante volontiers de cette page d'histoire, parce que l'Amérique, non seulement est devenue la première puissance du monde, mais aussi représente la quintessence de l'État idéologique, déguisé sous ses parodies de religion héritées du Protestantisme. II apparaît que les deux républiques, française
et américaine, souhaitent maintenir sous une chape de silence le rôle du Roi de France dans cette affaire. A-t-on jamais traversé une Rue Louis XVI dans une ville des États-Unis? Mais après tout, le mépris dans lequel l'Amérique tient le Roi est bien réciproque, puisque Louis XVI se moquait bien sûr du tiers comme du quart des états d'âme de cette colonie anglaise: l'important, pour lui, était de saisir une bonne occasion d'affaiblir la puissance maritime de notre rivale.

La guerre fut coûteuse et l'opinion publique ne se passionna guère. De sorte que la Cour elle-même ne donna pas au pays l'exemple du patriotisme. Tandis que Marie-Antoinette refusait d'acheter le fameux Collier au motif qu'il valait mieux offrir un navire de plus à la France, les autres grands ne mesuraient pas l'enjeu que représentait notre aide aux Insurgés.

De plus, l'effort financier consenti par l'État était mal relayé par un système fiscal totalement inadapté aux dépenses d'une époque moderne. Il fallait donc une réforme, mais les privilégiés traînaient des pieds. Comment, alors, l'imposer? Nous y reviendrons.

Louis XVI gagna cette guerre, et la marine qu'il avait donnée à la France fut à la hauteur de sa tâche. S'il n'y avait pas eu la Révolution, que se serait-il passé? Il est difficile, bien sûr, de parler ainsi dans le vide. Mais le dessein du Roi ne laisse aucune doute sur ses intentions, et c'est là que ses vraies passions personnelles prennent tout leur sens. Il aurait multiplié les expéditions outre-mer, convaincu que l'avenir était là. Avec lui et après lui, la France aurait entamé plus tôt la constitution d'un empire colonial qui, peut-être, eût été plus important que celui que l'Angleterre put conquérir sans contrainte après l'écrasement de notre pays en 1815. Et qui sait même s'il n'aurait pas réussi à récupérer un jour nos anciennes possessions? Certes, les Français, qui se plaisent tellement dans leur pays de cocagne, n'ont jamais eu l'esprit colonial. Voilà encore une
incompréhension entre notre peuple et le plus savant de ses rois. Et, comme tous les savants, en particulier les savants scientifiques, Louis XVI répugnait aux longues explications.

Enfin, il y a le portrait politique du Roi. En quelques mots, il se résume à ceci: Louis XVI n'a rien compris à la Révolution, il a vu passer les événements de son regard hébété de gros bêta. En revanche, bien sûr, tout le monde autour de lui et partout ailleurs comprenait ce qui se passait. Sauf lui. Ah, s'il avait écouté ceux qui le conseillaient! Mais c'était un imbécile, vous dis-je. Il n'était pas l'homme de la situation. En définitive, il était la dernière incarnation d'un régime politique dépassé.

Avouons-le, mes amis, combien d'auteurs qui se voulaient ou se veulent royalistes ont répété ces fadaises républicaines, inconscients d'être infestés eux-mêmes par la propagande du camp qu'ils croyaient combattre? Au mieux, ils se résignaient à passer ce règne par pertes et profits, défendant la monarchie, mais pas celle de Louis XVI. Voilà pourquoi la République n'aura jamais peur de vous, tant que vous lui serez fidèles au moins sur ce point crucial.

Mais nous, ce soir, essayons d'y voir plus clair. Le mythe veut que Louis XVI n'ai eu aucune pensée politique, aucun regard personnel sur les événements. Est-ce vrai? Et si ce n'est pas vrai, où trouver trace de cette pensée?

J'ai parlé des passions du Roi, en oubliant d'en citer une: la vénerie. Excellent cavalier, Louis XVI chassait le plus souvent possible: c'est ainsi qu'il dépensait une énergie qu'exigeait sa puissante carrure, pour remédier à l'inaction physique à laquelle le contraignait son travail.

Et tous ceux qui sont d'une famille de veneurs le savent: un grand chasseur aime à tenir scrupuleusement un journal de chasse, quitte à mentionner que, tel jour, il n'a pas chassé. Les faiseurs d'histoires stipendiés par la République ont saisi dans cette passion la matière d'un subterfuge extraordinaire: ils ont fait passer le carnet de chasse du Roi pour un journal intime!
Quelle aubaine! Ainsi, le jour de son mariage avec Marie-Antoinette, le Roi écrit: " Rien ". Et le 14 juillet, il écrit encore: " Rien ". Je me souviens de mon professeur d'histoire au collège, qui nous amusait avec cela. Quelle rigolade secouait alors notre classe! Quel imbécile que ce dernier des rois! C'est bien la preuve qu'il ne comprenait rien à rien, puisqu'il écrivait: " rien " le soir du 14 juillet!

Louis XVI n'a jamais tenu de journal intime ; mais alors, comment savoir s'il avait une réflexion personnelle sur la Révolution? Eh bien lisons ses annotations sur les rapports de ses ministres! Et lisons surtout ses lettres! Et l'on découvre avec stupéfaction une pensée propre, si peu ordinaire à cette époque que nous en sommes réduits aujourd'hui à n'admettre plus qu'une seule alternative: soit le Roi ne comprenait rien au moment où les autres comprenaient tout ; soit le Roi a tout compris tandis que les autres ne comprenaient rien.

Car la vérité est là, aveuglante, impossible à méconnaître pour celui qui a l'occasion de la voir en face. Louis XVI avait bel et bien une vision propre de la Révolution. Pour vous en faire une idée, je la diviserai en deux parties: qu'était-ce donc que cette révolution, et comment y répondre? Et d'abord, s'agissant de la question de savoir ce que signifiait cette révolution, la théorie du Roi s'articulait autour de trois méditations.

Il a médité l'histoire de son royaume, qui couvrait déjà treize siècles. Il revient sur ce qu'il appelle " l'histoire de ses aïeux ", qui n'est rien d'autre que celle de la France. C'est ainsi que le 18 novembre 1790, soit deux ans avant la proclamation de la République, mais déjà un an après le début des événements, il écrit au duc de Polignac: " Plusje inédite l'histoire de mes aïeux, plus je suis convaincu que nous sommes à la veille de la subversion la plus cruelle dans ses résultats. Il était si facile d'opérer le bien, lorsque moi-même j'allais au-devant de tout ce que le peuple pouvait raisonnablement ambitionner. Je n'ai dit moins rien à me reprocher " .

Ainsi, dès le début de la Révolution, Louis XVI voit dans ces bouleversements quelque chose d'à la fois énorme et inédit. Il sent tout de suite qu'il a affaire à un événement auquel aucun de ses aïeux n'a jamais eu à faire face.

Sa deuxième méditation se concentrait sur son rôle de roi, tel que l'entendait la tradition française treize fois séculaire, remontant au baptême de Clovis en 496. Il n'est pas un despote, et puisqu'il est convaincu qu'il n'a pas affaire à une simple fronde ou quelque chose qui y ressemblerait, il sait bien que la force ne saurait rien résoudre. nous reviendrons sur cette
extraordinaire prescience de Louis XVI. Alors, devant ces événements d'une nature particulière et nouvelle, quelle conduite faut-il tenir? son entourage lui parle d'employer la force en toutes circonstances, mais il ne partage pas ce point de vue, car il est persuadé, et le restera toujours, que rien ne peut plus arrêter le cours des choses. C'est dans cet état d'esprit méconnu qu'il se pose de telle sorte que, dans la chaleur des passions exacerbées, plus personne ne comprendra son attitude. Dès le mois de septembre 1789, il écrit à son frère le Comte d'Artois: "
Vous parlez de courage, de résistance aux projets des factieux, de volonté. Mon frère, vous n'êtes pas roi! Le Ciel, en me plaçant sur le trône, m'a donné un cœur sensible, les sentiments d'un bon père. Tous les Français sont mes enfants ; je suis le père commun de la grande famille confiée à mes soins. L'ingratitude, la hargne arment contre moi ; mais les yeux sont obscurcis, les esprits sont égarés, la tourmente révolutionnaire a tourné toutes les têtes ".

