|
Cette semaine nous recevons Yves-Marie Adeline, universitaire, écrivain, poète, mais encore homme politique. Nous vous conseillons de consulter son blog : http://www.ymadeline.fr/ Nous le remercions d’avoir bien
voulu répondre à nos questions.
GENERATION FA8 : Bonjour. Tout d’abord serait-il possible que vous vous présentiez à nos lecteurs ne vous connaissant pas encore ? De même pourriez-vous nous décrire rapidement
votre parcours politique ?
J’ai un profil universitaire : docteur de Paris 1, avec une thèse d’esthétique musicale. Ma carrière a commencé à l’Université de Poitiers, où j’ai enseigné pendant trois ans ; puis j’ai
quitté l’enseignement et commencé une vie d’écrivain pauvre, entrecoupée de deux périodes de collaboration dans des cabinets politiques de droite, à cause de quelques-uns de mes livres
qui traitaient de politique et qui ont été remarqués. Je viens de publier mon 18e livre, Les Angéliques, un recueil de poèmes.
Parallèlement, je me suis longtemps dévoué au royalisme, pendant 20 ans ; d’abord en rédigeant des articles et des livres, ensuite en fondant un parti politique en 2001, l’Alliance
royale, dans le cadre duquel j’ai mené trois campagnes électorales, en commençant par les européennes de 2004. Après les municipales de 2008, j’ai quitté la vie politique, ne pouvant plus
assumer cette charge pour des raisons pécuniaires et familiales. Je me concentre donc désormais sur ma carrière d’écrivain, et je suis retourné dans l’enseignement supérieur, mais pas à
l’Université.
GENERATION FA8 : Vous êtes connu pour avoir notamment essayé, lors de l’élection présidentielle de 2007, de présenter aux Français le principe royaliste. Les critiques furent
vives et plus particulièrement dans les milieux monarchistes/royalistes. Les avez-vous comprises ?
J’ai compris ces critiques dans la mesure où j’ai compris à travers elles la véritable nature des mouvements royalistes français. Ce sont des mouvements mémoriels, sans vocation à
conjuguer le royalisme au présent. Ou bien, quand ils affichent une idéologie, celle-ci ne débouche pas sur une action politique, mais seulement sur des prises de position en faveur ou
contre tel ou tel parti politique, dans le cadre républicain. Je ne cache pas que ce fut pour moi une surprise en 2001, quand j’ai vu toutes les portes royalistes se fermer devant mes
appels publics.
GENERATION FA8 : Les trouvez-vous justifiées ?
Non, bien sûr. Pour les uns, je ne pouvais pas être royaliste sans être maurrassien ; pour d’autres - souvent les mêmes- je ne devais pas préconiser des élections, mais attendre le
coup d’Etat que l’Action Française prépare depuis 1909 ; pour d’autres enfin, il n’y avait aucune campagne à mener puisque des prédécesseurs avaient échoué avant moi trente ans plus tôt.
Pour tous, je crois que ma principale faute était de courir après un rêve qu’ils souhaitent ne surtout pas rattraper : le royalisme est une posture esthétique, une nostalgie. Le
transposer dans la réalité, sous la forme d’un projet politique précis, avec un programme, des propositions, etc, c’était le plonger dans la terre qui macule la robe des fées et des elfes
qui peuplent nos fantasmes.
GENERATION FA8 : Avec le recul, regrettez-vous cette campagne ?
Non plus… Essentiellement parce qu’elle a été médiatiquement réussie. J’aurais éprouvé un remords si je l’avais manquée, mais ce fut pour la cause, je pense, une bonne chose que cette
campagne.
