Lundi 20 octobre 2008
La France a fabriqué une troisième génération d’immigrés qui sifflent son hymne national, qu’elle l’assume mais n’en rejette pas la faute sur les origines lointaines des siffleurs. KARIM GUELLATY, «franco-tunisien de cœur et d’esprit», auteur d'un Que sais-je sur le droit musulman. Non les Tunisiens n’ont pas sifflé la Marseillaise, non les Tunisiens ne sifflent pas les hymnes nationaux. De mémoire, aucun match joué par l’équipe de France en Tunisie n’a vu la Marseillaise se faire siffler. La France a fabriqué une troisième génération d’immigrés qui sifflent son hymne national, qu’elle l’assume mais n’en rejette pas la faute sur les origines lointaines des siffleurs. La plupart des siffleurs n’ont jamais mis les pieds en Tunisie, ne connaissent pas l’arabe et en ignorent la culture et les traditions. Marre d’entendre sur toutes les ondes depuis mercredi matin qu’il est scandaleux que la France ait été insultée ainsi par les Tunisiens. Zidane, Ben Arfa et autres grands joueurs nationaux issus... lire ...
Vendredi 17 octobre 2008





Pour donner consistance à son slogan de campagne « travailler plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy à demandé à son ministre du travail, Xavier Bertrand, de se pencher sur la question de la libéralisation du travail le dimanche pour les salariés « volontaires ».

 


Prétextant un récent sondage qui indique que 62% des Français y sont favorables, le gouvernement devrait présenter au printemps 2008 une proposition de réforme de la loi de 1906 qui interdit le travail le dimanche.


Cette réforme est inacceptable !

Le dimanche est un jour privilégié. C’est une journée.....lire la suite sur......

Mardi 7 octobre 2008

Par YR

                                                                                                         Le montant de 700 Milliards, soit 5% du PIB américain, qui sera mis en œuvre (après quelques postures républicaines ou démocrates essentiellement dues à la campagne présidentielle) par le Trésor américain pour le plan de sauvetage des banques dépasse les montants cumulés des budgets américains de la Défense, de l'Éducation et de la Santé. Au total, le gouvernement américain injectera au moins 10% du PIB pour éviter l’écroulement du système bancaire américain. De plus, un prêt préférentiel de 25 milliards vient d’être accordé au secteur automobile. Quant à l’autre côté de l’Atlantique, les autorités du Benelux ont préféré nationaliser Fortis plutôt qu’accepter sa reprise par la banque française BNP Paribas et les autorités anglaises nationalisent également plusieurs de leurs institutions financières.

Ainsi, le capitalisme de type  anglo-saxon - censé promouvoir le dogme néo-classique non interventionniste - met en œuvre la quasi-nationalisation d’acteurs financiers majeurs ou de pans de son économie, et loue les vertus de la régulation et de la gouvernance mondiale. Pour s’opposer à cet interventionnisme, rares sont les voix qui s’élèvent comme celle du sénateur républicain conservateur Jim Bunning: «on veut tuer le libre marché et instaurer le socialisme en Amérique» (sic !).

De nombreux banquiers appellent à suspendre « temporairement » les prix de marché. Comment ceux qui se sont tant battus pour mettre en œuvre la dérégulation financière deviennent-ils brusquement des défenseurs de l’économie administrée ?

En un an, les banques ont déjà tiré un trait sur un total de 500 milliards de dollars de valeur dans leurs bilans. La doctrine néolibérale vient d’inventer une nouvelle loi économique : « too big to fall, trop gros pour succomber. » La praxis néolibérale devait conduire à plus de libre concurrence, plus de liberté pour les acteurs économiques de toute taille: comment se fait-il qu’au contraire les grands secteurs économiques soient dominées par des oligopoles ?

Les causes de la débâcle du système bancaire américain et l’effet dominos engendré d’un acteur financier à un autre ont été si rapidement et si péremptoirement explicités, que l’on peut se demander pourquoi personne n’a su ou voulu tiré à temps la sonnette d’alarme? Après tout, l’enchaînement des faits est effectivement des plus classiques : les crédits hypothécaires accordés aux ménages américains (déjà sur-endettés) ont entraîné en masse des défauts de remboursement. La distribution des crédits reposant sur l'idée simpliste que la valeur des logements allait continuer d'augmenter indéfiniment, le bon sens paysan aurait dû alerter : «  les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». La mécanique de titrisation de ces crédits - c'est-à-dire leur découpe en tranches et leur ré-emballage dans des placements contenant d'autres types d’actifs revendus ensuite comme des placements à risque faible -  était connu de tous.