Notre cœur se serre en découvrant une telle grandeur d'âme, un sentiment aussi élevé de sa position, de sa mission sur Terre. D'ailleurs, remarquons que depuis Louis XVI, tous les rois détrônés se sont efforcés de suivre son exemple: ne pas répandre le sang du peuple. Même des monarques parvenus, comme le dernier souverain de Perse, par exemple, qui n'était jamais que le fils d'un officier usurpateur, se feront un honneur de se configurer au personnage emblématique du Roi-martyr. Il n'est pas un despote, et la couronne de France, il n'en est que le dépositaire après une longue suite d'aïeux qui en ont eu la garde. C'est pourquoi, pour rien au monde il n'accepterait de l'éclabousser du sang français. Réprimer, oui. Mais la Révolution à laquelle il est confronté est d'un autre ordre qu'une insoumission ordinaire. Et il va d'ailleurs expliquer sa vision des choses
dans d'autres lettres.

Cela fait l'objet de sa troisième méditation: sur l'empoisonnement général des esprits. Dans une lettre au Prince de Condé datant du 15 août 1791, il assure ne pas douter que l'élite de sa noblesse saurait mettre en pièces les bandes armées des Sans-Culottes. Mais après? Ilécrit: " Ils n'attendaient que la Constitution pour être parfaitement heureux; la retarder était à leurs yeux le plus grand des crimes, parce que tous les bonheurs devaient arriver avec elle: le temps leur apprendra combien ils se sont trompés. Mais leur erreur n'en est pas moins profonde: si l'on entreprenait aujourd'hui de la renverser, ils n'en conserveraient l'idée que comme celle du plus grand moyen de bonheur ; et lorsque les troupes qui l'auraient renversée seraient hors du Royaume, on pourrait avec cette chimère les remuer sans cesse, et le gouvernement se trouverait dans un système opposé à l'esprit public et salis moyens pour les contenir. On ne gouverne jamais une nation contre ses habitudes. Cette maxime est aussi vraie à Constantinople que dans une république: les habitudes actuelles de cette nation sont dans les droits de l'homme, tout insensés qu'ils sont. Une force immense ne pourrait la gouverner longtemps dans une opinion contraire " .

En lisant et en me répétant ces phrases datant de deux cents ans, j'en reviens toujours éberlué par l'incroyable intelligence de cette analyse. Incroyable, car à l'époque on n'avait pas comme aujourd'hui deux siècles d'expérience des révolutions pour permettre une approche correcte du phénomène révolutionnaire. Comment, par quelle grâce, sinon par une grâce d'état réservée à celui qui a reçu l'Onction de Reims, Louis XVI a-t-il pu toucher aussi juste? Car enfin! Reprenons l'étude de toutes les révolutions et de toutes les subversions qui ont suivi, et l'on retrouve mot à mot l'essentiel de cette analyse. Le Roi semble nous dire: je réprimerai, et après? Tant que le peuple n'aura pas été convaincu que la Constitution est une erreur, faudra-t-il maintenir derrière chacun de mes sujets un homme en armes? Et cet homme en armes, dans quel esprit est-il lui-même?

A ce stade de sa réflexion, le Roi va même jusqu'à poser au Prince de Condé cette question si pertinente: " D'ailleurs, cette noblesse d'émigration qui prétend me défendre, est-elle toute dans le même esprit? N'a-t-elle pas, elle aussi, ses partis contraires, ses opinions exclusives? ".

Autrement dit: vous qui prétendez être royalistes, l'êtes-vous vraiment? N'avez-vous pas vous-même succombé à cette tentation générale qui veut que l'on décide soi-même de ce qui convient ou qui ne convient pas au bon gouvernement des affaires publiques?

Oh, mes amis, prenons pour nous cette apostrophe extraordinairement clairvoyante de Louis XVI. Dressons en effet un bilan de deux siècles de royalisme, de doctrines diverses et l'engagements militants. N'avons-nous jamais procédé nous-mêmes de la même manière que les républicains? N'avons-nous jamais prétendu imposer à nos princes nos propres visions de la monarchie? Relisons nos livres, et sans qu'il soit nécessaire de citer ici certains auteurs, nous y découvrons souvent tout un programme de gouvernement préfabriqué, que le roi à venir serait bien avisé de mettre en pratique sans rechigner, faute de quoi on juge qu'il ne serait pas même bon qu'il monte sur le trône. Combien de fois ai-je lu ce genre de littérature, truffée de chartes, de systèmes préparés à l'avance et figés dans une gloire intellectuelle parfaitement dérisoire? Combien de fois ai-je lu ou entendu des discours tels qu'en définitive, on se demande qui devrait être le roi dans ce genre de monarchie: l'auteur des propos en question, ou le prince légitime. Mes amis, est-ce que j'invente en rappelant cela, ou suis-je dans le vrai?

Mais alors, quand on pense et agit de cette manière, de qui se moque-t-on, sinon du Roi lui-même? Ne sommes-nous pas à notre tour, fût-ce à notre corps défendant, des constitutionnels, dispersant ainsi gravement cet héritage de la monarchie française que Louis XVI a voulu sauver à n'importe quel prix, et entre autres au prix de sa vie?

A ceux qui lui reprochaient son attitude face à la Révolution, le Roi n'a jamais manqué de s'expliquer clairement. C'est d'ailleurs pour cela que vous ne le savez pas. Mais rien ne nous empêche, nous, d'essayer d'en savoir plus. Que disait-il? Reprenons la lettre au Prince de Condé que je citais tout à l’heure. Louis XVI y prévoyait que l'idéologie constitutionnelle ne pouvait être combattue efficacement, ou vaincue durablement, par le seul emploi des armes. Napoléon ne dira-t-il pas plus tard que l'esprit sera toujours vainqueur de l'épée? En outre, le Roi se rendait bien compte que ses défenseurs eux-mêmes étaient empoisonnés par la nouvelle idéologie. C'est en prenant acte de cette réalité incontournable qu'il écrivait: "J'ai vu que la guerre ne présentait d'autres avantages que des horreurs, et toujours de la discorde. J'ai donc cru qu'il fallait
éloigner cette idée, et j'ai cru devoir essayer encore des seuls moyens qui me restaient: la réunion de ma volonté aux principes de la Constitution
" .

" Les seuls moyens qui me restaient "... Oui, le Roi savait qu'il n'en avait pas d'autres, et qu'en tout état de cause, il refuserait toujours d'être mêlé au bain de sang général qu'il redoutait. Et son attitude était d'autant plus méritoire que, avec sa clairvoyance habituelle, il savait à l'avance que la seule voie qui lui était ouverte était elle-même sans issue. Car il ajoutait: "Je sens toutes les difficultés de gouverner ainsi une grande nation, je dirais même que j'en sens 1'impossibilité ; mais l'obstacle que j'y aurais mis aurait porté la guerre que je voulais éviter, et aurait empêché le peuple de bien juger cette Constitution, parce qu'il n'aurait vit que mon opposition constante ". Toujours cette préoccupation majeure: son peuple est malade de ses idéologies, le salut n'est envisageable que lorsqu'il aura compris son erreur. Et Louis XVI concluait: " En adoptant ses idées, en les suivant de bonne foi, il connaîtra la cause de ses malheurs ; l'esprit public changera, et puisque sans ce changement on ne pouvait espérer que des convulsions nouvelles, je marcherai mieux vers lin meilleur ordre des choses par mon acceptation que par mon refus " .

Voilà quel était le programme politique de Louis XVI, et jamais il n'admettra s'être trompé sur ce point. La thèse officiellement enseignée depuis deux siècles prétend qu'il avait tord. Mais nous qui avons désormais l'expérience des révolutions, nous qui en connaissons le processus et la nature intime, posons-nous à nouveau cette question: qui avait raison?

A ses contemporains qui stigmatisaient sa prétendue faiblesse, parce qu'ils analysaient la Révolution avec moins de pertinence que leur maître, Louis XVI disait: " J'avoue que ces reproches m'affectent moins que les malheurs du peuple, et mon cœur se soulève en pensant aux horreurs dont je serais la cause " . Ce qui signifie que le Roi-martyr était convaincu que, sous les coups révolutionnaires, son sacre avait perdu sa force politique, mais qu'il le revêtait encore d'une seule et dernière qualité: celle d'être le père du peuple, le père de toute la famille française. Que ceux qui n'ont jamais éprouvé aucun sentiment paternel continuent à penser comme la République veut qu'ils pensent. Les autres me comprendront.