Ce fut également l’occasion de s’apercevoir que nos compatriotes sont insensibles aux questions institutionnelles, comme ils l’étaient déjà avant 1958. Donc j’ai pu juger sur pièces. Y
compris sur des questions en-dehors du royalisme, comme le déficit démocratique très visible dans ce que le Régime appelle pudiquement « le parrainage des maires », en fait le véritable
1er tour de cette élection, mais un 1er tour qui ne dit pas son nom, et qui ignore même le secret du vote. Nous sommes dans un régime oligarchique que les citoyens approuvent, donc je
parlais dans le vide. Mais au moins, j’ai pu évaluer les choses à l’aune de l’expérience réelle.
GENERATION FA8 : Les républicains nationaux sont très divisés. Les milieux royalistes et monarchistes rencontrent les mêmes difficultés. Pensez-vous que les divisions frappant ces
deux familles de pensées proviennent des mêmes causes ?
Dans la mesure où nous sommes un peuple gaulois, facilement divisé, peut-être.
GENERATION FA8 : Comment et quand ces divisions prendront-elles fin ?
En fait, contrairement à ce que l’on croit souvent, ce ne sont pas vraiment nos idées qui nous rassemblent, mais nos actes. Et pour cela, il vaut mieux un chef que des idées. Il n’empêche
qu’il faut que ce chef porte le royalisme. Je ne souhaite évidemment pas que les royalistes se fourvoient derrière un chef républicain, comme ils l’ont beaucoup fait dans le passé.
GENERATION FA8 : Qu’est-ce que l’idéologie pour vous ?
L’idéologie est quelque chose qui adhère, qui fait ventouse, comme les moules et les imbéciles. C’est une lecture grillagée du monde, qui conduit à se persuader que tout y fonctionne par
en enchaînement de causes à effets prévu dans la solitude d’un code mental conçu par l’idéologue.
GENERATION FA8 : Le royalisme peut-il être considéré comme une idéologie ?
Non, parce que le royalisme authentique ne fait pas l’économie de la complexité du monde et des hommes. Le royalisme préconise un régime politique mouvant, évolutif, parce qu’il ne peut
pas vivre seul, en tant que pure pensée, mais doit être incarné dans un prince. Donc c’est une pensée immergée dans l’histoire. Or, l’histoire s’écoule comme un fleuve, et l’on ne se
baigne jamais deux fois dans la même eau du fleuve. L’histoire, nous le savons depuis au moins Héraclite, joue un rôle déterminant dans la détermination de l’homme. Penser le royalisme
comme si nous vivions au XVIIIe siècle serait une absurdité ; ce ne serait pas du royalisme, mais de la nostalgie, ce qui n’est pas la même chose. Je pense que c’est en grande partie ce
hiatus qui est à l’origine de l’incompatibilité entre les mouvements royalistes actuels et la dynamique politique que je proposais à travers la fondation de l’Alliance royale.
GENERATION FA8 : Maurras était-il un idéologue ?
Oui, à double titre.
D’abord, il voyait dans le royalisme le couronnement du nationalisme, qui était alors une idéologie très en vogue, prétendant figer nos principes politiques, tant pour nos relations
internes que pour nos relations externes, dans le fait national. Avec lui, le royalisme était enchâssé dans le nationalisme, comme s’il n’avait pas vécu et prospéré des siècles avant
lui.
Ensuite, Maurras assignait d’emblée au prince à venir ce qu’il devrait faire, quelle était sa ligne de conduite, ses principes directeurs et même fondateurs. Un roi dictateur à la tête
d’une monarchie antiparlementaire et décentralisée : tel était le royalisme de Maurras, à l’exclusion de tout autre ; tel devait être le roi, otage de sa doctrine, de sa vision
nationaliste, de ses querelles partisanes.
GENERATION FA8 : Et vous ?
Pour savoir si ma doctrine est une idéologie, il y a deux façons de s’y prendre. Quant aux principes, on peut lire Le Pouvoir légitime ; quant à l’approche pratique, on peut consulter les
plates-formes de l’Alliance royale, ou au moins mon programme de la présidentielle de 2007.
