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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 19:09
 

Bruno Castanier (2)Intervention de Bruno Castanier, de l’Alliance Royale, au colloque de l’Action Française du 9 mai 2015

La réflexion dans ce domaine est comme d’habitude tiraillée entre deux bords opposés : d’un côté une idéologie européiste ou mondialiste qui prône l’abandon de toute indépendance militaire au profit d’organismes supranationaux, et de l’autre, une réaction épidermique qui rejette toute intégration militaire internationale comme portant atteinte à notre souveraineté. Dans une perspective capétienne, faite de réalisme et de mesure, il faut pas se laisser enfermer dans cette dialectique, mais au contraire considérer en même temps d’une part, le principe inaliénable de souveraineté, dont l’armée reste le principal attribut, et, d’autre part, le principe de réalité dans un contexte mondialisé où la France n’occupe plus la première place. Si bien que, paradoxalement, pour garantir sa souveraineté, la France est obligée de consentir par réalisme des « interdépendances » militaires. C’est ce que je souhaite développer ici.

Pour les mondialistes, il n’y a pas de doute : l’indépendance militaire est dépassée. D’après eux, la mondialisation des conflits impose une mondialisation de la réponse militaire. Pourtant l’argument est faible. D’abord parce qu’il n’y a pas de « mondialisation » des conflits. Bien sûr, les conflits sont « mondialisés », c’est-à-dire que leurs enjeux dépassent très largement le cadre des zones de combat. Ce n’est cependant pas nouveau. L’actuelle guerre en Irak et en Syrie n’est pas plus mondialisée que ne l’était la première guerre du Golfe il y a vingt-cinq ans, ou que les conflits de la guerre froide auparavant, et, depuis 1945, la plupart des guerres, qu’elles soient régionales (Corée, Indochine, Proche Orient, etc.) ou civiles (Liban, Yougoslavie, Ukraine, etc.), ne sont finalement que les manifestations violentes de conflits mondiaux non déclarés. On ne peut donc pas dire qu’il y ait une « mondialisation », c’est-à-dire une amplification du caractère mondialisé des conflits. Ensuite, parce qu’une « mondialisation de la réponse militaire » n’a pas de sens dans la mesure où la constitution de forces internationales n’est pas possible. En effet, selon le principe de réalité, la politique internationale n’est rien d’autre qu’une question de rapports de force dans lesquels les Etats, impliqués au premier chef, n’ont d’autre choix que de conserver autant que possible leur liberté d’action, donc leurs moyens militaires. L’ONU elle-même, ne croit pas vraiment à des forces internationales, dont on ne sait trop quel en serait le statut, et préfère compter sur l’OTAN (IFOR en Yougoslavie, ISAF en Afghanistan, etc.) ou sur des coalitions ponctuelles (FINUL au Liban, ONUSOM en Somalie, etc.) pour lui « prêter » des moyens militaires.
En revanche, l’idée d’une armée européenne est soutenue par de nombreux politiciens qui y croient fortement et font ce qu’ils peuvent pour aller dans ce sens. Elle leur permettrait en effet d’asseoir l’Union Européenne en tant qu’Etat souverain, l’armée étant, nous l’avons dit, le principal attribut de la souveraineté. Pour y parvenir, deux méthodes s’offrent à eux. La première consiste à créer des unités multinationales permanentes qui serviraient de souche à la future armée. Mais la brigade franco-allemande, créée en 1989 dans cet esprit, est demeurée très symbolique, et le Corps Européen, créé en 1992, auquel participent cinq pays, n’est qu’un état-major sans troupes. La seconde manière, plus subtile, consiste à se servir de l’OTAN comme cadre d’une coopération étroite entre pays européens, débouchant à terme sur une fusion des forces. C’est l’idée exprimée dans le précédent Livre Blanc, celui de M. Sarkozy, qui voulait faire de l’Europe le second pilier de l’OTAN avec les Etats-Unis, et permettre ainsi d’accélérer la fusion des forces européennes. Le Livre Blanc actuel dit la même chose : selon lui, aucune intervention militaire ne peut être engagée en dehors du cadre de l’Union Européenne ou de l’OTAN. Il y a là, effectivement, un réel danger.
Que faut-il en conclure ? Que la France doive sortir purement et simplement de l’OTAN pour conserver son indépendance et refuser toute coopération militaire européenne ? Pas si facile.