Méditons encore cette phrase: " J'ai donc préféré la paix à la guerre, parce qu'elle m'a paru à la fois plans vertueuse et plus utile: je fines suis réuni ail peuple, parce que c'était le seul moyen de le ramener ; et entre deux systèmes, j'ai préféré celui qui ne m'accusait ni devant mon peuple, ni devant ma conscience " .

Encore et toujours ce dernier souci du Roi, qui est de rester fidèle au dernier devoir qu'il peut remplir, un devoir moral. " Du moins, je n'ai rien à me reprocher " , écrivait-il. Oh non, Sire, vous n'avez rien à vous reprocher. Dans cette épouvantable tragédie qui a fini par vous emporter, vous avez été d'une probité et d'un courage sans exemple ; vous avez été le modèle de tous les rois, selon ce plan mystérieux de la Providence qui dispose que, depuis le Baptême de Clovis, la monarchie française soit regardée comme le modèle de toutes les monarchies. Un jour viendra où le monde vous rendra l'hommage qui vous est dû, pour avoir été un grand roi méconnu, dont la lumière commence à peine à poindre devant les yeux de notre génération. Un jour viendra aussi, où l'Église d'ici-bas reconnaîtra vos vertus exemplaires, et vous élèvera sur nos autels. Car enfin, qui peut le nier? vous étiez également un saint...

Nous parlons d'un testament politique de Louis XVI. Il me reste à vous en dévoiler le sommet.

Nous avons vu comment le Roi a profondément médité sur les événements auxquels il a dû faire face. C'est alors qu'il lance une bouteille à la mer, pour l'avenir, pour préserver l'avenir, pour empêcher que les vrais principes de la monarchie française ne soient emportés, eux aussi, par la tourmente révolutionnaire, par ces deux siècles de régime constitutionnel ou républicain. En fait, dès le commencement de la Révolution, le 12 octobre 1789, il a fait quelque chose 'extraordinaire, qu'il faut absolument que vous sachiez, et que la République ne veut à aucun prix que vous sachiez.

II écrit au roi d'Espagne, Charles IV, une lettre qui revêt pour nous la plus haute importance. Car en vérité, ce n'est pas au roi d'Espagne qu'il s'adresse, mais au chef de la branche cadette de sa maison. On sait en effet que depuis la victoire de Louis XIV dans la guerre de succession d'Espagne, des princes français de la famille royale règnent désormais sur le trône de Charles-Quint. Voici donc ce qu'écrit Louis XVI:
"
Je dois à tries enfants, je dois à tria famille et à toute ma maison de ne pouvoir laisser avilir entre tries mains la dignité royale qu'une longue suite de siècles a confirmée dans tria dynastie... J'ai choisi votre majesté comme chef de la seconde branche pour déposer entre vos mains la protestation solennelle que j'élève contre toits les actes contraires à l'autorité royale qui m'ont été arrachés par la force depuis le 15 juillet de cette année".

Est-ce que vous mesurez bien l'importance de ce document? Dès les premiers mois de la Révolution, et bien qu'il ait choisi de se laisser entraîner par le courant constitutionnel plutôt que de verser le sang de son peuple, le Roi-martyr délie à l'avance les princes de son sang de tous les engagements compromettants qu'il a dû faire et qu'il devra faire encore. Autrement dit, quand on lit cela et qu'on le met en face de ce que nous lisions tout à l’heure, on comprend qu'il ait voulu dire: la voie que j'ai suivie n'engage que moi, elle ne saurait obliger mes successeurs, elle ne traduit qu'un pis-aller, certainement pas une fidélité aux principes immémoriaux de notre monarchie. La constitution, ce n'est pas la monarchie française, et le Roi tient à transmettre ce message à ses cadets, pour le cas où la coutume successorale, un jour, viendrait à les saisir.

Et puis il s'est produit ce qui se produit dans l'histoire naturelle de toutes les familles: la branche aînée s'est éteinte avec le Comte de Chambord et le principe se déposa sur cette branche cadette devenue l'aînée. Or voilà, mes amis, voilà l'héritage politique qui repose désormais entre les mains du chef actuel de la famille royale. Ce n'est pas l'héritage de Charles X, ni de Louis XVIII, ce n'est pas le produit bâtard issu d'un accouplement adultère entre la royauté et la constitution, non! c'est la royauté instituée, c'est le sacre de Reims, c'est la monarchie que Jeanne d'Arc avait sauvée ; Jeanne qui rappelait que le Christ est le premier roi de France, et le roi terrestre son second.

Ces principes fondateurs, le Comte de Chambord nous les transmettra à son tour, quand il refusera de monter sur un trône de pacotille, quand il refusera de jouer la comédie d'une monarchie de carnaval, otage de l'esprit révolutionnaire, constitutionnel, républicain. C'est pourquoi il disait: " Ma personne n'est rien, c'est mon principe qui est tout ". Oh, comme nous lui sommes redevables, à lui aussi, d'avoir gardé intact le trésor des rois légitimes! J'ai souvent dit que ce fut sa manière à lui de régner, en conservant le dépôt sacré, en transmettant ce qu'il avait reçu: telle fut la mission sur terre d'Henri V.

Mais ce qu'il avait reçu venait-il directement de son aïeul Charles X? Non, certes non. Oh, bien sûr, Charles X, celui-là même qui, lorsqu'il n'était que le Comte d'Artois, reprochait tant à son frère aîné de ne pas combattre la Révolution par les armes, Charles X n'était certes pas un partisan du régime constitutionnel. Mais il fallait bien faire avec, puisque la formule lui était imposée. Toutefois, et peut-être justement parce qu'il avait trop bien vu ce qui découlait de cet accouplement, aggravé encore par l'expérience de l'usurpation orléaniste, Henri V avait puisé plus haut les principes de son refus du drapeau révolutionnaire, et de tout ce qui en découlait politiquement. Ces principes-là, qu'il fallait garder intacts, c'est Louis XVI qui fut le dernier à les incarner. Et il est attachant de voir comment, passant d'un prince incompris à un autre prince également incompris, l'héritage de Clovis et de Clotilde, de Saint Rémi, de Saint Louis et de Sainte Jeanne, cet héritage brille encore, qui dans la nuit de nos constitutions nous montre le chemin du salut.

Voilà donc, le testament de Louis XVI, auquel il est de notre devoir, une fois que nous avons pu en prendre connaissance, de lui être fidèle. Car il ne suffit pas que vous vous disiez fils de Saint Louis ou de Louis XIV. La Providence vous a donné un dernier roi différent des autres, et dont le sort abominable fut aussi différent des autres: c'est de lui que vous tenez votre héritage. Et si la République vous a menti sur lui, si elle vous empêché de le connaître, c'était précisément pour que
vous méprisiez votre héritage, et par là même, que vous méprisiez sans le vouloir tous les autres qui précédaient. Car une race qui finissait sous la figure méprisable ou dérisoire de Louis XVI ne pouvait pas être une bonne race.

Voilà notre héritage et certes, à notre époque des nouveaux rois fainéants, il n'est pas facile de défendre et illustrer devant le monde ce principe que l'idéologie moderne a si totalement vaincu. Pendant longtemps, d'ailleurs, nos théories royalistes n'eussent pas même songé à revendiquer autre chose qu'une restauration sur le modèle de Louis XVIII. Pendant longtemps, le testament de Louis XVI fut non seulement un testament inconnu, mais un testament impossible: lui seul avait su
mesurer les conséquences de l'intrusion de l'esprit constitutionnel dans l'édifice monarchique ; lui seul avait compris qu'en définitive, une monarchie constitutionnelle n'était plus la monarchie française de Reims, modèle des monarchies chrétiennes. Mais puisque cet esprit délétère avait empoisonné jusqu'à son entourage, jusqu'à ceux qui se croyaient sincèrement contre-révolutionnaires, que pouvait-il faire? Quand il décida toutefois d'accompagner le mouvement constitutionnel, pour les raisons pacifiques que l'on sait, il réussit à tenir trois ans avant de sombrer. Son frère le Comte d'Artois, le futur Charles X qui conseillait d'être inébranlable, tiendra trois jours en 1830. Il n'est pas inutile de remettre quelquefois les choses en perspective pour mesurer la vraie taille des uns et des autres.

