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TROISIEME PARTIE

 

VOUS SEREZ COMME DES DIEUX

 

 

Après Rousseau, il n’y a plus grand chose à ajouter. Kant donnera un fondement métaphysique, Hegel fera du libéralisme la religion du progrès, Freud transportera en psychologie le mythe du bon sauvage et de la société corruptrice des pulsions naturelles, Durkheim inventera la sociologie libérale où on renonce à tout jugement de valeur sur les sociétés étudiées, Darwin transposera le mythe hégélien du progrès en paléontologie. Marcuse inventera une synthèse de Marx et Freud dont l’influence sur les radicaux américains et les gauchistes français est immense.

 

L’apport de Marx[1] est connu : une interprétation « mécanique » de la dialectique de Hegel, une « echnique d’action », la découverte d’un peuple élu, véhicule du messianisme socialiste. Mais les craquements qui font aujourd’hui frémir l’édifice social des vieilles sociétés chrétiennes ont pour origine deux hommes qui ont certainement la stature de Luther et Rousseau : Freud et Marcuse. La révolution Marcusienne est en marche, elle n’a pas atteint encore sa phase violente mais il est sur que cette phase viendra. Et elle sera pire que les précédentes.

Résumé du chapitre prochain

 

1.      Freud (1856–1939)

 

Dans la société libérale, la manière de vivre amène inconsciemment à trouver vraisemblables des idées sans conformité avec le réel mais dont la « structure logique » est conforme au mode d’exister  prescrit par la loi. Les idées de Freud sont un bel exemple, le plus célèbre peut-être, quoi qu’il ne soit pas unique.

 

Pour lui, le psychisme humain comprend trois couches : le « ça »,la couche primitive pure, mue uniquement par le principe de plaisir, hors de toute notion de temps ou de logique et qui ne connaît ni bien ni mal, ni morale, ni sacrifice. C’est le « bon sauvage » de Rousseau. Au-dessus, sous l’influence du monde extérieur, se superpose une couche dérivée : le « Moi », qui  impose au « ça » une morale logique, la contrainte de la raison. Par exemple de lier l’acte conjugal à sa fin logique de reproduction, réprimant le pauvre « ça » qui voudrait le plaisir sans contrainte. Ce « moi » répressif mais inévitable correspond a&u « contrat social » : contrainte inévitable mais utile. Le « moi » logique étend l’éventail d’activités donc de plaisirs, seulement il a un côté répressif par la contrainte logique qu’il impose. Le rôle du psychanalyste sera d’établir une déclaration des droits de l’inconscient ainsi la tension ne sera pas trop forte et n’engendrera pas de névroses.

 

Vient enfin le « sur-moi ». Dernière couche psychique due à la religion, à la mode, aux « tabous » sociaux qui engendre un surcroît de contraintes qui ne produisent aucun plaisir, (l’image de marque, l’honneur, la religion, la culture, la réussite, la mode, la patrie, l’esprit de famille)… »le bonheur, dit Freud, n’appartient pas au monde des valeurs culturelles ». il entend par bonheur le plaisir sans limite. Il compare les normes morales élaborées dans cette partie supérieure du psychisme, aux produits de décomposition élaborés par la cellule et qui deviennent ensuite la cause de sa mort.. Freud a donc des idées sur la société : il faut briser ses contraintes mortelles, surtout les contraintes religieuses et morales. Il faut dissocier l’alliance du moi uni au sur moi qui répriment férocement les pulsions du « ça » en multipliant les tabous, jusqu’à la névrose.  Le sur-moi de Freud fonctionne logiquement comme le despotisme dans Rousseau et Locke : un pouvoir politique qui se donnerait une autre fin que l’enrichissement : par exemple la gloire de Dieu ou le perfectionnement moral des citoyens.

 

Toute cette interprétation du fonctionnement psychique est arbitraire. Il a été prouvé que plusieurs cures miraculeuses que le psychanalyste revendique dans ses ouvrages sont imaginaires. Ses affirmations sociologiques dans « Totem et Tabou » se sont avérées n’être rien d’autres qu’une mauvaise compréhension d’ouvrages de seconde main et rien de semblable n’a pu être observé par les Ethnologues sur le terrain [2] . Il reste que l’importance de Freud dans l’entreprise satanique de décomposition de l’homme est sans doute aussi grande que celle de Luther. Comme lui, Freud est un anormal mental. L’analyse de ses modes d’association des idées est caractéristique de l’état de régression infantile où les mécanismes logiques fonctionnent encore mais où la perception de la réalité s’évanouit au profit du rêve et où, l’affectivité est incapable de se fixer durablement. Cet état est souvent observé dans les structures sociales primitives où l’environnement social ne permet pas le développement normal du psychisme adulte. Cette dégénérescence s’observe aussi chez les drogués. Or, Freud fut toute sa vie un cocaïnomane. Les biographes du grand homme relèvent parfois avec gêne des phobies (par exemple la peur des trains) qui ont hanté Freud depuis sa petite  enfance  et sont un indice  de profond déséquilibre psychique. Il semblerait qu’en écrivant, il ait satisfait un sourd désir de vengeance envers les gens normaux. Sur le navire qui le conduisait à New-York, il confia soudain à son compagnon et disciple, Young : « ils ne savent pas que nous leur apportons la peste ».

