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Autres textes politiques

 ( j ) Les grandes questions politiques: la juste guerre

 

                Une guerre juste requiert trois conditions:

-tout d'abord qu'elle émane de celui à qui sont confié la paix et la sécurité de la cité. Les princes sont responsables de la cité; c'est pourquoi il est le seul à pouvoir déclarer la guerre.

-Une cause juste: Ceux qui sont attaqués doivent le mériter pour les fautes commises.

-Une intention droite: il faut dans tous les cas, promouvoir le bien et éviter le mal. La guerre peut devenir illicite si la volonté de ceux qui la font est perverse.

 

Aux pacifistes qui affirment que "Tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée", Saint Thomas répond que celui qui prend l'épée n'est pas celui qui a la garde de la justice et de la paix. Ne prend l'épée que celui qui a une intention perverse et qui se donne illégalement les moyens de la réaliser. Le défenseur de la cité fait usage de l'arme que les princes lui ont confiée. Il ne commet pas de faute en l'utilisant.

Ceux qui mènent des guerres justes recherchent la paix. La paix est une vertu, et les soldats peuvent la pratiquer, même en temps de guerre. Les pacifiques ne sont pas toujours des pacifistes.

De même, lorsque les évangiles affirment: "Je vous dis de ne pas résister aux méchants", ils nous poussent à supporter la souffrance et ne pas résister. Cependant, quand le bien commun est menacé, il est légitime de résister.

 

 

( k ) La justice

 

                La justice est la disposition constante et permanente de la volonté de rendre à chacun son dû. Elle a le droit pour objet formel et les rapports entre les hommes pour matière.

"Le droit tient à l'adéquation d'une œuvre quelconque à une autre sous un certain mode d'égalité."Il en est ainsi du droit naturel comme du droit positif. Cependant une multitude ou un législateur ne pourront jamais faire en sorte qu'une chose contraire au droit naturel soit juste par la volonté humaine. Le droit positif repose sur le droit naturel.

La justice générale ou légale ordonne les actes des autres vertus au bien commun. Elle est distincte de la justice particulière qui ordonne l'homme en ce qui concerne les biens particuliers d'autrui. La justice particulière se divise en justice commutative, qui s'applique aux échanges mutuels entre les personnes, et la justice distributive qui répartit équitablement, mais non égalitairement, entre les citoyens ce qui est commun.

 

 

( l ) L'obéissance

 

                L'obéissance est une vertu morale faisant partie de la justice. Elle est aussi un devoir correspondant à l'ordre instauré par Dieu. La justice implique que les supérieurs soient obéis, autrement la stabilité des affaires humaines ne pourrait être conservée. Le catholique doit donc obéir aux princes séculiers.

Cependant un homme peut désobéir de deux façons: un autre élément vient l'empêcher d'accomplir physiquement son travail; la fin n'est pas ordonnée à la cause.

Et deux choses peuvent justifier qu'un subordonné désobéisse à son supérieur: tout d'abord si l'ordre va à l'encontre du droit divin; ensuite si l'exécutant reçoit un ordre dans un domaine où il n'est pas soumis. Le subordonné est tenu d'obéir à ses supérieurs dans les limites de leur autorité. A l'extérieur de ce domaine, le subordonné obéit aux hommes, aux lois et surtout à Dieu, car alors tous les hommes sont semblables. La nutrition, la procréation ou le mariage sont ainsi des actes qui ne peuvent dépendre que de ceux qui sont concernés.

Il en découle que les sujets n'ont pas à obéir à un ordre "si ce qu'il commande est injuste, excepté par accident, pour éviter un scandale ou un danger".

De plus, "à l'impossible nul n'est tenu"; si le supérieur donne tellement d'ordre que le subordonné ne peut les réaliser, alors il peut désobéir, il n'est pas coupable.

 

 

 

( m) La sédition

 

                La sédition est le mouvement de révolte qui s'oppose à l'unité et à la paix de la multitude. L'une des parties du tout s'élève contre les autres et compromet gravement le bien commun. La sédition est condamnable lorsqu'elle détruit le bien commun.

 

Le régime tyrannique n'est pas juste, car il s'oppose au bien commun, mais au profit du bien privé du tyran. Pour gouverner, il s'appuie sur la crainte, induisant partout la division et la sédition. La sédition n'est pas alors une faute. La vraie sédition provient du pouvoir qui s'efforce de détruire plus que de conserver.

 

 

( n ) Piété filiale et patriotisme

 

             L'homme est débiteur à divers titres d'autres personnes selon leurs diverses perfections. Il l'est au premier chef envers Dieu, principe de tout être. Il l'est ensuite envers ses parents dont il est né, puis envers la patrie dans laquelle il a été élevé. Aussi l'homme se doit-il à ses consanguins et à ses concitoyens.

Or le dirigeant, dans le sens où il a une finalité plus importante que n'importe quel autre homme, a une dignité supérieure. L'excellence de son état lui procure une reconnaissance supérieure. La supériorité de l'office qu'il occupe oblige ses sujets à une certaine déférence et au respect des ordres qu'il transmet.

 

 

( o ) La peine de mort

 

                Certains n'ont cure des peines infligées par Dieu. Etant attachés aux seuls biens matériels, ils ne se soucient pas du spirituel. Les punitions et les peines humaines rétablissent la justice sur terre. "Personne ne pèche en accomplissant la justice": le châtiment compense la faute et rétablit l'ordre. Les méchants peuvent donc être punis. Il est bon que les méchants soient punis et les bons récompensés. Ceci appartient à des hommes qui ont la responsabilité de la multitude, car, si un homme ne peut juger son semblable, un souverain peut juger ses sujets.