Longtemps, l'héritage de Louis XVI fut impossible: soit que nous étions nous-mêmes infectés par l'esprit constitutionnel, soit que nous ne disposions pas de l'outil doctrinal nécessaire pour formaliser intellectuellement la différence essentielle entre l'institution et la constitution. S'il n'est qu'une chose que j'aurais faite parmi mes compagnons du combat royaliste, c'est d'avoir théorisé cette différence, mais je n'ai rien inventé en faisant cela: je n'ai fait qu'expliquer un principe profondément original et fondateur de la monarchie française, ce principe même que Louis XVI a sauvé, et transmis à sa famille. Ce même principe qu'Henri V a sauvé une seconde fois en refusant de régner plus bas encore que Louis XVIII,au niveau d'un Louis-Philippe.

Toutefois, les triomphes théoriques sont une chose, l'engagement politique dans la réalité de tous les jours est encore autre chose. Je n'oublie pas que l'état d'esprit qui doit être le nôtre est difficile à maintenir, comme un cap que le marin doit garder dans la tempête. Notre engagement est exigeant, parfois douloureux. Et je sais que certains parmi nous seront tentés d'abandonner leur cause: j'en ai connu, par exemple pour qui les lambris dorés des palais républicains valaient bien un reniement.

C'est pour cela, c'est contre l'esprit du monde qu'il nous est demandé plus que jamais d'être nobles. Non pas d'avoir le panache du désespoir: réservez les baroud d'honneur à ceux qui sont vaincus. Nous, au contraire, il nous est demandé de se battre intelligemment, prudemment, mais de toujours se battre: car tant qu'un homme se bat, il n'est pas vaincu.

Il nous est demandé d'être noble: je n'ai pas dit " aristocrate " , qui n'est pas la même chose, et qui renvoie au classement social anglais, ou bien traduit la perte progressive du sens de la noblesse en France dans les siècles les plus modernes de la monarchie, où l'on pouvait acheter des charges anoblissantes. Non! Et je ne circonscris pas non plus cette exigence d'aujourd'hui à un ordre ancien subsistant. L'homme noble dont je parle est aujourd'hui celui .que chacun reconnaît spontanément comme tel, et qui combat en gardant toujours dans son cœur les trois vertus théologales: foi, espérance, et charité. Car l'ennemi d'aujourd'hui peut devenir le frère de demain.

Et si votre pire ennemi: le désespoir vous prend, si le spectacle du monde qui vous entoure vous appelle à baisser les bras, songez précisément à ce monde hostile, et demandez-vous s'il existe une autre raison de vivre que de combattre encore et toujours. Encore une fois, je ne parle pas d'un combat désespéré, contre des moulins à vent, d'un combat dérisoire de Don Quichotte. Non, je parle d'un combat mené pour vaincre.

Vaincre, oui! Oh, tant de choses et tant d'hommes vous persuaderont que votre combat est sans issue. Et pourtant... C'est vrai, nous œuvrons dans le noir, encore que ce soit moins vrai aujourd'hui qu'hier. Mais n'oubliez jamais ce mot éternel de Charette: à l'officier républicain qui l'arrêtait, et qui criait du fond de son cœur: " Ah, Monsieur, que d'héroïsme perdu! " , le Chevalier vendéen répondit: " Monsieur, rien ne se perd. Jamais ".

Il disait aussi: " Nous sommes la jeunesse dit monde " . Et c'était vrai! vous êtes la jeunesse du monde, précisément parce que vous êtes des héritiers: la semence est en vous!

Alors, venez, fils de Louis XVI, venez chercher votre héritage, l'héritage de Reims, de Clovis et de Clotilde, auquel un régime hideux voudrait vous voir renoncer! Venez, jeunesse du monde, allons chercher notre héritage, et que l'âme limpide de Louis XVI éclaire nos pas.

Yves-Marie Adeline  

Yves Marie Adeline est le Fondateur en 2002 de l'ALLIANCE ROYALE, président jusqu'en 2008, il a démissionné pour raisons familiales et professionnelles, il a été remplacé par l'ancien député- Maire Pierre Bernard à la tête du Parti Royaliste; Yves Marie Adeline est toujours président honoraire de l'Alliance Royale.

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Published by Yves Marie Adeline - dans Yves Marie ADELINE
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 19:09

 

  Quand j'ai lu cette conversation entre notre Président de l'ALLIANCE ROYALE et GENERATION F8, j'ai bu du petit lait. car il a résumé tout le combat que je mène depuis 1990 dans notre département de la Nièvre pour montrer que la Royauté est la solution pour la France de maintenant.

                    J'ai retrouvé mes propres arguments, Merci Yves Marie d'être toujours vous.

                   Vous dites à la fin de votre conversation ne plus faire de politique, SI!.... Si!.... vous en faites toujours et de la bonne politique, celle qui grace à vous, à vos livres, à vos réflexions permet à tous ceux qui composent l'ALLIANCE ROYALE de continuer à se battre pour éduquer nos chers compatriotes, pour leur montrer que la Royauté n'est pas un mode de gouvernement du passé ou un mode de gouvernement d'opérette.

                   Merci YVES MARIE pour toutes vos réponses

                   Chantal de THOURY

 

Cette semaine nous recevons Yves-Marie Adeline, universitaire, écrivain, poète, mais encore homme politique.  Nous vous conseillons de consulter son blog : http://www.ymadeline.fr/ Nous le remercions d’avoir bien voulu répondre à nos questions.

GENERATION FA8 : Bonjour. Tout d’abord serait-il possible que vous vous présentiez à nos lecteurs ne vous connaissant pas encore ? De même pourriez-vous nous décrire rapidement votre parcours politique ?

J’ai un profil universitaire : docteur de Paris 1, avec une thèse d’esthétique musicale. Ma carrière a commencé à l’Université de Poitiers, où j’ai enseigné pendant trois ans ; puis j’ai quitté l’enseignement et commencé une vie d’écrivain pauvre, entrecoupée de deux périodes de collaboration dans des cabinets politiques de droite, à cause de quelques-uns de mes livres qui traitaient de politique et qui ont été remarqués. Je viens de publier mon 18e livre, Les Angéliques, un recueil de poèmes.
Parallèlement, je me suis longtemps dévoué au royalisme, pendant 20 ans ; d’abord en rédigeant des articles et des livres, ensuite en fondant un parti politique en 2001, l’Alliance royale, dans le cadre duquel j’ai mené trois campagnes électorales, en commençant par les européennes de 2004. Après les municipales de 2008, j’ai quitté la vie politique, ne pouvant plus assumer cette charge pour des raisons pécuniaires et familiales. Je me concentre donc désormais sur ma carrière d’écrivain, et je suis retourné dans l’enseignement supérieur, mais pas à l’Université.

     
GENERATION FA8 : Vous êtes connu pour avoir notamment essayé, lors de l’élection présidentielle de 2007, de présenter aux Français le principe royaliste. Les critiques furent vives et plus particulièrement dans les milieux monarchistes/royalistes. Les avez-vous comprises ?

J’ai compris ces critiques dans la mesure où j’ai compris à travers elles la véritable nature des mouvements royalistes français. Ce sont des mouvements mémoriels, sans vocation à conjuguer le royalisme au présent. Ou bien, quand ils affichent une idéologie, celle-ci ne débouche pas sur une action politique, mais seulement sur des prises de position en faveur ou contre tel ou tel parti politique, dans le cadre républicain. Je ne cache pas que ce fut pour moi une surprise en 2001, quand j’ai vu toutes les portes royalistes se fermer devant mes appels publics.

GENERATION FA8 : Les trouvez-vous justifiées ?

Non, bien sûr. Pour les uns, je ne pouvais pas être royaliste sans être maurrassien ; pour d’autres -  souvent les mêmes- je ne devais pas préconiser des élections, mais attendre le coup d’Etat que l’Action Française prépare depuis 1909 ; pour d’autres enfin, il n’y avait aucune campagne à mener puisque des prédécesseurs avaient échoué avant moi trente ans plus tôt.

Pour tous, je crois que ma principale faute était de courir après un rêve qu’ils souhaitent ne surtout pas rattraper : le royalisme est une posture esthétique, une nostalgie. Le transposer dans la réalité, sous la forme d’un projet politique précis, avec un programme, des propositions, etc, c’était le plonger dans la terre qui macule la robe des fées et des elfes qui peuplent nos fantasmes.