La frénésie spéculative, aidée par l’innovation financière et le déploiement des nouvelles technologies de l’information, a été  décuplée par la mondialisation du marché des capitaux. Ainsi, le volume annuel des transactions interbancaires consacré à l’économie réelle (échange de biens et services) ne représente que 2% des échanges monétaires.  Le reste représente cette fièvre spéculative dont les créances immobilières ne constituent qu’une infime partie ; spéculation qui non seulement ne sert pas l’économie réelle, mais est même capable par les montants en jeu d’entraîner dans la récession tous les pays du monde.

Il faut bien constater que cette crise financière a eu lieu non pas à cause d’un manque complet de régulation, mais en dépit de cette régulation, celle-ci ayant déjà été renforcée après le scandale Enron en 2001 : mise en place de la Loi Sarbanes-Oxley, de nouvelles normes comptables, des normes bancaires Bâle.  Manifestement, soit le législateur est passé à côté des vrais sujets, soit comme pour le dopage des athlètes, les contrôles ont toujours une technologie de retard.

Les spéculateurs se trouveront toujours de nouveaux terrains de jeux : si ce n’est l’immobilier, il s’agit des marchés de matières premières, de produits alimentaires. Cela affecte dramatiquement - par l’énormité des masses financières en jeu - le sort et la capacité à vivre ou à survivre de centaines de millions de gens sur la planète, sans parler du déclassement progressif des classes moyennes dans les sociétés occidentales.

Le citoyen, impacté  à un bout de la chaîne par la crise immobilière, paye aussi par l’autre bout la débâcle des banques : diminution de la valeur de l’épargne individuelle, augmentation du coût du crédit. Cinq millions de ménages américains sont déjà en défaut de paiement ou ont vu leur logement saisi. La crise de l’immobilier se répand maintenant dans d’autres pays. Les banques diminuant l’octroi de crédits ou augmentant les taux d’intérêt mettent à mal le financement des PME. Seuls les gros oligopoles pourront continuer à se financer.

Certains vilipendent donc l’économie de marché et demandent de courir au chevet des oligopoles au mépris des règles de la libre concurrence. Haro sur le néolibéralisme, vive le social-libéralisme. Après la phase de privatisation des profits, voici la phase de socialisation des dettes : contribuables de tous les pays, unissez-vous pour rembourser les pertes des dinosaures financiers!

L’Ordo Liberalis procède par effet cliquet : à une phase de dérégulation et de démembrement des économies locales -obligeant de plus en plus de pays à s’intégrer dans la division internationale du travail et la globalisation financière- va succéder une (courte) phase de mondialisation règlementaire. Ainsi sortiront renforcées les organisations mondialistes (FMI, OMC) dont les attributions commençaient à poser question et les échecs à apparaître patents. On pourrait s’étonner que l’appel unanime, de droite comme de gauche, à une gouvernance mondiale renforcée tombe à un si bon moment : juste après l’échec cuisant des dernières négociations à l’OMC. Cet échec mettait en danger le cycle de Doha et le principe même du système commercial multilatéral. Sous couvert de plus de régulation, nous est proposé – imposé sans aucune concertation démocratique - d’aller un cran plus loin dans la constitution d’un gouvernement mondial.

La crise actuelle a l’avantage de faire tomber les masques : l’Ordo Liberalis n’a que peu de choses à voir avec le respect de la liberté, la création d’un marché réellement libre (où les droits de tous les acteurs sont respectés) n’est manifestement pas consubstantielle à sa doctrine. Quant à la nécessité de fonder le système économique sur un Etat de droit, l’émergence de nouvelles formes très autoritaires de capitalisme semble également suggérer le caractère facultatif de la mise en œuvre d’une démocratie économique.