 

On retrouve dans son cas deux ingrédients qui ont fait l’efficacité de la bombe Luther.

 

D’une part, son comportement pathologique : refus de discuter sur la réalité des faits, affirmations massives violentes qui protègent une anxiété profonde, réaction à toute critique comme à une agression : « si vous raisonnez comme cela, c’est à cause de votre sexualité refoulée ».

 

D’autre part las circonstances : Dans la société puritaine américaine où règne à la fois le culte de la liberté et une écrasante contrainte sociale non écrite, même entre époux, les théories de Freud vont être ressenties comme une libération : la psychanalyse vient offrir un confessionnal sans humiliation et elle vient introduire la liberté sexuelle dans les valeurs respectables !

 

Enfin le mode de raisonnement Freudien « colle » au mode de raisonnement libéral. Lles  idées de Freud sur la société qui paraissent au grand jour dans son ouvrage « le malaise de la civilisation » sont exactement celles des jacobins de la révolution française et plus tard des bolcheviks. Il y a le ou les despotes (ou bien les capitalistes) qui écrasent le peuple en lui confisquant son travail et sa liberté qui jouent dans la société la fonction du sur-moi  et imposent les tabous générateurs de névroses et puis, le peuple qui aspire secrètement à l’état de bon sauvage (ou de société sans classes) comme le ça aspire secrètement au plaisir sans limite. Le psychanalyste fait  « sauter les blocages » comme le révolutionnaire fait « sauter » les structures oppressives et aliénantes. Dans les deux cas, l’ennemi suprême est la religion.

 

Les meilleures impostures sont celles qui collent de plus près à la vérité. Il est vrai que la partie organique du psychisme humain se développe par étapes. Les appellations de ça et sur-moi sont arbitraires mais correspondent à une réalité psychologique. Les transitions se font aux environs de 4 ans, 7 ans, 17 ans ; or, l’homme n’atteint pas son achèvement en essayant de détruire la partie la plus élaborée de son psychisme mais au contraire, en en favorisant volontairement le développement harmonieux. La dernière couche est celle qui dépend le plus de la société pour son achèvement et un home atteint sa plénitude dans « la cité ». on mesure la valeur d’une civilisation à sa capacité à rendre possible le type humain idéal. Mais il n’est pas vrai que l’idéal humain soit cette forme primitive de psychisme élémentaire du petit enfant qui n’est mû que par ses perceptions immédiates et a à peine conscience de soi-même comme individualité.

 

 

 

 

 

 

Marcuse (1898–1979) ou la société de désaliénation obligatoire.

 

Il est clair que des intellectuels séduits par le marxisme ne pouvaient qu’être attirés par ce nouveau moyen d’action qui leur offre la perspective de « manipuler » les mentalités de l’intérieur, en apprenant à utiliser l’ordinateur humain. Marx- Lénine donnaient un « praxis » pour agir sur les leviers de la machine sociale. Entre les deux guerres, un groupe de psychosociologues qu’on appela ensuite l’école de Frankfort, entreprit la synthèse des deux courants. La guerre les mit en selle car ils furent utilisés tant du côté américain qu’anglais. Le plus célèbre d’entre eux est Marcuse. Mais l’influence la plus profonde est due sans doute aux besogneux obscurs qui mirent au point les techniques de persuasion clandestines qu’ils expérimentèrent en publicité, dans les entreprises sous la forme de « stages de relations humaines » et sans doute aussi au sein des services secrets américains. Cependant c’est la théorie de Marcuse qui connaîtra le plus grand pouvoir de séduction sur les milieux intellectuels. Son premier ouvrage original « Eros and Civilisation » est de 1954 ; il plus de 50 ans. Le contenu se résume à ceci :  la révolte de la liberté contre la réalité. Il n’y a rien de bien nouveau par rapport à Rousseau mais la défroque politico-psy fait très sérieux. Il s’agit toujours de faire la révolution pour parvenir à « l’homme vertueux » selon Rousseau, celui qu’aucune barrière morale n’aliène et qui ne réprime aucun de ses instincts, lesquels, bien sur sont fondamentalement bons. En vocabulaire Marcusien, cela donne :

 

Les souffrances et les maladies mentales sont le prix inévitable payé  par toute civilisation parce que    les contraintes naturelles nécessaires à la survie, (la répression) et les contraintes sociales nécessaires à la production (la sur répression)exercent leur poids sur l’inconscient. Dans la sur répression, on relève principalement la hiérarchisation de la société qui organise le travail au profit des privilégiés, lui ôtant son caractère ludique ; la morale conjugale qui empêche que le corps tout entier soit objet et instrument de jouissance ; l’emprise de la raison dans les relations sociales qui empêche ces relations d’avoir un caractère de « libido » : l’emprise de la science qui réprime l’imaginaire ; surtout enfin celle de la religion. Or, selon Marcuse, le développement économique et technique va enfin permettre le paradis sans classes et sans névroses, dans la liberté absolue et le pan-sexualisme.