GENERATION FA8 : Avec le recul, regrettez-vous cette campagne ?

Non plus… Essentiellement parce qu’elle a été médiatiquement réussie. J’aurais éprouvé un remords si je l’avais manquée, mais ce fut pour la cause, je pense, une bonne chose que cette campagne.

Ce fut également l’occasion de s’apercevoir que nos compatriotes sont insensibles aux questions institutionnelles, comme ils l’étaient déjà avant 1958. Donc j’ai pu juger sur pièces. Y compris sur des questions en-dehors du royalisme, comme le déficit démocratique très visible dans ce que le Régime appelle pudiquement « le parrainage des maires », en fait le véritable 1er tour de cette élection, mais un 1er tour qui ne dit pas son nom, et qui ignore même le secret du vote. Nous sommes dans un régime oligarchique que les citoyens approuvent, donc je parlais dans le vide. Mais au moins, j’ai pu évaluer les choses à l’aune de l’expérience réelle.

GENERATION FA8 : Les républicains nationaux sont très divisés. Les milieux royalistes et monarchistes rencontrent les mêmes difficultés. Pensez-vous que les divisions frappant ces deux familles de pensées proviennent des mêmes causes ?

Dans la mesure où nous sommes un peuple gaulois, facilement divisé, peut-être.

GENERATION FA8 : Comment et quand ces divisions prendront-elles fin ?

En fait, contrairement à ce que l’on croit souvent, ce ne sont pas vraiment nos idées qui nous rassemblent, mais nos actes. Et pour cela, il vaut mieux un chef que des idées. Il n’empêche qu’il faut que ce chef porte le royalisme. Je ne souhaite évidemment pas que les royalistes se fourvoient derrière un chef républicain, comme ils l’ont beaucoup fait dans le passé.

GENERATION FA8 : Qu’est-ce que l’idéologie pour vous ?

L’idéologie est quelque chose qui adhère, qui fait ventouse, comme les moules et les imbéciles. C’est une lecture grillagée du monde, qui conduit à se persuader que tout y fonctionne par en enchaînement de causes à effets prévu dans la solitude d’un code mental conçu par l’idéologue.

GENERATION FA8 : Le royalisme peut-il être considéré comme une idéologie ?

Non, parce que le royalisme authentique ne fait pas l’économie de la complexité du monde et des hommes. Le royalisme préconise un régime politique mouvant, évolutif, parce qu’il ne peut pas vivre seul, en tant que pure pensée, mais doit être incarné dans un prince. Donc c’est une pensée immergée dans l’histoire. Or, l’histoire s’écoule comme un fleuve, et l’on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau du fleuve. L’histoire, nous le savons depuis au moins Héraclite, joue un rôle déterminant dans la détermination de l’homme. Penser le royalisme comme si nous vivions au XVIIIe siècle serait une absurdité ; ce ne serait pas du royalisme, mais de la nostalgie, ce qui n’est pas la même chose. Je pense que c’est en grande partie ce hiatus qui est à l’origine de l’incompatibilité entre les mouvements royalistes actuels et la dynamique politique que je proposais à travers la fondation de l’Alliance royale.

GENERATION FA8 : Maurras était-il un idéologue ?

Oui, à double titre.

D’abord, il voyait dans le royalisme le couronnement du nationalisme, qui était alors une idéologie très en vogue, prétendant figer nos principes politiques, tant pour nos relations internes que pour nos relations externes, dans le fait national. Avec lui, le royalisme était enchâssé dans le nationalisme, comme s’il n’avait pas vécu et prospéré des siècles avant lui.
Ensuite, Maurras assignait d’emblée au prince à venir ce qu’il devrait faire, quelle était sa ligne de conduite, ses principes directeurs et même fondateurs. Un roi dictateur à la tête d’une monarchie antiparlementaire et décentralisée : tel était le royalisme de Maurras, à l’exclusion de tout autre ; tel devait être le roi, otage de sa doctrine, de sa vision nationaliste, de ses querelles partisanes.

GENERATION FA8 : Et vous ?

Pour savoir si ma doctrine est une idéologie, il y a deux façons de s’y prendre. Quant aux principes, on peut lire Le Pouvoir légitime ; quant à l’approche pratique, on peut consulter les plates-formes de l’Alliance royale, ou au moins mon programme de la présidentielle de 2007.

GENERATION FA8 : Alain de Benoist a dit au sujet de Maurras et de sa vision de la monarchie dans l’entretien qu’il nous a accordé : " Il affirme que la monarchie française était fondamentalement décentralisatrice, alors que c'est le contraire qui est vrai. Cette vision idéalisée de l'Ancien Régime n'a pas seulement été contredite par l'historiographie contemporaine. Elle est déjà contredite par les observations particulièrement profondes faites au XIXe siècle par Renan et surtout par Tocqueville. " Nous sommes naturellement d'accord avec l'idée que la monarchie française fut centralisée. Notre question portera sur un autre point. Comment expliquez-vous que les penseurs d'Action Française continuent de croire à une monarchie décentralisée ? De même aujourd'hui la cause défendue par les royalistes est au point mort ou presque.  Cela ne vient-il pas d'un dogmatisme maurrassien trop prononcé qui empêche toutes révisions voire toutes critiques ? Les nouveaux penseurs d'Action Française n'auraient-ils pas intérêt à dépoussiérer l’œuvre de Maurras ? Le sentimentalisme - que nous jugeons destructeur en politique - n'aurait-il pas pris le dessus chez les royalistes, ce qui pourrait peut-être expliquer la situation dans laquelle se trouve la cause royaliste d'un point de vue politique ?

D’abord, l’idée de décentralisation n’est pas maurrassienne, mais vient de Bonald. Les disciples de Maurras ont été tellement éblouis par leur maître qu’ils lui ont attribué toutes les idées royalistes, et jusqu’au royalisme lui-même dans son essence ; mais cet aveuglement procède d’un emballement sectaire. Dans le mélange qu’il fait entre royalisme et nationalisme, Maurras n’apporte rien d’original au royalisme, il emprunte à ces prédécesseurs. Le vote familial, c’est Bodin. L’idée que la politique est une science exacte, idée absurde et scientiste inspirée de Comte, c’est d’abord Quesnay. Le corporatisme, c’est La Tour du Pin. La distinction entre pays légal et pays réel, c’est Guizot. L’empirisme organisateur, c’est Sainte-Beuve. L’idée qu’il n’y a pas de contrat primitif, c’est Bonald. L’autorité en haut, les libertés en bas, c’est encore Bonald. Et la décentralisation, c’est toujours Bonald  (je fais ce rappel dans mon Histoire mondiale des idées politiques aux éditions Ellipses). L’apport intellectuel de Maurras au royalisme, c’est son accouplement avec le nationalisme, c’est sa transformation en national-royalisme.

Pour ce qui concerne la centralisation, Bonald, député à la Chambre, a déploré dans un discours de 1817 les exagérations du centralisme jacobin, qui conduisaient à vider la province au profit de Paris. Lui-même était député de Millau, aujourd’hui le pays de José Bové : tout un symbole ! Certes, Tocqueville avait raison de rappeler qu’historiquement le centralisme républicain ne faisait que suivre les rails de l’Ancien Régime ; il n’empêche que, parvenu à un certain degré, ce processus a produit des nuisances. Aujourd’hui c’est un débat qui anime tous les milieux.
 
GENERATION FA8 : La science politique développée par la Renaissance, qui n’en est pas une entre parenthèses, en réalité, a posé le principe que la religion et la politique doivent être séparées, voire que la politique doit être totalement indépendante de la religion ou de la morale. Nous posons le principe simple que la religion et la politique doivent être réconciliées et c’est une erreur fondamentale de dissocier les deux domaines. En effet, nous estimons que la politique ne peut pas être indépendante de la religion mais lui être soumise telle une fille à sa mère. Qu’en pensez-vous ?

C’est une question moins simple que ce qu’on imagine habituellement.

Il y a trois domaines distincts :

Premièrement, la morale collective (que nous, chrétiens, nous souhaitons voir exprimée par le christianisme, dans une société chrétienne).
Deuxièmement, la loi.
Troisièmement, la justice.