Plutôt que de renforcer des réglementations qui de toutes manières seront aussitôt contournées par les oligopoles, il conviendrait surtout d’éliminer le mal à la racine et de limiter l’usage des outils bancaires au seul financement de l’économie réelle. Pragmatiquement, encore plus de contrôle réglementaire ne fera qu’augmenter l’innovation financière et la complexité des opérations visant à contourner ces contrôles. Cette complexité, seuls de gros acteurs pourront la financer, diminuant l’existence possible d’acteurs économiques de moindre taille. Le marché réellement libre, permettant à de petits entrepreneurs et acteurs économiques de taille modeste d’exister et de se développer, est mis à mal dans un jeu où les règles sont conçues pour favoriser les seules multinationales.

L’économie des biens set services doit se dégager de la mondialisation financière en relocalisant les activités près de marchés naturels. Les acteurs économiques retrouveraient ainsi des marges de manœuvre par rapport à une financiarisation virtuelle qui ne profite qu’à quelques-uns, et nuit à la mise en œuvre d’un véritable tissu entrepreneurial de proximité et au développement des PME. Politiquement, la relocalisation des économies et  des marchés de capitaux permettront aux citoyens de se réapproprier la compréhension du fonctionnement du système économique et financier. Replaçant ce système à sa juste place et finalité - un simple moyen au service de tous et du Bien Commun -  le citoyen pourra redevenir acteur de ces choix économiques. Les différents corps sociaux pèseront alors réellement et démocratiquement sur les décisions économiques.

La responsabilité individuelle ne peut exister qu’avec la pleine maîtrise de son destin. Lorsque les finalités sont correctement alignées, les responsabilités individuelle et sociale se complètent et trouvent à s’exprimer dans la liberté d’agir et d’entreprendre pour la prospérité de tous.

Les Etudes politiques de l’Alliance Royale ont engagé une réflexion de fond sur ces questions. Quel modèle de société ? Quelles institutions politiques ? L’économie n’est pas la finalité de la politique mais elle en constitue un des piliers essentiels. On ne peut pas aborder la question politique sans s’interroger de la façon la plus profonde sur ce système économique qui domine le monde d’aujourd’hui : l’Ordo Liberalis.  

YR
Vendredi 26 septembre 2008
MONARCHIE

Etymologiquement "pouvoir d'un seul":

voir une assez bonne approche sur le site wikipedia donnant les éventails de fonctionnement par un seul.

La Monarchie Royale française a cependant différé de cette image pendant les siècles de son fonctionnement en raison de son caractère spécifique lié au Sacre.

précédemment l'Alliance Royale en avait fait une description assez juste pour une adaptation à notre 21è siècle.

 Le Roi dans notre monde

     « Dans notre époque de mondialisation, d'uniformisation, de poussée vers un gigantisme fédéral inhumain, ceux qui aspireront à retrouver et affirmer une identité française, une personnalité française, un espace français, n'auront que le roi de France pour leur apporter ce supplément d'âme.

        Dans notre monde de la pensée unique où les hommes de bonne volonté aspireront à retrouver un idéal et des valeurs communes et salutaires, tous ceux qui voudront sortir de notre régression intellectuelle et morale, tous ceux qui aspireront à une renaissance intellectuelle et morale, se réuniront autour du roi qui incarnera cette renaissance.

        Dans notre monde où la personne humaine est écrasée sous le poids des égoïsmes et des idéologies, les hommes de bonne volonté auront besoin de quelqu'un qui les protège, physiquement et moralement, car le roi est le père. »

 

un roi chrétien ?

     « La société politique a pour mission de nous faire du bien. C'est pourquoi notre idéal politique est nécessairement un idéal de morale politique. Autant la vie privée appartient aux personnes, autant la vie publique doit être plus morale qu'aujourd'hui, pour contribuer au bonheur de chacun d'entre nous.

 

Un roi sans Dieu est un roi qui se fait dieu, ce serait donc un tyran, pas un vrai roi.

 

C'est ce que fait la République aujourd'hui, elle renie Dieu pour prendre sa place et imposer des lois immorales.

 

La république est un régime de plusieurs tyrans.

 

Le royaume de France est chrétien, le roi de France est catholique.

 

Les Français sont libres de pratiquer ou non la foi de l'Eglise, ils ont leur liberté de conscience. Le roi de France aussi, comme personne privée.