Nous sommes en effet, nous l’avons dit, dans un contexte mondialisé, et si les conflits ne sont le plus souvent que l’éruption locale de rapports de forces planétaires, ils nous concernent toujours plus ou moins directement. Renoncer à y intervenir serait nous mettre hors-jeu. La participation de la France à la gestion des crises internationales est en effet indispensable à la défense de nos intérêts.

Pour clarifier mon propos, prenons quelques exemples. En intégrant des bâtiments de la marine nationale dans la lutte anti-piraterie en Mer Rouge et dans l’Océan Indien, la France participe à la sécurisation des voies maritimes, condition indispensable pour accéder aux ressources minières et pétrolières dans le monde ; si elle ne le faisait pas, elle risquerait d’être exclus du jeu et de subir sans pouvoir réagir la volonté des autres puissances. En intervenant en 1993 en Somalie aux côtés des Etats-Unis, la France a pu empêcher que le conflit ne s’étende à Djibouti où nous avions nos bases à l’époque. Il y a de nombreux exemples de ce type. D’une façon plus générale, les rapports de force dans le monde, avec notamment la réémergence d’un bloc eurasiatique autour de la Russie, sont en pleine mutation : ce n’est pas en s’isolant que la France peut trouver sa place dans la redistribution des cartes. Pensons aussi à l’Afrique, qui non seulement regorge de matières premières, mais est de surcroit un réservoir inépuisable d’émigration vers notre pays, qu’il faut absolument contrôler : nous y tenons un place de choix, mais nous ne la conserverons pas si nous voulons jouer cavalier seul. Par ailleurs, notre pays possède le second espace maritime après les Etats-Unis, et les océans, dont moins de 10% du fond a été exploré, regorgent de ressources minérales et organiques d’une importance évidente pour l’avenir de notre pays. Il est clair que cet espace maritime excitera les convoitises : il n’est pas pensable de le défendre sans une alliance navale avec les Etats-Unis. Enfin, notre statut de puissance nucléaire nous impose une coopération conventionnelle de haut niveau avec les autres puissances du même rang, et notre siège au Conseil de Sécurité des Nations Unis suppose une présence toujours soutenue sur la scène internationale.