Contrairement à ce que l’on pense, ces trois domaines ne se confondent pas. La politique, naturellement, ne s’applique qu’à la loi et à la justice. C’est pourquoi il est toujours dangereux qu’un pouvoir politique s’affirme tellement laïciste qu’il refuse toute légitimité aux autorités morales. Quand le législateur se mêle d’inventer la morale, il usurpe une fonction qui n’est pas une fonction politique, mais une fonction relevant d’un autre ordre. D’où l’idéal que Volkoff résumait en une phrase dans Alexandra : « l’Eglise et l’Etat sont comme deux rails parallèles, qui vont dans la même direction mais sans jamais se croiser ».

Ceci étant bien admis, quel est le périmètre du législateur ? Saint Thomas d’Aquin nous a expliqué que le politique ne peut pas se contenter de s’ajuster exactement à la morale. C’est ce que des personnes politiques comme Christine Boutin aujourd’hui, qui brandit une Bible dans l’enceinte parlementaire, ou hier Marthe Richard, qui fait fermer les Maison closes, n’ont pas compris. Quand saint Louis est saisi du problème de la prostitution à Paris, il sait qu’il n’abolira jamais la prostitution, et que cela est d’ailleurs encore moins au pouvoir du politique qu’à celui de la morale. Il a lu son contemporain saint Thomas d’Aquin qui écrit : « Celui qui se mouche trop fort fait jaillir le sang ». Autrement dit, en voulant guérir un mal, prends garde à ne pas provoquer plus de mal encore que le mal que tu voulais guérir. C’est pourquoi saint Louis cantonne les prostituées à la rue Saint-Denis (déjà !) ; il n’aurait certainement pas fermé les maisons closes, au risque de jeter dans la rue les filles, avec toutes les conséquences que l’on connaît. Le rôle du politique est de réguler la société avec des moyens politiques, en prenant garde à la maintenir dans un certain équilibre. Par exemple, il revenait au christianisme de condamner l’esclavage sous l’Antiquité, mais il était impossible au politique d’abolir l’esclavage du jour au lendemain. La loi ne prétend pas être morale, mais régulatrice. Elle est en fait un pis-aller. Cela dit, la question est toujours complexe, car il existe évidemment des lois tellement immorales qu’elles légitiment la rébellion d’Antigone contre Créon qui interdit qu’on ensevelisse le cadavre de son frère Polynice.

Parlons par exemple de la peine de mort. Le principe moral, c’est qu’il est interdit de tuer. Mais, depuis les hauteurs de la cité, on peut envisager une exception à cette règle, en estimant que la protection de la société l’exige. Là encore, c’est une question de limite, car un Créon pourrait vouloir appliquer la peine de mort à tout et n’importe quoi. D’où l’utilité, justement, d’une morale indépendante et distincte du politique, et d’autorités morales également indépendantes et distinctes des autorités politiques.

Quant à la justice, c’est encore un domaine différent. Bien sûr, le juge doit œuvrer dans le cadre de la loi, mais il lui reste une autorité propre qui lui permet d’émettre des jugements en équité. Par exemple, à Poitiers, une mère de famille a été relaxée après avoir volé des vivres dans un supermarché pour nourrir ses trois enfants qu’elle ne parvenait plus à nourrir. Ne nous trompons pas : la relaxe par le juge ne change rien à la qualification de l’acte, c’est toujours un vol. Mais ce vol-là ne doit pas être condamné. Saint Thomas d’Aquin, encore une fois, nous enseigne que le vol est permis en cas de nécessité. On peut ajouter : l’homicide par légitime défense. De même, le fait de permettre à la justice de relaxer, pour différentes raisons touchant à la détresse sociale ou autre, une personne qui a recours à un avortement, ne devrait modifier en rien la qualification d’homicide.

Ainsi, quand j’entends par exemple Boutin nous dire qu’elle est contre l’avortement puisqu’elle est contre la peine de mort, je vois bien qu’elle ne sait pas faire cette distinction entre morale, loi et justice : on peut être contre tout homicide dans le domaine moral, pour la peine de mort dans le domaine politique, contre l’avortement dans le domaine politique, et prononcer en conscience des jugements indépendants. Toute la complexité du politique est là.

GENERATION FA8 : Quel roi de France préférez-vous ?

Je ne peux pas répondre à cette question, car j’ai de l’admiration pour beaucoup ; je suis d’ailleurs stupéfait par le nombre de grands rois que l’on peut trouver dans notre histoire, en particulier chez les Capétiens.

GENERATION FA8 : Quel président de la République vous semble le moins mauvais ?

De Gaulle.

GENERATION FA8 : Pour quelles raisons ?

Dans sa démarche institutionnelle, il est le plus proche de ce que peut vouloir un royaliste : en fait, le rêve de la Ve République, qui s’effondre aujourd’hui sous nos yeux, ne pouvait se réaliser vraiment qu’avec un roi à la tête de l’Etat, et non pas un président. Un roi qui règne, un premier ministre issu de la majorité parlementaire… Quel gâchis !…

GENERATION FA8 : Comment considérez-vous, d’un point de vue général, l’action du Pape Benoît XVI depuis qu’il est élu sur le trône de Pierre ?

Je rends grâce tous les jours à l’Esprit-Saint de nous l’avoir donné. Son mandat est extrêmement difficile, il faut qu’il conduise la barque de Pierre sur des eaux agitées par des courants contraires. Jean-Paul II a semé des grâces partout, mais il fallait bien que son successeur reprenne les commandes à Rome, et je crois que les grâces du pontificat précédent l’aideront surnaturellement. Ce sera peut-être la principale cause de canonisation de Jean-Paul II.

GENERATION FA8 :  Le Saint Père est l’objet de vives critiques, aussi bien de personnes en dehors que dans l’Eglise. Ne considérez-vous pas cela comme pénible ?

C’est pénible, mais ce n’est pas nouveau. Et puis, le Pape ne peut qu’être un signe de contradiction dans notre monde électrisé par de multiples tensions. Si nous avions tous véritablement la foi, nous aurions confiance, nous n’aurions pas peur

GENERATION FA8 : Quel est votre regard sur le rôle ou le non rôle des Evêques de France ? Ces derniers ne participent-ils pas de manière directe ou indirecte aux difficultés majeures et certaines rencontrées par l’Eglise de France ?

Nos évêques ont été enthousiasmés par la dynamique post-conciliaire, et ils ont parfois peur d’une réaction en sens inverse. Pourtant, le mouvement naturel de l’Eglise est de continuer sa route bi-millénaire en procédant à des réajustements nécessaires. Nous avons plus que jamais besoin de respect mutuel à notre époque où les chrétiens eux-mêmes ont pu être éclatés, divisés autour de leur trésor commun. J’ai du mal à m’en tenir à l’idée que nos évêques seraient directement responsables des difficultés de l’Eglise de France. A vrai dire, être évêque aujourd’hui en France est un défi, une lourde responsabilité : chacun d’entre eux doit, lui aussi, tenir une barque agitées par des tensions, déjà anciennes, qui ont fait des blessures. Nous ne sommes pas sortis de la crise de l’Eglise, beaucoup de chrétiens ont quitté la barque, la nouvelle évangélisation est difficile comme toute évangélisation.

GENERATION FA8 : Pour terminer cet entretien, que serait le mot de la fin que vous souhaiteriez adresser à nos lecteurs ?

Que puis-je leur dire ? Je ne fais plus de politique, donc je ne m’adresse plus à eux directement. J’espère apporter quelque chose à ceux qui lisent mes livres, c’est évidemment l’idéal qu’un écrivain cherche à atteindre.

Propos recueillis en février 2009

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 13:51

Un établissement d’éducation nationale a vu ses murs souillés de croix gammées symbolisant l’abominable national-socialisme du siècle dernier. L’indignation est à son comble, et on le comprend aisément.

Radio-France, autre établissement public, sera partenaire de la “fête” de l’Humanité, dernier journal communiste d’Europe, ayant cautionné les 100 millions de morts victimes de l’abominable international-socialisme du siècle dernier. Aucune voix autorisée ne s’en émeut : y a-t-il quelque chose à comprendre?

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 21:44

J’interromps le silence de mon séjour en Finlande, compte-tenu de l’importance de l’événement que représente la mort d’Alexandre Soljenitsyne. Non pas pour ajouter quoi que ce soit à ce qui se dit déjà, je suppose, mais par simple respect pour l’oeuvre de ce personnage de grande ampleur.