GENERATION FA8 : Alain de Benoist a dit au sujet de Maurras et de sa vision de la monarchie dans l’entretien qu’il nous a accordé : " Il affirme que la monarchie française
était fondamentalement décentralisatrice, alors que c'est le contraire qui est vrai. Cette vision idéalisée de l'Ancien Régime n'a pas seulement été contredite par l'historiographie
contemporaine. Elle est déjà contredite par les observations particulièrement profondes faites au XIXe siècle par Renan et surtout par Tocqueville. " Nous sommes naturellement
d'accord avec l'idée que la monarchie française fut centralisée. Notre question portera sur un autre point. Comment expliquez-vous que les penseurs d'Action Française continuent de croire
à une monarchie décentralisée ? De même aujourd'hui la cause défendue par les royalistes est au point mort ou presque. Cela ne vient-il pas d'un dogmatisme maurrassien trop prononcé
qui empêche toutes révisions voire toutes critiques ? Les nouveaux penseurs d'Action Française n'auraient-ils pas intérêt à dépoussiérer l’œuvre de Maurras ? Le sentimentalisme - que nous
jugeons destructeur en politique - n'aurait-il pas pris le dessus chez les royalistes, ce qui pourrait peut-être expliquer la situation dans laquelle se trouve la cause royaliste d'un
point de vue politique ?
D’abord, l’idée de décentralisation n’est pas maurrassienne, mais vient de Bonald. Les disciples de Maurras ont été tellement éblouis par leur maître qu’ils lui ont attribué toutes les
idées royalistes, et jusqu’au royalisme lui-même dans son essence ; mais cet aveuglement procède d’un emballement sectaire. Dans le mélange qu’il fait entre royalisme et nationalisme,
Maurras n’apporte rien d’original au royalisme, il emprunte à ces prédécesseurs. Le vote familial, c’est Bodin. L’idée que la politique est une science exacte, idée absurde et scientiste
inspirée de Comte, c’est d’abord Quesnay. Le corporatisme, c’est La Tour du Pin. La distinction entre pays légal et pays réel, c’est Guizot. L’empirisme organisateur, c’est Sainte-Beuve.
L’idée qu’il n’y a pas de contrat primitif, c’est Bonald. L’autorité en haut, les libertés en bas, c’est encore Bonald. Et la décentralisation, c’est toujours Bonald (je fais ce
rappel dans mon Histoire mondiale des idées politiques aux éditions Ellipses). L’apport intellectuel de Maurras au royalisme, c’est son accouplement avec le nationalisme, c’est sa
transformation en national-royalisme.
Pour ce qui concerne la centralisation, Bonald, député à la Chambre, a déploré dans un discours de 1817 les exagérations du centralisme jacobin, qui conduisaient à vider la province au
profit de Paris. Lui-même était député de Millau, aujourd’hui le pays de José Bové : tout un symbole ! Certes, Tocqueville avait raison de rappeler qu’historiquement le centralisme
républicain ne faisait que suivre les rails de l’Ancien Régime ; il n’empêche que, parvenu à un certain degré, ce processus a produit des nuisances. Aujourd’hui c’est un débat qui anime
tous les milieux.
GENERATION FA8 : La science politique développée par la Renaissance, qui n’en est pas une entre parenthèses, en réalité, a posé le principe que la religion et la politique doivent
être séparées, voire que la politique doit être totalement indépendante de la religion ou de la morale. Nous posons le principe simple que la religion et la politique doivent être
réconciliées et c’est une erreur fondamentale de dissocier les deux domaines. En effet, nous estimons que la politique ne peut pas être indépendante de la religion mais lui être soumise
telle une fille à sa mère. Qu’en pensez-vous ?
C’est une question moins simple que ce qu’on imagine habituellement.
Il y a trois domaines distincts :
Premièrement, la morale collective (que nous, chrétiens, nous souhaitons voir exprimée par le christianisme, dans une société chrétienne).
Deuxièmement, la loi.
Troisièmement, la justice.