Ces ambitions stratégiques sont légitimes, mais nous n’en avons pas les moyens militaires si nous ne coopérons pas. Si nous voulions être réellement et totalement militairement indépendants, et donc avoir la capacité d’agir seul, il faudrait que nos forces armées puisse remplir leurs missions de défense du territoire, d’intervention extérieure ou de sécurisation de nos espaces d’intérêt, dans la durée, c’est-à-dire avec les relèves et la logistique qui s’imposent, quel que soit l’ennemi, sur tous les continents, et sans le concours d’autres puissances militaires. Il leur faudrait des moyens considérables, et ne dépendre en rien de l’étranger : ni pour le transport stratégique, ni pour les moyens de renseignement, la logistique, les appuis aériens, etc. Le principe du sacro-saint « rapport de force » impose en effet que l’on ait réuni, avant de s’engager, des forces suffisantes pour avoir la quasi-certitude d’obtenir l’ascendant sur l’adversaire, et ce dans la durée. C’est atteignable pour des opérations limitées en durée et en intensité, en particulier en Afrique, mais au-delà, c’est impensable. La France n’est qu’une puissance militaire de second rang, c’est-à-dire que nous ne figurons plus aujourd’hui parmi les pays dominants capables d’imposer leur volonté, comme c’était le cas jusqu’au au XIXème siècle. Il est donc inéluctable de coopérer, et donc de se lier militairement à d’autres pays afin de faire valoir nos droits et défendre nos intérêts partout dans le monde, ce qui est apparemment paradoxal.
La question de l’appartenance à l’OTAN peut être réexaminée dans cette perspective. Bien sûr, les derniers événements ont souvent donné l’impression que la France était à la remorque des Etats-Unis, et cette organisation peut inquiéter dans la mesure où beaucoup voient en elle le bras armé de la mondialisation ou l’outil de l’impérialisme américain (ce qui revient à peu près au même). Et les livres blancs successifs ne sont pas là pour nous rassurer. Mais l’Alliance atlantique ne demande pas aux états membres d’abandonner leurs prérogatives régaliennes, en particulier la décision d’engagement de leurs forces. Finalement, l’appartenance à l’OTAN n’est un problème que si nous le voulons bien. Il ne dépend que de nous d’en affirmer le principe et de prendre les précautions nécessaires. Qu’avons-nous à y gagner ? La France a réintégré l’organisation militaire de l’OTAN en 2007, sous la présidence de M. Sarkozy (rappelons qu’elle n’a jamais quitté l’Alliance Atlantique, mais seulement le commandement intégré en 1966). Quelles que soient les mauvaises raisons de cette décision, évoquées plus haut, elle présente tout de même de sérieux avantages : elle a rendu à notre armée de terre (la marine et l’aviation était restées très OTANiennes par nécessité) la capacité d’opérer conjointement avec des unités étrangères (on appelle cela « l’interopérabilité ») et d’entrer en force dans les états-majors interalliés. Doit-on y voir une perte d’indépendance ? Au contraire, cela augmente notre présence là où se prennent les décisions, et notre capacité d’action lorsque nos intérêts vitaux sont en jeu. Si bien que l’on peut considérer que l’appartenance à l’OTA N est aujourd’hui une nécessité, étant sauve, bien entendu, notre souveraineté.

Cependant, il y a une autre question qui mérite d’être soulevée. La participation à des alliances et des coalitions de toute sorte suppose d’être militairement crédible : le Lichtenstein peut bien rejoindre une coalition, il ne pèsera jamais sur les décisions ; la France le peut, si elle est capable d’aligner des moyens militaires de façon significative. Or, la réduction de nos effectifs et la pauvreté des investissements sont inquiétants. Avec moins de 250.000 hommes, dont seulement 100.000 pour l’armée de terre, soumis à une rythme ne permettant plus l’entrainement régulier (l’engagement permanent de 7.000 à 10.000 hommes dans Vigipirate n’arrange rien), avec des matériels vieillissants (le programme Scorpion de modernisation de l’armée de terre va s’échelonner sur plus de 10 ans, le lancement d’un second porte-avion n’est toujours pas décidé, la flotte de transport aérienne n’en finit pas d’attende l’A400M, pour ne citer que ces exemples emblématiques), avec des budgets en constante régression (l’armée est bientôt en cessation de paiement), la France taille depuis longtemps déjà dans le muscle. Et pourtant, les armées ont montré une incroyable capacité d’adaptation en faisant toujours plus avec toujours moins, mais il y a des limites. Compte tenu de nos légitimes ambitions stratégiques, il ne faut pas seulement geler la réduction des effectifs et des budgets, mais inverser la courbe. Il est même urgent d’élargir notre base de recrutement et restaurer notre capacité à lever des troupes. L’armée dite professionnelle est à bout de souffle et le taux de sélection déjà très bas. Rétablir le service militaire tel qu’il était pratiqué avant 1998 est impensable dans le contexte actuel, et ce n’est d’ailleurs pas la meilleure idée, loin de là. L’Alliance Royale propose une solution concrète dans ce domaine, qu’elle appelle « l’armée de volontaires », qui figure dans sa plateforme politique.