Cette disparition est amère, parce que, en vérité, Soljenitsyne n’aura pas totalement réussi à faire comprendre au monde l’horreur du communisme. Je viens de prendre prendre connaissance ici, en Finlande, d’une compilation d’Erkki Vettenniemi: Des Finlandais dans l’archipel des camps de prisonniers (je traduis littéralement mais je suppose qu’il faudrait traduire “dans l’archipel du goulag”, d’autant que l’auteur est également un biographe en finnois du grand disparu): il raconte comment des milliers de braves Finlandais sans...suite sur (...)

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 16:58

La République veut faire faire avaler par l’opinion la pilule (si l’on peut dire) des mères porteuses. Mais, comme disait De Gaulle, “la République est laïque mais la France est catholique”; on va donc essayer de convaincre les Catholiques.

Interview dans La Croix de Nadine Morano, un ministre dont on connaît la bonne foi depuis qu’elle a nié en 2008 ce que tout le monde a pu voir pendant la campagne présidentielle de 2007 : s’infiltrer déguisée dans un meeting de Ségolène Royal…

Oui, elle est pour les mères porteuses; d’ailleurs elle serait avec grand plaisir une mère porteuse si une amie le lui demandait. Bien sûr que je suis catholique, oh-là-là, et je suis très pratiquante, plus catholique que moi, tu meurs (c’est le cas de le dire) mais c’est ma vie privée, petits polissons de journalistes de La Croix, hi-hi…

La Croix, journal catholique de référence comme Le Monde pour la presse profane, a oublié de préciser que Morano, en plus d’être une catholique fervente, est aussi favorable à l’avortement, à l’euthanasie, à l’adoption des enfants par des homosexuels… et membre de la franc-maçonnerie.

Yves Marie ADELINE
http://www.ymadeline.fr/

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 11:16
Les réformes successives de notre appareil militaire ne conduisent qu’à démembrer l’armée; ce qui me préoccupe le plus est que, contre le plus élémentaire bon sens, la décision n’a toujours pas été prise de mettre à l’eau un second porte-avions. Or un seul porte-avions est une hérésie maritime, dans la mesure où notre force de [...]
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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 16:02
Jamais, dans toute l’histoire de France, un tribunal n’a annulé un mariage au motif que l’épouse n’était pas vierge. Pour la simple raison que le christianisme ne permet pas cette aberration. Certes, préserver sa virginité avant le mariage est une vertu très importante (aussi importante chez l’homme que chez la femme, d’ailleurs!) mais c’est une vertu [...] voir suite sur http://www.ymadeline.fr/la-decadence-de-la-justice/ blogue de Yves Marie ADELINE
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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 11:03

Les Jeux olympiques ont été inventés en Grèce pour servir de parenthèse dans nos querelles politiques et diplomatiques. C’est une extraordinaire invention de la sagesse humaine. Les manifestations hostiles à la tenue des prochains jeux à Pékin traduisent avant tout une méconnaissance de l’esprit de l’olympisme.

Ensuite, les excités que l’on voit perturber le parcours de la flamme ignorent également la mentalité extrême-orientale. Pour un Chinois comme pour un Japonais, il n’y a rien de pire que de perdre la face. Ce n’est donc pas ainsi que l’on favorisera la liberté en Chine, bien au contraire le régime se durcira encore.

Enfin, cette méthode d’immatures est contre-productive: il faut, par le biais de ces athlètes amateurs venus de partout, laisser entrer le monde en Chine, il faut que les Chinois respirent un air différent, de façon à ce que ce bon air leur manque ensuite. La politique de la chaise vide est rarement la bonne, il faut toujours occuper l’espace que l’on peut occuper.   

Yves Marie Adeline sur son nouveaéu blogue: http://www.ymadeline.fr

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 11:55

Je peux comprendre, sentimentalement parlant, que 80% des Français soient favorables à la rétention de sûreté, qui consiste à maintenir en prison un criminel sexuel après avoir effectué sa peine prévue par sa condamnation. Je ne peux que comprendre, sentimentalement parlant, le père d’Anne-Lorraine qui a milité dans le sens de cette Loi Dati. Et naturellement, l’assassin de sa fille ne mérite pas que l’on se réveille la nuit en sueur pour le défendre. J’ai suffisamment exprimé ici ma peine devant cette tragédie pour que l’on ne se méprenne pas sur ce point.
Il n’empêche que cette mesure est un signe parmi d’autres de notre décadence morale collective, car elle va à l’encontre de l’esprit du Droit. Il est aberrant de maintenir en prison un homme sans qu’aucune condamnation judiciaire ne l’ait prévu.
Le vrai problème vient d’abord et avant tout du laxisme des juges, qui ne rendent pas une justice équitable. L’assassin d’Anne-Lorraine, récidiviste, n’avait été condamné que pour deux ans de prison après un viol sous menace d’une arme.
Il vient ensuite de ce que, même si les juges faisaient leur travail en condamnant plus lourdement, l’on croie qu’une condamnation à la prison puisse dissuader un criminel sexuel de récidiver. Or ce genre de criminel est pulsionnel, il n’a rien à voir avec un criminel ordinaire.
Je repose donc l’alternative, qui a déjà choqué beaucoup de mes visiteurs. Soit on le condamne à mort, en vertu du fait que, depuis les hauteurs d’une cité, il est des règles générales qui doivent souffrir des exceptions. Soit on le condamne à la prison perpétuelle, une peine d’ailleurs peut-être plus cruelle, s’il faut en croire les condamnés concernés, et si l’on en juge par l’état dans lequel ils en sortent. Car ils en sortent, de toutes façons, puisque cette peine est intenable des deux côtés.
Mais en tout état de cause, c’est notre carence judiciaire qui désormais nous conduit à porter atteinte aux principes fondateurs du Droit. C’est pourquoi je ne peux me satisfaire de cette idée décadente de “peine de sûreté”, qui n’est qu’un pansement sur une jambe de bois, et de surcroît une mesure “illégale” au sens idéal de la loi.

Yves Marie Adeline Président de l'Alliance Royale  sur le site http://www.pourleroi.fr/

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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 21:33

La dignité de la fonction présidentielle a disparu, aussi bien dans l’esprit du chef de majorité actuellement au pouvoir, que de la part de certains d’entre nous parmi le peuple français, qui se comportent de façon indigne à l’égard d’un chef élu.
En quelque façon, je me réjouis de ce que la comédie du “président au-dessus de tous les Français” cesse enfin, quitte à ce que cela se fasse au prix de ce genre d’incident au Salon de l’agriculture. Ce qui pouvait convenir à De Gaulle, en tant qu’homme préalablement saisi par l’histoire avant d’être appelé au pouvoir en 1958 (parce qu’en république le salut n’est jamais endogène, mais exogène) ne pouvait pas durer indéfiniment. Les présidents suivants ne pouvaient être que des chefs d’un parti (au sens politique premier) et non point des personnalités authentiquement arbitrales dont la fonction est de servir de clé de voûte de nos institutions.
Nous avons donc un chef de majorité comme un Zapaterro en Espagne ou un Brown au Royaume-Uni, mais il nous faut un chef d’Etat pour régner, et un seul exécutif pour gouverner. Si notre avenir est républicain, il faudra supprimer la fonction de premier ministre; si notre avenir est royal -ce qu’à Dieu plaise- il faudra supprimer la fonction de président.