Contrairement à ce que l’on pense, ces trois domaines ne se confondent pas. La politique, naturellement, ne s’applique qu’à la loi et à la justice. C’est pourquoi il est toujours
dangereux qu’un pouvoir politique s’affirme tellement laïciste qu’il refuse toute légitimité aux autorités morales. Quand le législateur se mêle d’inventer la morale, il usurpe une
fonction qui n’est pas une fonction politique, mais une fonction relevant d’un autre ordre. D’où l’idéal que Volkoff résumait en une phrase dans Alexandra : « l’Eglise et l’Etat sont
comme deux rails parallèles, qui vont dans la même direction mais sans jamais se croiser ».
Ceci étant bien admis, quel est le périmètre du législateur ? Saint Thomas d’Aquin nous a expliqué que le politique ne peut pas se contenter de s’ajuster exactement à la morale. C’est ce
que des personnes politiques comme Christine Boutin aujourd’hui, qui brandit une Bible dans l’enceinte parlementaire, ou hier Marthe Richard, qui fait fermer les Maison closes, n’ont pas
compris. Quand saint Louis est saisi du problème de la prostitution à Paris, il sait qu’il n’abolira jamais la prostitution, et que cela est d’ailleurs encore moins au pouvoir du
politique qu’à celui de la morale. Il a lu son contemporain saint Thomas d’Aquin qui écrit : « Celui qui se mouche trop fort fait jaillir le sang ». Autrement dit, en voulant
guérir un mal, prends garde à ne pas provoquer plus de mal encore que le mal que tu voulais guérir. C’est pourquoi saint Louis cantonne les prostituées à la rue Saint-Denis (déjà !) ; il
n’aurait certainement pas fermé les maisons closes, au risque de jeter dans la rue les filles, avec toutes les conséquences que l’on connaît. Le rôle du politique est de réguler la
société avec des moyens politiques, en prenant garde à la maintenir dans un certain équilibre. Par exemple, il revenait au christianisme de condamner l’esclavage sous l’Antiquité, mais il
était impossible au politique d’abolir l’esclavage du jour au lendemain. La loi ne prétend pas être morale, mais régulatrice. Elle est en fait un pis-aller. Cela dit, la question est
toujours complexe, car il existe évidemment des lois tellement immorales qu’elles légitiment la rébellion d’Antigone contre Créon qui interdit qu’on ensevelisse le cadavre de son frère
Polynice.
Parlons par exemple de la peine de mort. Le principe moral, c’est qu’il est interdit de tuer. Mais, depuis les hauteurs de la cité, on peut envisager une exception à cette règle, en
estimant que la protection de la société l’exige. Là encore, c’est une question de limite, car un Créon pourrait vouloir appliquer la peine de mort à tout et n’importe quoi. D’où
l’utilité, justement, d’une morale indépendante et distincte du politique, et d’autorités morales également indépendantes et distinctes des autorités politiques.
Quant à la justice, c’est encore un domaine différent. Bien sûr, le juge doit œuvrer dans le cadre de la loi, mais il lui reste une autorité propre qui lui permet d’émettre des jugements
en équité. Par exemple, à Poitiers, une mère de famille a été relaxée après avoir volé des vivres dans un supermarché pour nourrir ses trois enfants qu’elle ne parvenait plus à nourrir.
Ne nous trompons pas : la relaxe par le juge ne change rien à la qualification de l’acte, c’est toujours un vol. Mais ce vol-là ne doit pas être condamné. Saint Thomas d’Aquin, encore une
fois, nous enseigne que le vol est permis en cas de nécessité. On peut ajouter : l’homicide par légitime défense. De même, le fait de permettre à la justice de relaxer, pour différentes
raisons touchant à la détresse sociale ou autre, une personne qui a recours à un avortement, ne devrait modifier en rien la qualification d’homicide.