Globalement, nous avons globalement la capacité technologique, industrielle et humaine d’avoir une armée solide : reste à s’en donner les moyens. J’insiste donc sur le fait que, tant que nous demeurons une nation souveraine, la décision d’engagement des forces armées restera une prérogative nationale. Pour garantir cette souveraineté, dans le contexte mondialisé que nous connaissons, il est nécessaire de consentir des interdépendances militaires, sous la forme d’alliances, de coalitions, ou de coopérations, dans le domaine opérationnel et industriel. La vraie question n’est donc pas tant le degré de dépendance ou d’indépendance militaire, qui dépendra fondamentalement des circonstances, que la réaffirmation de la souveraineté de notre pays. La république y a renoncé : férocement nationaliste à ses débuts, elle s’est donnée corps et esprit à l’Union Européenne qui n’est qu’une étape dans la décomposition de notre pays : chaque coopération représente alors un danger potentiel de dilution de notre souveraineté : c’est ce qui arrive avec l’Union Européenne. Et si le régime rebascule au contraire dans un nationalisme étroit, comme à ses origines révolutionnaires (scenario tout à fait crédible), alors la France s’enfermera dans ses frontières et perdra sa liberté d’action dans le monde.

Dans une France monarchique, le problème ne se posera pas dans les mêmes termes. Seule la royauté peut incarner notre souveraineté de façon ouverte. Assurée dans ses fondements, une France royale peut ainsi sans risque se tourner vers l’extérieur, pour garantir ses intérêts les plus fondamentaux et accomplir sa mission dans le monde, quitte à consentir les interdépendances dont nous avons parlé, selon une approche « empirique » chère à l’Action Française.

Mais le roi n’est pas seulement le gardien de la souveraineté, il est aussi le chef des armées. Comme le président de la république, me direz-vous. On remarquera d’ailleurs qu’il n‘est pas le chef de la police, ni celui de la douane ou de la Poste. Parce que l’armée n’est pas un simple service de l’Etat, c’est le peuple français en armes. Non pas à la mode révolutionnaire, où le peuple était embrigadé pour servir l’idéologie républicaine et agresser l’Europe, mais de façon plus intime, selon l’adage qui veut que « les hommes libres se défendent eux-mêmes ». Il est donc tout naturel que celui qui détient l’autorité souveraine soit à leur tête. C’est un héritage monarchique. Mais le président de la république n’est pas un souverain, seulement le chef du parti qui a gagné les élections. Le costume est trop grand pour lui. Tandis que, dans la plus grande tradition capétienne, le roi a la stature nécessaire. Indépendant du jeu politique dans sa désignation, il incarne la nation et est, tout naturellement, le chef des armées. Par la simple présence de sa personne, il garantit ainsi de façon inaliénable la pérennité de nos armes.

Mais il faut en plus réintroduire l’armée dans la société. Nous avons parlé de l’armée de volontaires qui possède cette vertu. Nous proposons également la création de régiments de province, héritiers des « Royal Normandie », « Royal Provence », Royal Picardie »… Ancrés dans leur région, ils seront le creuset de l’armée de volontaires et constitueront l’ossature de la défense opérationnelle du territoire. Ces propositions sont également décrites dans notre plateforme politique.

Ainsi, le roi assure par sa personne le principe fondamental de la souveraineté et la pérennité de nos armes. Il réalise également le lien sacré entre le peuple français et son armée. Et s’il doit y avoir une idée d’indépendance militaire dans un contexte mondialisé, finalement, c’est bien de celle-là qu’il s’agit.

L’indépendance militaire dans un contexte mondialisé
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Published by Alliance Royale Nivernais-Berry - dans Géostratégie Défense Nationale
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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 18:37

Comme beaucoup de Français soucieux de la défense du pays, je suis dans l'attente de la prochaine publication du Livre blanc de la défense nationale, qui définira les orientations imprimées à nos armées par le gouvernement. 

On a tout dit sur ce Livre blanc, jusqu'à la mise en cale sèche du Charles De Gaulle, l'arrêt des principales chaînes de production d'armement et la suppression de dizaines de milliers de postes, alors que l'armée de terre est déjà suffisamment réduite pour se réunir dans le Stade de France... 

