Samedi 13 septembre 2008
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Jusqu’ici, nous avons rencontré des bourgeois soucieux d’abord de conserver et d’améliorer un régime qui les satisfait. Avec Rousseau apparaît un nouveau type de
théoricien : l’homme frustré qui s’ennivre d’un avenir grandiose. Le premier est Rousseau.
Ils entreprennent de ressuciter en eux-mêmes le bon ssauvage spontané en qui aucun instinct n’est frustré ni aliéné.
Et ils se considèrent comme les prototypes de l’humanité future. Ils sont tous débauchés, irresponsables et souvent anormaux mentaux. Nous allons nous arrêter à Rousseau pour la distraction du
lecteur. Son cas est exemplaire. Le libéralisme est un état pathologique de la société et un homme qui « vit » son libéralisme est toujours un malade mental
1- Rousseau (1712 – 1778)
un paranoïaque immature
Rousseau n’ajoute rien
intellectuellement au Libéralisme mais il lui donne un souffle et un lyrisme qui ne s’éteindront pas. « Unz sensibilité d’âme er une perfection sans égale » (Kant) ; « Un sublime génie » (Shelley) ; « L’âme d’un Christ dont seuls les anges du ciel étaient dignes »
(Schiller). Tolstoï déclare que l’Evangile et Rousseau sont « les deux grandes et saintes infleuences de ma vie ». Aujourd’hui encore, Claude Lévi-Strauss, dans « Tristes
tropiques », son œuvre maîtresse, rend cet hommage à Rousseau : « Notre maître et notre frère…Chaque page de ce livre devrait lui être dédiée si elle n’était indigne de sa
mémoire ».
Qui était donc le prophète ? D’où lui vient sa puissance d’évocation ? Eh bien Rousseau était un malade.
Sa mère est morte peu après sa naissance. Son père est tantot larmoyant, tantot d’une brutalité terrifiante. Le comportement névrotique de Rousseau est un cas classique : frustation
d’affection maternelle dans la petite enfance, aggravée par un comportement destructeur chez son père. A 15 ans, il s’enfuit et commence sa vie de clochard riche : le sénario sera toujours
le même. Il pleurniche, geint, attendrit et vit en parasite aux dépends de sa victime. Puis bientôt, il ressent une haine pour sabienfaitrice ou son bienfaiteur, lui fait des scènes et part en se
proclamant martyrisé et en colportant tout le mal qu’il peut de ses ex-amis. Alors, il trouve un (ou une) autre naïf(ïve) et le sénario recomence. Il a l’ingratitude irresponsable des enfants et
il est capable des pires infamies pour ceux qui se sont interressés à lui avec la main sur le cœur et la vertu à la bouche. C’est plus fort que lui : il cherche une maman à appitoyer puis,
quand il l’a trouvée, la frustation qui le poussait se transforme en haine. Evidemment, ses premières victimes seront des femmes riches : jusqu’à la trentaine bien sonnée, il mène une
existence de raté sous la dépendance des femmes. Il rate tout ce qu’il entreprend, ce qui ne l’empêche pas d’être d’une insolence odieuse avec tous ses patrons. Un petit succès littéraire lui
vaut une inroduction dans le monde d’une partie oiseuse et libérale de la noblesse. Désormais, il vivra à leur crochet. Partout il se plaint, il raconte sa triste histoire à fendre le cœur d’un
crocodile, il est le plus malheureux, le plus persécuté des hommes. Mais en même temps, il est le plus vertueux des hommes, l’ami du genre humain, il réclame qu’on lui érige des statues. Son
comportement sexuel était lui aussi infantile. Il est masochiste, exhibitionniste. Il appelle ses maîtresses « maman ». ces stuctures mentales infantiles jamais développées,
devenues montrueuses explliquent son exhibitionisme psychologique dans « Les confessions ». elles expliquent aussi sa délectation maladive à se sentir persécuté, pourchassé,
objet de haine sadique. Il est incapable d’atachement parental normal. Ce n’est pas seulement de l’égoïsme qui explique qu’il ait été capable d’arracher à sa maîtresse ses enfants à peine nés
malgré les supplications de la pauvre mère pour les jeter aux enfants trouvés sans même leur donner de nom, les vouant à une mort quasi-certaine ; C’est la pulsion de jalousie infantile
envers le petit frère. Sa grossièreté, sa tenue négligée qui faisait son succès, ne sont pas seulement un habile calcul. Il aimait avilir.