Yves Marie ADELINE sur http://www.pourleroi.fr/

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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 14:45
L’indépendance du Kosovo est là pour nous rappeler que la terre est aux vivants, pas aux morts. En vertu de cette loi d’airain de l’histoire qui régit l’humanité depuis l’aube des temps, le Kosovo, occupé à 90% d’Albanais, est donc albanais. Les Serbes invoquent leur mémoire de cette terre, mais pour qu’une telle mémoire ait un sens, il faut des hommes vivants et présents pour la lui donner. Sinon elle se perd dans l’oubli. Rares sont les nations, comme les Ethiopiens ou..... lire  Serbie, une expiation?

ainsi que la dernière petite anecdote de campagne de Yves Marie Adeline sur : Du lepénisme inversé


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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 12:04
Rappelons au président de la République que ce qui importe à l’école primaire, ce n’est pas de faire entrer des cauchemars dans l’esprit fragile de nos enfants, c’est que l’Education nationale s’y révèle enfin capable de leur enseigner les 3 savoirs fondamentaux: lire, écrire et compter.
Rappelons au président de la République que le naufrage de l’Education nationale est la première cause du chômage en France.
Rappelons au président de la République que, puisque ni l’école primaire, ni l’école secondaire, ni l’université ne faisant leur travail malgré une ligne budgétaire placée au premier rang des dépenses de l’Etat, les écoles supérieures.......lire la suite avec les commentaires qui montrent le "raz le bol" sur: http://www.pourleroi.fr/2008/02/18/rappel-au-president-de-la-republique/
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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 11:23
La décision présidentielle, visant à contraindre dès la prochaine rentrée scolaire les enfants des écoles primaires à “parrainer la mémoire” -personnelle et clairement identifiée- d’un enfant juif victime de l’occupation nazie de la France, appelle de ma part un commentaire de père de famille.
Tout enfant a droit à l’innocence, à la quiétude, à l’irréalisme et à l’irresponsabilité. Traiter des enfants comme des adultes est une forme sournoise de violence morale qui ne peut honorer aucune victime du temps jadis. La génération du baby-boom, parvenue désormais aux commandes de nos sociétés occidentales, est décidément affectée du syndrome de Peter Pan et ne parvient toujours pas à respecter la distance nécessaire entre l’enfant et l’adulte. L’enfance est un sanctuaire qui doit être préservé.

Yv'es Marie ADELINE sur son Blogue http://www.pourleroi.fr/
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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 11:20
Pour la République, qui est depuis toujours une confiscation de la démocratie par une oligarchie, le rêve serait de pouvoir changer de peuple selon les besoins. On le voit encore dans sa ratification par voie parlementaire du Traité européen, sans aucun respect pour le parallélisme des formes puisque ce projet avait été explicitement repoussé par referendum il y a deux ans et demi. Le simple respect du citoyen eût exigé qu’on le consultât à nouveau, quitte à espérer qu’il ait changé d’avis. 

Dans La Traversée de Paris, on entendait Jean Gabin crier: “salauds de pauvres!”; aujourd’hui, on croit entendre nos parlementaires adopter la constitution en crachant: “salaud de peuple!”

Yves Marie Adeline sur http://www.pourleroi.fr/
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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 12:06
Clio, le site d’histoire sur le net, a refusé un article sur mon Histoire mondiale des idées politiques qu’un de ses collaborateurs avait rédigé. Motif? Ma participation à la candidature pour la présidentielle de l’année dernière. C’est vraiment hallucinant, et après cela on donne des leçons de liberté aux autres pays??

Yves Marie Adeline sur son blogue http://www.pourleroi.fr/
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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 11:30
Il m’est arrivé une histoire bien déplaisante. Le cycle ibéro-américain de Sciences-po Paris, basé à Poitiers, m’avait confié une conférence de méthode pour la période de mars à juin. En apprenant cela, quelques étudiants sud-américains d’extrême-gauche (là-bas le communisme c’est Chavez, Castro, les Farc, le Sentier lumineux etc.) ont exigé que le contrat soit rompu. La Direction s’est inclinée, au motif que je me présente aux élections comme royaliste ! Il est vrai, messieurs les censeurs totalitaires, que, ainsi que vous l’avez lu souvent ici, je préfèrerai toujours Juan Carlos à Chavez.
Ce qui m’inquiète le plus est de constater qu’en France des espaces comme celui-là se soient fermés à la liberté. Que faire ?
Yves Marie Adeline sur son site http://www.pourleroi.fr/
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 15:07
N’ayons pas peur de le dire, le maintien des 35 heures est une reculade et c’est dommage. Le Gouvernement nous dit: “Nous maintenons une durée légale du temps de travail”. Mais ce n’est pas ce principe d’une durée légale qu’il s’agissait de remettre en cause! Ce que le bon sens exige, dans le contexte actuel de mondialisation de l’économie où la France dérape, c’est que cette durée légale soit revue à la hausse. 35 heures! Ce n’était pas raisonnable hier, est-ce raisonnable aujourd’hui? L’esprit réformiste aurait-il abandonné M. Sarkozy ?
sur le blogue de Yves Marie ADELINE http://www.pourleroi.fr/
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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 13:37
Il y a en France 500.000 emplois vacants, et quelle solution M. Attali a-t-il trouvée? Elargir encore les vannes de l’immigration.
Or, d’une façon générale, l’immigration n’est pas une immigration de travailleurs, mais d’allocataires. Donc on ne voit pas comment ces 500.000 emplois seraient occupés par des immigrés qui fuient la misère sans nécessairement savoir exercer un métier.
Le véritable problème, qui décidément ne semble préoccuper que moi, c’est le naufrage de l’Education nationale, incapable d’apprendre un métier à nos jeunes. Si l’on commençait par apprendre quelque chose à nos jeunes, on pourrait déjà espérer répondre à l’offre d’emplois inoccupés. Mais la naufrage de l’Education nationale est un sujet tabou, parce que sa fonction est essentiellement politique: nos écoles sont avant tout des centres d’éducation républicaine, autrement dit de propagande. D’où ce décalage avec l’économie, qui appartient au monde réel.
paru sur http://www.pourleroi.fr/
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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 15:19
Le projet de loi Dati peut être qualifié de “dérive” au sens où en bon droit l’on ne peut enfermer des gens sans sanction judiciaire préalable; mais cette dérive est la conséquence d’une première dérive, celle de la magistrature qui fait preuve de laxisme vis-àvis des criminels. La Révolution avait imposé aux magistrats le principe du syllogisme juridique, pour les empêcher de juger librement: voler un pain est un délit passible de…, or Jean Valjean a volé un pain, donc Jean Valjean......lire:  ... http://www.pourleroi.fr/2008/01/08/projet-dati-la-crise-de-la-justice/
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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 12:22
Et maintenant Chavez voudrait se faire passer pour un descendant, donc un héritier, de Montezuma!
Je crains de devoir informer le président vénézuélien que la descendance de Montezuma est parfaitement connue, et que d’ailleurs, à côté de sa desendance espagnole, d’illustres familles françaises portent son sang, comme l’actuelle duchesse d’Angoulême, ou le duc de Bauffremont etc.
Cela dit, il n’y a rien d’étonnant à   .... lire la suite sur: http://www.pourleroi.fr/2008/01/04/chavez-emplume/
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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 16:35
la fête de la Nativité et les réunions familiales qui en découlent ont interrompues momentanément les publications sur le présent site, cependant un retour momentané de la rédaction permet de relayer les 2 derniers éditoriaux du Président de l'Alliance Royale, Yves Marie ADELINE sur son blogue aux adresses http://www.pourleroi.fr/2007/12/25/joyeux-noel-2/ et    http://www.pourleroi.fr/2007/12/27/les-intellectuels-catholiques/.
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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 15:16

Je me réjouis de ce que M. Sarkozy envisage une laïcité positive pour l’Etat, autrement dit une laïcité qui se rapproche de ce qu’elle avait toujours été depuis Clovis. Le royaume de France n’est pas une théocratie mais une royauté davidique, où les deux autorités spirituelle et temporelle se respectent et se reconnaissent mutuellement. C’est seulement de cette manière que le politique ne fait pas le sorcier à l’Assemblée (en décidant par exemple de bouleverser la morale naturelle) et que de son côté le prêtre ne se mêle pas des affaires de saint Louis.
La nature a horreur du vide: un Etat sans Dieu est un Etat qui inévitablement se prend pour Dieu. C’est l’un des problèmes que pose notre République

sur http://www.pourleroi.fr/

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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 16:41

L’affaire du procureur Blais muté sur décision gouvernementale montre bien la nécessité de rendre la justice indépendante grâce à l’institution royale. Si l’on retire la magistrature des mains gouvernementales, on peut la confier en toute indépendance au roi assité du Conseil de la Magistrature, puisque que les deux fonctions sont séparées, entre un roi qui règne et un premier ministre, chef de majorité, qui gouverne.
Il y a bien un autre système, à l’américaine, mais que je n’approuve pas: élire le juge, mais on sait bien que, comme toujours avec les élections, ce sont les riches qui peuvent se faire élire; donc on verrait la bourgeoisie accaparer le pouvoir judiciaire. Avec la royauté, on peut conserver le système actuel de recrutement tout en créant un espace politique à trois dimensions qui permet l’indépendance de ce corps.

sur le blog de Yves Marie ADELINE http://www.pourleroi.fr/

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