La publication devrait  intervenir pour le début du mois d'avril, et l'effort demandé aux armées devrait être, finalement, comme promis avant l'été, proportionnel à ceux consentis par les autres corps de l'Etat. On peut, d'ailleurs, en remercier les commissions de défense des assemblées, qui se sont montrées soucieuses du bien de la France, une fois n'est pas coutume. Cependant, ici, l'enjeu n'est pas le même. L'armée française a déjà été sévèrement essorée depuis la chute du Mur de Berlin. Chaque réforme a correspondu à une diminution des effectifs. Elle compte aujourd'hui moins de 230 000 militaires dans les trois armes, contre plus de 500 000 en 1991 dont 300 000 professionnels et 200 000 appelés. Derrière la fonte des effectifs, c'est aussi le recul du matériel disponible qui est en jeu. On assiste à une cannibalisation de certains matériels, par exemple des hélicoptères, dont les pièces sont utilisées pour permettre à d'autres engins du même type de voler, faute de pièces disponibles en suffisamment grand nombre... Enfin, ce qui est en danger, ce sont les missions de la France dans le monde.

Je suis inquiet de constater que.......lire la suite   ....ici.....

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Published by SAR Charles de Bourbon Parme - dans Défense Nationale
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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 19:40

Hier, nous donnions en information la lettre ouverte de Juline Péot au ministre de la Défense, et....ce matin, heureux hasard, nous avons pris connaissance de l'information de la visite de Monsieur le Président de la République Hollande à bord du sous marin nucléaire LE TERRIBLE et sa déclaration qui suivit de "l'attachement de la France à sa force de dissuasion"
Nous ne pouvons qu'y souscrire, bien sur et constatons que confronté à la réalité du Gouvernement de la France et à ses fonctions régaliennes de Chef de l'Etat (il est chef des Armées et de la Politique étrangère), Monsieur Hollande est bien obligé d'aller à l'encontre des "promesses" du candidat Hollande.

Lors des travaux politiques, durant les précédentes universités d'été de l'Alliance Royale; c'est bien le constat que Bruno Castanier avait développé, en indiquant que : "que ce soit la Droite ou la Gauche, la politique étrangère sortait du moule du débat et que le Chef de l'Etat confronté aux dépendances de la France et au contexte international , ne pouvait pas faire varier de façon sensible sa géopolitique internationale".

Yves Marie Adeline, le fondateur de l'Alliance Royale ne disait pas autre chose quand il décrivait ce qu'était la Souveraineté d'un Pays qui doit assurer son indépendance souveraine en tenant compte de son autonomie possible par rapport aux dépendances qu'il a envers ses voisins et par rapport aux politiques sur le long terme.

Cela donne donc encore plus de poids argumentaire à nos groupes royalistes, qui proposent sans se lasser le retour à la Royauté, sachant que le Roi possède de par ses pouvoirs régaliens est chef de la Justice, chef des armées, et conduit avec son ministre d'état la politique étrangère de la France laissant à son peuple par le biais des assemblées nationales et locales le soin de s'occuper de la politique courante du pays.
La politique étrangère de la France requierant elle aussi une vision encore plus forte sur le long terme, elle sera beaucoup plus efficace si le Chef de l'Etat est le Roi, car elle pourra se révéler constante et évolutive de façon harmonieuse en raison de l'absence de cassure due aux élections.

Pour ce qui est de notre force de frappe nucléaire, il serait totalement fou et abhérant de la supprimer, elle est notre bouclier; le vieux proverbe  " il faut montrer sa force pour ne pas avoir à s'en servir" est éternel et a toujours été eficace durant toute l'histoire des civilisations; quand un "pays prédateur" sait qu'il risque d'immenses pertes s'il engage un conflit contre un autre, il y réfléchit à 77 fois 7 fois avant d'attaquer; les prédateurs n'attaquent que les faibles;
Curieusement, c'est bien pendant la guerre froide que le monde occidental fut le plus en paix au 20è siècle.

