Site de soutien à l' ALLIANCE ROYALE
Délégué départemental : Chantal de THOURY
L'Alliance Royale est formation politique fondée en 2001, regroupant des "citoyens" (habitants de la Cité) convaincus qu'il est temps de reposer la question des institutions dans le débat
politique français. L'Alliance Royale a non seulement l'ambition de faire redécouvrir la Monarchie à nos compatriotes, mais également d'inviter la France à préparer son avenir dans ses
institutions.
Adam Smith (1723 –1790)
Une generation s’est écoulée.
Sa problématique montre à quel point les isdées de Locke qui avaient fait un peu scandale à son époque, sont devenues communes dans le milieu universitaire anglais.
Son grand ouvrage est « L’essai sur la nature et les causes de la richesse des nations », où il développe la théorie du libéralisme économique. C’est une construction à priori
sans vérification expérimentale mais dont les conclusions sont tout-à-fait favorables au commerce anglais. La célébrité fut immédiate. Les riches bourgeois trouvèrent ses raisonnements fort
pertinents.
C’est du Locke en plus cocasse.
Les hommes n’ont aucune sympathie les uns pour les autres mais ils ont intérêt à passer des contrats d’entre-aide. Non parce qu’ils ont de l’amitié les uns pour les autres mais parce qu’ils ont
besoin les uns des autres. Pour Adam Smith, le propre de l’homme est….le commerce. C’est en cela à ses yeux, qu’il diffère des animaux. L’inclination à trafiquer serait la cause
originelle de l’apparition du language. Les hommes, selon lui, sont foncièrement égaux en aptitudes, les différences entre les individus sont dues à la différenciation des activités(í).
Ceci affirmé, il conclut que la vie en société n’a pas pour fin le perfectionnement des hommes les uns par les autres mais seulement le commerce. Et l’auteur réclame la liberté de culte pour
toutes les religions, attendu qu’on va commercer avec toutes sortes de gens et qaue s’ils ne trouvent pas dans le port une mosquée, une synagogue, un temple shinto, ils seront de mauvaise humeur
et les contrats seront moins juteux.
En conclusion, remarquons que ces modèles ne sont pas la systématisation de la patiente observation du fonctionnement d’une société saine. Il s’agit d’une société malade, l’édifice intellectuel est fondé sur des « à priori » invérifiables, aboutissant, après quelques raisonnements simplistes, à des conclusions tout-à-fait favorables au bien-être de l’Establishment dont les auteurs font, bien évidemment, partie.
Cette idéologie est une utopie des riches. Les pauvres sont les laissés pour compte du contrat social. Du reste, à l’époque, seuls les riches votent. Le droit de propriété ne donne pas un m2 de terre à celui qui n’a rien. La liberté d’expression ne donne aucun moyen de se faire entendre à celui qui ne sait pas s’exprimer parce qu’il n’est pas instruit ou, qui n’a pas les moyens de financer un journal. Ces « droits » n’assurent aucune justice au pauvre, à celui qui est victime d’une campagne de presse. Plus tard, et très vite, les socialistes, fils de bourgeois libéraux, remarqueront que tous étant égaux, il n’y a aucune raison que le contrat social rapporte plus aux uns qu’aux autres. Les plus modérés exigèrent l’extension des doits de l’homme : aux droits-immunités (1), il fallait ajouter les droits-créance (2), : droit au travail, à la santé, à la culture, au logement, aux loisirs, au bonheur…Les extrêmistes exigent la propriété collective des biens : le droit à tout ! (c’était déjà dans Hobbes : au départ, tout est à tous).
Mais alors, comme ce sont les riches qui ont les moyens d’expression et la propriété efective, il faudra assurer l’égalité par le despotisme. On oscillera toujours en pratique entre Hobbes et Locke, entre despotisme d’état ou despotisme du riche mais les frères ennemis se reconnaissent pour frères. Roosevelt reconnaîtra sans hésiter Staline comme un frère en démocratie.
Une postérité longtemps minoritaire : les anarchistes. Ils admettent tous les postulats libéraux sauf la nécessité réelle d’une autorité sociale. Plus besoin des droits de l’homme, de constitution, de division des pouvoirs, de démocratie. D’après eux, l’homme laissé à sa spontanéité naturelle bonne s’harmonise spontanément en une société respectueuse de chacun. Il suffirait d’essayer mais le complot mondial des curés, des fachistes, des banquiers empêche les généreux idéalistes de faire le bonheur de l’humanité. Aujourd’hui, sous une forme plus élaborée, ce sont eux qui ont le vent en poupe avec Freud et Marcuse.
(1) Espaces de liberté dans lesquels l’état s’engage à ne pas légiférer, où il garantit l’immunité de contrainte.
(2) Droits à sa part du gâteau que l’état s’engage à partager autoritairement par voie législative.
(í) Le lecteur consultera avec profit Taine, Les origines de la France contemporaine, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1986,t,2, livre III, chap.1 : P
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