 

Mais comme personne publique, le roi de France n'a pas le pouvoir de transgresser politiquement les valeurs suprêmes de la société : bonté, vérité, justice, car ces valeurs sont plus élevées que lui. »

 

 

 

 Le roi est père

 Le roi est le père protecteur :

« Au sein de la cité, il assure par la force de la loi le respect de la vie, depuis notre conception jusqu'à notre mort.

 

Par la force publique il garde de la paix civile, prévient les affrontements et pourchasse les criminels.

 

Par la justice rendue, il départage le coupable et l'innocent et rend justice même aux plus faibles.

 

Au-delà et au-dedans des frontières, y compris celles des territoires français d'Outre-mer, il assure la défense des personnes et des biens contre toute agression. »

 

Le roi est le père identificateur :

« Au sein de la cité : il nous donne un nom : Français. Ce nom commun et propre rassemble des peuples différents, qui aiment la vocation spirituelle, morale et politique du royaume de France.

 

Au-delà des frontières : Il nous nomme : Français. Ce nom commun et propre identifie notre cité, notre vie commune, dans un monde qui dilue les identités des peuples. »

Le roi est le père réconciliateur :

« Le roi libère les Français des idéologies de haine, de violence, de rancœur, de jalousie qui les ont déchirés pendant deux cents ans. Il rassemble les Français comme un père réunit autour de lui ses enfants.

 

Les querelles historiques ne seront jamais tranchées, parce que personne n'acceptera jamais que ceux dont il se sent proche aient pu avoir tort. Les motifs de dissensions civiles ne seront jamais effacés, parce que le plus souvent, c'est précisément l'absence du roi qui les a rendues possibles. »


« Que chacun donc demeure ce qu'il est, avec son passé et celui de ses prédécesseurs, et que tous se réunissent autour de notre principe commun et salutaire : vive le roi ! »


 

 

Vendredi 26 septembre 2008

              Après Rousseau, il n’y a plus grand chose à ajouter. Kant donnera un fondement métaphysique, Hegel fera du libéralisme la religion du progrès, Freud transportera en psychologie le mythe du bon sauvage et de la société corruptrice des pulsions naturelles, Durkheim inventera la sociologie libérale où on renonce à tout jugement de valeur sur les sociétés étudiées, Darwin transposera le mythe hégélien du progrès en paléontologie. Marcuse inventera une synthèse de Marx et Freud dont l’influence sur les radicaux américains et les gauchistes français est immense.

              L’apport de Marx(í) est connu : une interprétation « mécanique » de la dialectique de Hegel, une « echnique d’action », la découverte d’un peuple élu, véhicule du messianisme socialiste. Mais les craquements qui font aujourd’hui frémir l’édifice social des vieilles sociétés chrétiennes ont pour origine deux hommes qui ont certainement la stature de Luther et Rousseau : Freud et Marcuse. La révolution Marcusienne est en marche, elle n’a pas atteint encore sa phase violente mais il est sur que cette phase viendra. Et elle sera pire que les précédentes.


1.     
Freud (1856–1939)

           Dans la société libérale, la manière de vivre amène inconsciemment à trouver vraisemblables des idées sans conformité avec le réel mais dont la « structure logique » est conforme au mode d’exister  prescrit par la loi. Les idées de Freud sont un bel exemple, le plus célèbre peut-être, quoi qu’il ne soit pas unique.

            Pour lui, le psychisme humain comprend trois couches : le « ça »,la couche primitive pure, mue uniquement par le principe de plaisir, hors de toute notion de temps ou de logique et qui ne connaît ni bien ni mal, ni morale, ni sacrifice. C’est le « bon sauvage » de Rousseau. Au-dessus, sous l’influence du monde extérieur, se superpose une couche dérivée : le « Moi », qui  impose au « ça » une morale logique, la contrainte de la raison. Par exemple de lier l’acte conjugal à sa fin logique de reproduction, réprimant le pauvre « ça » qui voudrait le plaisir sans contrainte. Ce « moi » répressif mais inévitable correspond a&u « contrat social » : contrainte inévitable mais utile. Le « moi » logique étend l’éventail d’activités donc de plaisirs, seulement il a un côté répressif par la contrainte logique qu’il impose. Le rôle du psychanalyste sera d’établir une déclaration des droits de l’inconscient ainsi la tension ne sera pas trop forte et n’engendrera pas de névroses.