Quand à nos ROIS DE FRANCE, ils ont toujours pris soin de développer l'armée pour éviter d'avoir à s'en servir, le dernier en date avant la révolution, étant Louis XVI qui reprit la suprématie des mers sur l'Angleterre, Les financiers Anglo-Saxons et Hollandais qui menaient le Monde  au 18è siècle ne lui ont pas pardonné et ont donc sapé son pouvoir par l'intérieur "subventionnant" les révolutionnaires français en secret.

Gardons notre puissance de feu nucléaire pour avoir au moins la paix avec les autres puissances et ne nous laissons pas submerger par les émeutes attisées dans nos villes; c'est sur ce chapitre que le gouvernement de Monsieur Hollande doit le plus agir; retrouver la Sécurité Intérieure de la France.

Chantal Sainsere de Thoury

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Published by Chantal Sainsère de Thoury - dans Défense Nationale
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 16:24



          On pourrait légitiment ce demander pourquoi la décision française de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN a suscité tant de remous. Ne s’agit-il pas de l’aboutissement d’un long processus ? 

           La France n’a jamais quitté ni l’Alliance atlantique ni le dispositif militaire de l’OTAN en Europe. La disparition du Pacte de Varsovie n’a rien remis en cause. Au contraire, après la première guerre du Golfe,

            la France est revenue siéger au Comité militaire. Contributeur financier majeur de l’OTAN, elle est présente dans les principaux organes de l’Alliance. La coopération avec nos alliés, qui n’a jamais cessé dans la marine et l’armée de l’air, s’est fortement accélérée devant la nécessité, douloureusement ressentie par l’armée de terre en Afghanistan, de sortir de son cloisonnement opérationnel. Avant même le vote du 17 mars, le retour dans l’organisation militaire était bien consommé.


Les procédures OTAN sont aujourd’hui largement appliquées dans les armées, l’anglais est généralisé et les états-majors de l’Alliance atlantique comptent déjà dans leurs rangs de nombreux officiers français.

Ainsi donc, les députés et les partis politiques se seraient réveillés un beau matin en réalisant avec stupeur que nous étions revenus dans l’OTAN, trahissant ainsi l’héritage du Président De Gaulle ? N’ont-ils pas vu que les efforts consentis par les forces françaises conduiraient naturellement à un retour dans le commandement intégré ? La commission parlementaire pour la défense n’a-t-elle rien vu ? Les ministres de la défense de différends bords ont-ils oublié d’en parler à leur secrétaire général ?

On peut parier sur leur naïveté, ce serait abuser. Disons plutôt qu’il existe des stratégies de partis qui consistent à déstabiliser l’adversaire à l’occasion d’un événement symbolique, en l’occurrence le vote du 17 mars. L’UMP propose majoritairement la réintégration, alors les Socialistes brandissent à la face des premiers leur trahison contre l’esprit de De Gaulle. En 1966, c’était exactement l’inverse.
           Nous sommes habitués à ces votes de partis qui polarisent et stérilisent tous les débats. L’intégration dans l’OTAN en mérite pourtant un, qui ne doit pas se réduire au pragmatisme militaire. D’autant que dans chaque famille politique, y compris parmi les royalistes, on pourra trouver des partisans et des adversaires. Car la question n’est pas simple. Au niveau stratégique, l’OTAN est un moyen pour les Américains de faire peser les décisions dans le sens de leurs intérêts. Mais les pays membres gardent en tout état de cause leur autonomie, y compris et surtout dans l’engagement des troupes : l’Allemagne, pilier de l’Alliance Atlantique, n’a pas pour autant suivi les Etats-Unis en Irak. Pourtant, on peut effectivement redouter que la France se laisse entraîner plus facilement et malgré elle dans des aventures qui ne sont pas les siennes si elle est structurellement liée à l’OTAN. A ce danger correspond un avantage potentiel : l’intégration dans l’OTAN peut permettre de peser plus efficacement sur les décisions américaines, au minimum de les accompagner lorsque nos intérêts sont en jeu. Il n’est pas certain qu’une France isolée soit capable de faire entendre sa voix.