De plus, le Bien n'a aucun besoin du mal. Ce qui sert à la conservation du Bien ne peut alors être mauvais. Châtier les méchants n'est donc pas mauvais en soi.

A cela s'ajoute le fait que le bien commun dépasse de loin le bien particulier. Conserver le bien commun dont dépend la communauté passe donc par le sacrifice du bien particulier de celui qui a violé la loi, et par sa mise à mort si le crime commis est grave. De même que le médecin est parfois obligé de couper un membre gangrené qui pourrait contaminer le corps, le souverain peut exécuter ceux qui portent atteinte à la paix et à l'unité de la communauté. Il est écrit: "Tu ne tueras pas". Mais les commandements sont les conditions sine qua non à l'application de la justice. Il est interdit de tuer par colère ou par envie. Mais la justice, une fois violée, impose d'exécuter les plus grands criminels. Mais il faut le faire avec parcimonie. On ne doit pas prendre le risque d'une erreur, car le bien dépasse le mal et il est préférable de laisser vivre un criminel que d'exécuter un innocent. Quand ils sont trop nombreux, quand ils sont d'apparences vertueuses, le juge risque en effet de condamner des innocents.

De plus, on ne peut exécuter que ceux qui se trouvent être pernicieux pour la communauté et pour le bien commun, ceux dont la vie pourrait entraîner des torts bien plus grands que leur mort. En revanche, ceux qui sont susceptibles de se convertir ou de se repentir ne peuvent être condamnés, car leur exécution serait un mal plus grand que ce que le reste de leurs vies laisse présager.

En commettant un péché ou un crime, l'homme perd toute dignité humaine et se met au rang des bêtes. Or abattre une bête est moins grave que d'abattre un homme. Les criminels peuvent donc être exécutés; ils ont perdu leurs dignités d'êtres humains avec le crime commis.

Certains hommes non-vertueux se retiennent par la crainte de perdre par le châtiment plus qu'ils ne gagneraient en péchant. La mort des criminels a donc une valeur d'exemplarité.

 

( p ) L'économie: la fonction sociale de la propriété

 

                Il est nécessaire à l'homme de posséder des biens propres pour trois raisons:

-Un homme veille d'autant mieux sur un bien que celui-ci lui appartient. La communauté des biens ne suffit pas à motiver les travailleurs.

- Les choses humaines sont mieux ordonnées si elles n'appartiennent qu'à un seul. "La confusion s'installerait si tout le monde s'occupait indistinctement de tout."

-La paix est mieux conservée quand chacun est content de ce qu'il a. Les querelles proviennent lorsqu'il y a indivision d'un bien.

 

                L'homme doit posséder les biens dont il a besoin, mais il doit toujours considérer que ces biens sont communs, car d'autres pourraient en avoir besoin plus que lui. L'usage de ces biens ne lui appartient forcement. Les richesses étant limitées, le surplus des uns n'existe que pour compenser les manques des autres.

L'homme ne peut acquérir qu'avec modération; il ne doit accumuler que ce dont il a besoin. Amasser plus qu'il n'en faut relève de l'avarice. Ainsi si la nécessité est urgente et évidente, il est permis de voler ce dont on a besoin à celui qui en a trop.

Un peuple est une multitude rassemblée par l'unité du droit dans une certaine communauté d'intérêts. Le droit règle les rapports entre les individus. Il est bon que l'Etat interviennent pour assurer la destination sociale des richesses et pour que l'usage des possessions soit partiellement commun.

 

 


 

 

( q ) L'impôt

 

                L'impôt est juste; il est une contribution de chaque citoyen à la réalisation du bien commun. L'impôt est juste tant qu'il est orienté au bien commun. S'il venait à nuire à la communauté, alors le prince aurait pour devoir de le supprimer.

 

 

( r ) Le commerce

 

                L'échange qui vise à acquérir ce qui manque ou ce dont une communauté a besoin est parfaitement légale et légitime. Mais celui qui vise le gain sans en avoir la nécessité est réprouvable, car il favorise la cupidité. Le commerce est ainsi susceptible de pousser à la faute, car il ne se rapporte pas à une fin nécessaire.

Cependant, ce jugement dépend de l'usage que l'on fait du gain. L'entretien d'une famille, le soutien des indigents sont des objectifs forts louables. Il est également licite s'il est le salaire de celui qui travaille pour une cité ou un groupe.

 

 

( s ) L'usure

 

                Recevoir un intérêt sur un prêt est de soi injuste, car ce serait comme vendre la propriété d'un produit ainsi que son usage. L'argent a été inventé pour faciliter les échanges; sa fonction principale est d'être dépensée dans les échanges. L'existence des intérêts ne doit être qu'une tolérance du pouvoir. Cependant, le prêteur se prive pour permettre à l'emprunteur d'acheter ce qu'il souhaite. C'est pourquoi il est juste que le prêteur reçoive une indemnité pour le dommage commis. Celle-ci doit être précisée dans le contrat pour éviter les abus.

Il faut toutefois distinguer le contrat de prêt du contrat de société: le contrat de prêt transfert la possession de l'argent à celui qui emprunte. L'emprunteur devra le rendre intégralement. Le prêteur ne peut exiger plus qu'il n'a donné ou que ce qui a été stipulé dans le contrat. Mais dans le cas d'un contrat de société, le prêteur s'associe à un ou plusieurs emprunteurs pour commercer. Il ne transfert pas la propriété de son bien, mais il prend des risques. C'est pourquoi il pourra licitement réclamer un pourcentage sur les gains de la société.

 

               

(fin)

 

 

                                   

 

 

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