Ainsi, quand j’entends par exemple Boutin nous dire qu’elle est contre l’avortement puisqu’elle est contre la peine de mort, je vois bien qu’elle ne sait pas faire cette distinction entre
morale, loi et justice : on peut être contre tout homicide dans le domaine moral, pour la peine de mort dans le domaine politique, contre l’avortement dans le domaine politique, et
prononcer en conscience des jugements indépendants. Toute la complexité du politique est là.
GENERATION FA8 : Quel roi de France préférez-vous ?
Je ne peux pas répondre à cette question, car j’ai de l’admiration pour beaucoup ; je suis d’ailleurs stupéfait par le nombre de grands rois que l’on peut trouver dans notre histoire, en
particulier chez les Capétiens.
GENERATION FA8 : Quel président de la République vous semble le moins mauvais ?
De Gaulle.
GENERATION FA8 : Pour quelles raisons ?
Dans sa démarche institutionnelle, il est le plus proche de ce que peut vouloir un royaliste : en fait, le rêve de la Ve République, qui s’effondre aujourd’hui sous nos yeux, ne pouvait
se réaliser vraiment qu’avec un roi à la tête de l’Etat, et non pas un président. Un roi qui règne, un premier ministre issu de la majorité parlementaire… Quel gâchis !…
GENERATION FA8 : Comment considérez-vous, d’un point de vue général, l’action du Pape Benoît XVI depuis qu’il est élu sur le trône de Pierre ?
Je rends grâce tous les jours à l’Esprit-Saint de nous l’avoir donné. Son mandat est extrêmement difficile, il faut qu’il conduise la barque de Pierre sur des eaux agitées par des
courants contraires. Jean-Paul II a semé des grâces partout, mais il fallait bien que son successeur reprenne les commandes à Rome, et je crois que les grâces du pontificat précédent
l’aideront surnaturellement. Ce sera peut-être la principale cause de canonisation de Jean-Paul II.
GENERATION FA8 : Le Saint Père est l’objet de vives critiques, aussi bien de personnes en dehors que dans l’Eglise. Ne considérez-vous pas cela comme pénible ?
C’est pénible, mais ce n’est pas nouveau. Et puis, le Pape ne peut qu’être un signe de contradiction dans notre monde électrisé par de multiples tensions. Si nous avions tous
véritablement la foi, nous aurions confiance, nous n’aurions pas peur
GENERATION FA8 : Quel est votre regard sur le rôle ou le non rôle des Evêques de France ? Ces derniers ne participent-ils pas de manière directe ou indirecte aux difficultés
majeures et certaines rencontrées par l’Eglise de France ?
Nos évêques ont été enthousiasmés par la dynamique post-conciliaire, et ils ont parfois peur d’une réaction en sens inverse. Pourtant, le mouvement naturel de l’Eglise est de continuer sa
route bi-millénaire en procédant à des réajustements nécessaires. Nous avons plus que jamais besoin de respect mutuel à notre époque où les chrétiens eux-mêmes ont pu être éclatés,
divisés autour de leur trésor commun. J’ai du mal à m’en tenir à l’idée que nos évêques seraient directement responsables des difficultés de l’Eglise de France. A vrai dire, être évêque
aujourd’hui en France est un défi, une lourde responsabilité : chacun d’entre eux doit, lui aussi, tenir une barque agitées par des tensions, déjà anciennes, qui ont fait des blessures.
Nous ne sommes pas sortis de la crise de l’Eglise, beaucoup de chrétiens ont quitté la barque, la nouvelle évangélisation est difficile comme toute évangélisation.
GENERATION FA8 : Pour terminer cet entretien, que serait le mot de la fin que vous souhaiteriez adresser à nos lecteurs ?
Que puis-je leur dire ? Je ne fais plus de politique, donc je ne m’adresse plus à eux directement. J’espère apporter quelque chose à ceux qui lisent mes livres, c’est évidemment l’idéal
qu’un écrivain cherche à atteindre.
Propos recueillis en février 2009
|