             D’un point de vue géopolitique, la situation également très contrastée. Les arguments qui laissent entendre que l’OTAN devient un monstre qui risque de déstabiliser le monde ne sont pas anodins. Les Russes, en particulier, se sentent menacés, étranglés, et l’adhésion en chaîne de leurs anciens satellites comme la Géorgie ou l’Ukraine pourrait les pousser à des réactions violentes. Mais la Pax Americana offre aussi quelques vertus. Bien sûr, la France pourrait tenir un rôle de troisième voie, mais nul ne peut en estimer la portée. Et puis, en politique étrangère, tout est affaire de négociation : le renforcement de la présence française dans l’Alliance atlantique peut se monnayer contre d’autres avantages stratégiques : accès au ressources rares, sécurisation de nos intérêts commerciaux, coopérations industrielles, etc. Qu’en est-il alors de nos liens traditionnels avec la Russie ?

              On peut donc effectivement convenir qu’il y a un vrai débat possible et que tout n’est ni noir ni blanc. Et nous invitons le lecteur à le reconnaître, quel que soit son avis, avant d’aller plus loin.

              Car notre propos n’est pas de trancher définitivement sur la question mais de poser un constat : si la question de la souveraineté française agite les esprits quand il s’agit de l’OTAN, elle est tout simplement absente du débat dès que l’on parle de l’Union Européenne.

              Pourquoi ? Parce que, paradoxalement, le vrai clivage entre partis au pouvoir ne porte pas sur la souveraineté française mais sur la façon de construire l’Europe.

              Rappelons-nous. En novembre 1997, le Président Sarkozy a clairement affirmé lors de son discours à Washington que le retour de la France était « conditionné par la reconnaissance par les Etats-Unis de l’Europe de la Défense, pilier indispensable à la stabilité de l’OTAN ». « Plus l’Europe de la défense sera aboutie, dit-il, plus la France sera résolue à prendre toute sa place dans l’OTAN ». Pierre Lellouche, député UMP et spécialiste de l’OTAN, a déclaré récemment qu’il faut « convaincre nos amis européens que notre quête inlassable d’une Europe de défense est complémentaire des intérêts de l’Alliance ». En 1997, Paul Quilès, ancien ministre de la Défense, répondait que M. Sarkozy commettait une « erreur politique (...) comme si nous avions besoin (des Américains) pour décider de l’avenir de ce qui deviendra un des piliers de l’Europe politique ». Et Laurent Fabius d’ajouter que « le retour complet à l’Alliance atlantique risquait de « tuer » la défense européenne ».

               Il est vrai que l’Europe de la défense a beaucoup de mal à exister. L’industrie de défense n’en finit pas d’accoucher. L’OCCAR, chargé des acquisitions militaires, est embryonnaire. Les unités et les états-majors européens sont « en papier », selon le mot de M. Sarkozy. Les opérations sous tutelle de l’Union Européenne en Bosnie, dans l’Océan indien ou au Tchad ne contestent pas, loin s’en faut, la suprématie de l’OTAN, consacrée en Afghanistan. D’où la crainte, d’un côté, que l’OTAN ne détourne les énergies de la construction européenne et finisse de l’étouffer et l’idée, d’un autre côté, de se servir de l’OTAN pour structurer l’Union Européenne, pour donner à ses membres un référentiel commun et pour résoudre la question de la cohabitation entre ces deux organisations.

                Déjà, le Livre Blanc pour la Défense et la Sécurité reste incompréhensible quant aux rôles respectifs de l’OTAN et de l’Europe, mais il s’éclaire quand on le lit dans cette perspective : l’Alliance atlantique devient une organisation au sein de laquelle sont appelés à coopérer les Etats-Unis et l’Union Européenne.

                Nous avons donc affaire à deux approches de la construction européenne : l’une, défendue principalement par l’UMP, et l’autre essentiellement soutenue par le PS.