Le cycle : lamentations geignardes, parasitisme, volonté de destruction des bienfaiteurs, s’accélère avec les
années. Et, à ce jeu se développe la paranoïa : il en a tous les symptômes. Il a toujours raison contre tous, il est persécuté par un complot universel qui s’étend avec les années et sa
correspondance s’émaille de plus en plus de gigantesques listes de reproches, chef-d’œuvres d’éloquence passionnée, nourries d’indices réinterprétés, de preuves falsifiées avec art, le tout d’une
logique serrée et fièvreuse relevant de la démence. Ses élucubrations étaient redoutées par ses anciens amis tant elles étaient ficelées avec brio et servies avec un talent diabolique. Ses
dernières années sont hystériques : « un complot immense, inconcevable ». on veut « l’enterrer vivant ». le moindre passant est aussitôt un espion
envoyé par Choiseul pour l’espionner.
Avec cela, ce clochard hideux est intelligent, brillant et compliqué. Il a un style simple, direct, puissant,
passionné et il sait rendre ses concepts si vivants que les lecteurs, sous le choc, les reçoivent comme des révélations. Il ressent et il s’exhibe. Tel est son procédé littéraire. Son séjour en
Angleterre, au début de sa carrière, le met en contact avec les idées libérales que véhiculait son bienfaiteur (provisoire), Hume. Elles entrent comme dans du beurre. Le monde mental de Hobbes,
Locke, et Hume, issu de leur invironnement protestant impitoyable, vient donner une justification intellectuelle à sa paranoïa. Il s’identifie désormais au bon sauvage qui est bon parce qu’il
laisse libre cours à tous ses instincts, à toutes ses pulsions sans se laisser alliéner par la société. Et ce monde entier qui est mauvais et qui le persécute, il faut le changer. Ce sera le
contrat social, l’Emile, les confessions. Les lourdes et laborieuses idées anglo-saxonnes deviennent étincellantes. Et Rousseau ne recule pas devant les conséquences qu’il prévoit car le disciple
voit plus loin que ses maîtres. Eux avaient inventé une théorie quiconfore leur égoïsme et leur goût de l’or. Lui, veut reconstruire un monde à son image. Il a prévu « Big Brother » et
la police de la pensée. Il réclame l’aliénation totale (pour son bien !) du citoyen à l’état , le contrôle de sa pensée, l’éducation des enfants par l’état pour qu’ils s’habituent à ne
trouver leur bonheur et leur sécurité qu’en lui. « Ceux qui contrôlent les opinions du peuple contrôlent aussi leurs actions » ; pour arriver au contrôle total, il faut
éduquer les citoyens dès l’enfance « à n’être rien sauf par lui, ils ne seront rien sauf pour lui »(…) « L’état aura tout d’eux et sera tout ce qu’ils
sont ». il réclame l’extermination « de tout malfaiteur attaquant le contrat social ».
Rousseau rédigera une constitution pour la Corse dont l’application aurait été exactement le régime de Pol-Pot au
Cambodge. Y compris le passeport spécial pour entrer en ville !
Rousseau mourra fou, dans des crises de délire paranoïaques répétées. Sa maladie mentale était évidente dès 1770. il
trouva refuge chez un riche bienfaiteur à Ermenonville. En 1778, il mourut brusquement deux mois plus tard. On murmura qu’il s’était suicidé.
Philippe Marcille
Le lecteur consultera avec profit Taine, Les origines de la France contemporaine, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1986,t,2, livre III,
chap.1 : P
Du contrat social, chap.V du livre II : « Du droit de vie et de mort. »