                           Vient enfin le « sur-moi ». Dernière couche psychique due à la religion, à la mode, aux « tabous » sociaux qui engendre un surcroît de contraintes qui ne produisent aucun plaisir, (l’image de marque, l’honneur, la religion, la culture, la réussite, la mode, la patrie, l’esprit de famille)… »le bonheur, dit Freud, n’appartient pas au monde des valeurs culturelles ». il entend par bonheur le plaisir sans limite. Il compare les normes morales élaborées dans cette partie supérieure du psychisme, aux produits de décomposition élaborés par la cellule et qui deviennent ensuite la cause de sa mort.. Freud a donc des idées sur la société : il faut briser ses contraintes mortelles, surtout les contraintes religieuses et morales. Il faut dissocier l’alliance du moi uni au sur moi qui répriment férocement les pulsions du « ça » en multipliant les tabous, jusqu’à la névrose.  Le sur-moi de Freud fonctionne logiquement comme le despotisme dans Rousseau et Locke : un pouvoir politique qui se donnerait une autre fin que l’enrichissement : par exemple la gloire de Dieu ou le perfectionnement moral des citoyens.

                           Toute cette interprétation du fonctionnement psychique est arbitraire. Il a été prouvé que plusieurs cures miraculeuses que le psychanalyste revendique dans ses ouvrages sont imaginaires. Ses affirmations sociologiques dans « Totem et Tabou » se sont avérées n’être rien d’autres qu’une mauvaise compréhension d’ouvrages de seconde main et rien de semblable n’a pu être observé par les Ethnologues sur le terrain (í) . Il reste que l’importance de Freud dans l’entreprise satanique de décomposition de l’homme est sans doute aussi grande que celle de Luther. Comme lui, Freud est un anormal mental. L’analyse de ses modes d’association des idées est caractéristique de l’état de régression infantile où les mécanismes logiques fonctionnent encore mais où la perception de la réalité s’évanouit au profit du rêve et où, l’affectivité est incapable de se fixer durablement. Cet état est souvent observé dans les structures sociales primitives où l’environnement social ne permet pas le développement normal du psychisme adulte. Cette dégénérescence s’observe aussi chez les drogués. Or, Freud fut toute sa vie un cocaïnomane. Les biographes du grand homme relèvent parfois avec gêne des phobies (par exemple la peur des trains) qui ont hanté Freud depuis sa petite  enfance  et sont un indice  de profond déséquilibre psychique. Il semblerait qu’en écrivant, il ait satisfait un sourd désir de vengeance envers les gens normaux. Sur le navire qui le conduisait à New-York, il confia soudain à son compagnon et disciple, Young : « ils ne savent pas que nous leur apportons la peste ».

                               On retrouve dans son cas deux ingrédients qui ont fait l’efficacité de la bombe Luther.

                               D’une part, son comportement pathologique : refus de discuter sur la réalité des faits, affirmations massives violentes qui protègent une anxiété profonde, réaction à toute critique comme à une agression : « si vous raisonnez comme cela, c’est à cause de votre sexualité refoulée ».

                               D’autre part las circonstances : Dans la société puritaine américaine où règne à la fois le culte de la liberté et une écrasante contrainte sociale non écrite, même entre époux, les théories de Freud vont être ressenties comme une libération : la psychanalyse vient offrir un confessionnal sans humiliation et elle vient introduire la liberté sesuelle dans les valeurs respectables !

                               Enfin le mode de raisonnement Freudien « colle » au mode de raisonnement libéral. Lles  idées de Freud sur la société qui paraissent au grand jour dans son ouvrage « le malaise de la civilisation » sont exactement celles des jacobins de la révolution française et plus tard des bolcheviks. Il y a le ou les despotes (ou bien les capitalistes) qui écrasent le peuple en lui confisquant son travail et sa liberté qui jouent dans la société la fonction du sur-moi  et imposent les tabous générateurs de névroses et puis, le peuple qui aspire secrètement à l’état de bon sauvage (ou de société sans classes) comme le ça aspire secrètement au plaisir sans limite. Le psychanalyste fait  « sauter les blocages » comme le révolutionnaire fait « sauter » les structures oppressives et aliénantes. Dans les deux cas, l’ennemi suprême est la religion.