                Si bien que le débat sur la souveraineté française s’en trouve irrémédiablement faussé, parce qu’un des éléments essentiels n’y figurent pas : la souveraineté française vis-à-vis de l’Europe. Même si chacun des deux bords clame haut et fort son attachement à l’indépendance nationale, leurs regards sont tournés vers l’Europe. Or l’Union Européenne, dans sa nature même, est contradictoire avec le principe de souveraineté. Comment peut-on parler de défendre les intérêts de la France en entrant dans l’OTAN, ou au contraire en en sortant, quand l’intention véritable est de construire « l’Europe de la défense, pilier de l’Union Européenne », selon les mots de M. Quilès ?

                L’OTAN est une organisation militaire et une alliance de défense collective et de gestion des crises. Elle peut effectivement être détournée par les Etats-Unis pour assurer leur hégémonie militaire, économique et même culturelle, et il convient de s’en méfier. Mais l’intention de l’Europe de la défense est radicalement différente : il s’agit moins d’assurer la coordination des troupes des pays européens que de donner à l’Union Européenne la décision militaire, c’est-à-dire, en clair, de faire de l’Union Européenne un Etat souverain. Il faut donc reconsidérer la question de la souveraineté française dans une perspective plus large, incluant l’Europe.

               L’Alliance Royale est assez claire sur ce sujet dans sa plate-forme européenne. Il est possible et même souhaitable de construire des coopérations en Europe. En particulier, la coordination de la sécurité du territoire et celle de nos frontières terrestres et maritimes peuvent être confiées à des organismes européens. Mais la décision de l’engagement militaire reste du ressort exclusif de la France et aucune armée européenne ne saurait exister.

              Par ailleurs, l’OTAN est, aujourd’hui en tous cas, la seule organisation militaire capable, au niveau opératif, d’assurer la coordination des moyens. Elle est également capable de gérer plus ou moins efficacement des crises moyennes, sous réserve que les Etats-Unis admettent la nécessiter de ne pas vouloir tout contrôler. La réaffirmation de la souveraineté française, en tant que peuple, est un préalable indispensable et une condition permanente de sa participation à l’OTAN. Si la France doit rester dans le commandement militaire, ou en sortir, c’est en son nom seul, et librement, qu’elle doit le faire, et certainement pas dans le cadre de l’Union Européenne.

             Malheureusement, dans une République comme la nôtre, il n’y a aucun frein à l’ambition des hommes et aux manoeuvres des partis. L’Europe est un beau terrain de jeu et les places à prendre y sont alléchantes. La classe politique et l’élite économique, attirées par le scintillement doré des douze étoiles, bradent sans scrupules la souveraineté française au profit d’avantages plus personnels. C’est pourquoi nous avons besoin d’un arbitre, un chef de l’Etat qui incarne de la façon la plus claire la souveraineté française. D’évidence, il ne doit pas être issu d’un parti politique.

             Deux beaux rayons de soleil cependant éclairent notre coeur. D’une part, si les politiciens, lors des débats parlementaires du 17 mars, ont senti le besoin de mettre en avant l’indépendance nationale, c’est que le thème est encore porteur dans l’opinion française. C’est très rassurant. Et d’autre part, les monarchies européennes, qui sont comme chacun sait nombreuses en Europe, n’accepteront jamais de lâcher leur souveraineté : il faudrait être républicain pour avoir ces idées là !

Bruno Castanier

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Published by Bruno Castanier - dans Défense Nationale
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La plateforme politique de l'ALLIANCE ROYALE, est proposée à tous nos compatriotes par tous les candidats investis par celle-ci, et chacun des candidats dans ses compétences propres a aussi à proposer des changements ou aménagements de loi au gouvernement pour le BIEN COMMUN de tous,

En ce qui concerne le travail et propositions politiques de Chantal Sainsère de Thoury selon ses compétences et talents, elle les présente et defend sur le blogue

 

 

Les Rois ont fait la France

elle se défait sans ses rois