 

L’automatisation assurant la production des biens matériels, la loi devra peser pour faire sauter les verrous répressifs qui servent d’infrastructures au sur-moi. En même temps on favorisera la libération des instincts pour « réactiver des phases antérieures de la libido(…) La régression impliquée dans un tel développement se manifesterait d’abord par une activation de toutes les zones érotiques et par la renaissance de la sexualité polymorphe prégénitale (…) Cette transformation conduira à la désintégration des institutions qui servaient de cadre aux relations interpersonnelles et, particulièrement de la famille monogamique patriarcale »[3] . La raison, arme du « moi », sera détrônée au profit de l’imaginaire (Rousseau l’avait déjà dit dans l’Emile, sans voir toutes les conséquences). L’imaginaire ouvrira la voie vers une nouvelle réalité où l’impossible sera possible. La raison sera confinée au service de l’érotisme, « le travail devra être associé à la réactivation de l’érotise pré-génital » et deviendra une satisfaction en soi, sans perdre son utilité de travail : le travail sera un jeu.

 

« ce sera un renversement du processus de civilisation, une subversion de la culture mais après que la culture aura fait son œuvre et créé une humanité et un monde qui puissent être libres » [4] . Or, où mène ce monde que Marcuse nous brosse à grands traits ? Il ne le cache même pas : « Les images orphiques et narcissiques font exploser la réalité, elles ne déterminent pas un mode de vie, elles sont liées au monde souterrain de la mort.. (…) Si l’objectif fondamental de l’instinct n’est pas la cessation de la vie mas celle de la douleur, l’absence de tension, paradoxalement, le conflit entre la mort et la vie est d’autant plus réduit que la vie approche d’avantage de l’état de satisfaction. (…). Une philosophie qui ne se fait pas l’esclave de la répression répond qu fait de la mort par « le grand refus », le refus d’Orphée, le libérateur. La mort peut devenir le signe de la liberté.(…)Après une vie comblée, les hommes peuvent prendre sur eux de mourir au moment de leur chois ».[5]

 

Le programme de Marcuse est mis en pratique, par étapes mais inéluctablement, avec une intelligence et une persévérance » plus q’humaines : la société permissive où la petite délinquance est dépénalisée, la révolution sexuelle avec avortement et homosexualité pour déraciner le plaisir sexuel de la procréation ; la révolution psychédélique où la drogue sert de bélier chimique pour disloquer les résistances du moi et du surmoi :la révolution surréaliste destinée à faire sauter les structures esthétiques . Ce délire destructeur n’est un secret pour personne. Ces théories sont répétées partout sous une forme simple et les peuples l’acceptent. On l’a vu à la télévision lors des campagnes pour le SIDA. Le fait mérite réflexion : d’où vient ce consensus général qu’on refuse de rompre même en sachant confusément que c’est peut être au prix de la maladie et de la mort.

 



[1]   Pour ne pas allonger, nous ne répèterons pas ici ce qui a été déjà très bien décrit ailleurs : l’ivresse de la révolte sanguinaire dans les premiers poèmes de Marx, son mythe du prolétariat rédempteur, sa paranoïa finale. Voir le grand mensonge des intellectuels par Paul Johnson, Robert Laffont, 1993.

[2] Dr Gauthier, Freud a menti, éd. CEVIC, 1977.

[3] Marcuse, Eros and Civilisation, Boston 1955.

[4] Marcuse, Eros and civilisation, éd. De Minuit, P       ris 1963. le National Educator de décembre 1²990 révèle qu’aux USA plus de 50 000 élèves se sont suicidés depuis 1977, date de l’introduction de « l’éducation de la mort » dans les écoles publiques. Les enfants apprennent à choisir leur méthode de suicide, miment leu futur suicide, rédigent leur épitaphe, écrivent leur dernière lettre à leur famille. Un article d’une revue de l’éducation favorable, le School Consellor explique : « L’éducation à la mort jouera un rôle aussi important que l’éducation sexuelle ».

[5] Voir à ce sujet, l’étude sur la révolution surréaliste, n°20,21,24 du bulletin de la Société Augustin Barruel 62 rue de Sala 69002 Lyon

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