                                Les meilleures impostures sont celles qui collent de plus près à la vérité. Il est vrai que la partie organique du psychisme humain se développe par étapes. Les appellations de ça et sur-moi sont arbitraires mais correspondent à une réalité psychologique. Les transitions se font aux environs de 4 ans, 7 ans, 17 ans ; or, l’homme n’atteint pas son achèvement en essayant de détruire la partie la plus élaborée de son psychisme mais au contraire, en en favorisant volontairement le développement harmonieux. La dernière couche est celle qui dépend le plus de la société pour son achèvement et un home atteint sa plénitude dans « la cité ». on mesure la valeur d’une civilisation à sa capacité à rendre possible le type humain idéal. Mais il n’est pas vrai que l’idéal humain soit cette forme primitive de psychisme élémentaire du petit enfant qui n’est mû que par ses perceptions immédiates et a à peine conscience de soi-même comme individualité.

(í)   Pour ne pas allonger, nous ne répèterons pas ici ce qui a été déjà très bien décrit ailleurs : l’ivresse de la révolte sanguinaire dans les premiers poèmes de Marx, son mythe du prolétariat rédempteur, sa paranoïa finale. Voir le grand mensonge des intellectuels par Paul Johnson, Robert Laffont, 1993.

(í) Dr Gauthier, Freud a menti, éd. CEVIC, 1977.

Jeudi 18 septembre 2008
        Les princes Louis Alphonse de Bourbon Cadix 
                    et Jean d' Orléans
                                                                                           


                 Les racines chrétiennes de la France S'il fallait illustrer le propos sur les 'racines chrétiennes de la France' du président Sarkozy lors de la réception du pape Benoît XVI, vendredi 12 septembre, quelle plus belle image que celle des princes Louis de Bourbon et Jean d'Orléans au premier rang de la messe papale sur l'esplanade des Invalides. Le Duc d'Anjou, Aîné des Capétiens, et la duchesse, et son cousin le Duc de Vendôme étaient en effet les invités du Saint-Père, comme ils l'avaient été du chef de l'Etat la veille à l'Elysée, pour ce  qui a constitué l'un des sommets de la visite  papale, au milieu de 300 000 fidèles venus de Paris et de toute la France. Les descendants et  héritiers des Rois de France, symbolisaient dans cette....lire....
Mercredi 17 septembre 2008

1-      Les Romantiques

 

 

Nous nous sommes attardés sur Rousseau parce qu’il est en quelque sorte, à la charnière entre les idéologues et les prophètes du libéralisme. ; les uns comme les autres lui reconnaissent comme une paternité spirituelle : Kant, Hegel, Claude Levi-Strauss, parmi les premiers, Shelley, Schiller, Mill, Hugo, Tolstoï parmi les autres. Son cas est exemplaire : il peut être considéré comme le premier des « prophètes ». Arrêtons-nous un instant sur ce phénomène des « prophètes » du libéralisme. L’emprise du libéralisme sur les esprits ne s’explique pas uniquement par la logique de l’erreur et certaines circonstances historiques. Le libéralisme a trouvé des hommes qui ont investi toute leur vie pour lui avec ivresse, sinon avec désintéressement. C’est que le libéralisme a su s’auréoler de poésie. Ce serait une erreur de sous-estimer l’importance du sentiment poétique dans les mouvements des peuples. Voici quelques lignes d’un homme d’action,Gneisenau, le maréchal prussien qui reconstruit, sous le talon de Napoléon, l’armée qui contribuera à le vaincre.
                                                                                                                             Tolstoï

« Il n’y a pas d’élévation du cœur sans dispositions poétiques. La sûreté des trônes est fondée sur la poésie. Combien d’entre nous, qui voient avec douleur chanceler le trône, pourraient trouver une situation heureuse dans une retraite silencieuse, combien même pourraient atteindre une situation brillante, si au lieu de sentir, ils voulaient calculer ? Mais les liens de la naissance, de l’affection et de la reconnaissance nous attachent à notre ancien monarque ; avec lui, nous voulons vivre et mourir ».(
í) Gneisenau n’était pas mû seulement par des idées, il était mû par l’enthousiasme.

 

Des hommes ont vendu, certains inconsciemment, d’autres délibérément, leur talent poétique au libéralisme. Ils constituent une dynastie : les romantiques, les surréalistes, les intellectuels de gauche…
Gneisenau

Mais tandis que la poésie grandissait l’homme d’action chez Gneisenau, elle détruit le libéral qui se vend à Satan. Tous, comme Rousseau, reçoivent le salaire de la prostitution : la popularité, l’argent au dehors et, en privé, le vice et la folie. Il y a chez beaucoup, plus que le goût humain de la débauche : une volonté de salir, d’avilir les faibles qui passent à portée. Et une délectation gourmande quand ils ont réussi.



Chez plusieurs (Victor Hugo, Shelley) les pratiques de sorcellerie sont avérées ; chez presque tous, il y a un véritable culte poétique de Lucifer et de Caïn. Chez presque tous, enfin, la course folle s’achève dans la folie ou le suicide.

 

La tombe de Rousseau sera un véritable lieu de pèlerinage. Georges Sand sanglotera interminablement en étreignant la pierre tombale. On trouvera des hommages grotesques de démesure chez Kant, Shelley, Schiller, Mil, Hugo, Tolstoï.




Shelley                    
    (í) Cité dans Les Modérés d’Albert Bonnard, réédité par « Les grands classiques », 1993

 

Samedi 13 septembre 2008

Jusqu’ici, nous avons rencontré des bourgeois soucieux d’abord de conserver et d’améliorer un régime qui les satisfait. Avec Rousseau apparaît un nouveau type de théoricien : l’homme frustré qui s’ennivre d’un avenir grandiose. Le premier est Rousseau.

 

Ils entreprennent de ressuciter en eux-mêmes le bon ssauvage spontané en qui aucun instinct n’est frustré ni aliéné. Et ils se considèrent comme les prototypes de l’humanité future. Ils sont tous débauchés, irresponsables et souvent anormaux mentaux. Nous allons nous arrêter à Rousseau pour la distraction du lecteur. Son cas est exemplaire. Le libéralisme est un état pathologique de la société et un homme qui « vit » son libéralisme est toujours un malade mental(í)

 

         


            1-   
Rousseau (1712 – 1778)
           
                 un paranoïaque immature

 

               Rousseau n’ajoute rien intellectuellement au Libéralisme mais il lui donne un souffle et un lyrisme qui ne s’éteindront pas. « Unz sensibilité d’âme er une perfection sans égale »  (Kant) ; « Un sublime génie » (Shelley) ; « L’âme d’un Christ dont seuls les anges du ciel étaient dignes » (Schiller). Tolstoï déclare que l’Evangile et Rousseau sont « les deux grandes et saintes infleuences de ma vie ». Aujourd’hui encore, Claude Lévi-Strauss, dans « Tristes tropiques », son œuvre maîtresse, rend cet hommage à Rousseau : « Notre maître et notre frère…Chaque page de ce livre devrait lui être dédiée si elle n’était indigne de sa mémoire ».

 

Qui était donc le prophète ? D’où lui vient sa puissance d’évocation ? Eh bien Rousseau était un malade. Sa mère est morte peu après sa naissance. Son père est tantot larmoyant, tantot d’une brutalité terrifiante. Le comportement névrotique de Rousseau est un cas classique : frustation d’affection maternelle dans la petite enfance, aggravée par un comportement destructeur chez son père. A 15 ans, il s’enfuit et commence sa vie de clochard riche : le sénario sera toujours le même. Il pleurniche, geint, attendrit et vit en parasite aux dépends de sa victime. Puis bientôt, il ressent une haine pour sabienfaitrice ou son bienfaiteur, lui fait des scènes et part en se proclamant martyrisé et en colportant tout le mal qu’il peut de ses ex-amis. Alors, il trouve un (ou une) autre naïf(ïve) et le sénario recomence. Il a l’ingratitude irresponsable des enfants et il est capable des pires infamies pour ceux qui se sont interressés à lui avec la main sur le cœur et la vertu à la bouche. C’est plus fort que lui : il cherche une maman à appitoyer puis, quand il l’a trouvée, la frustation qui le poussait se transforme en haine. Evidemment, ses premières victimes seront des femmes riches : jusqu’à la trentaine bien sonnée, il mène une existence de raté sous la dépendance des femmes. Il rate tout ce qu’il entreprend, ce qui ne l’empêche pas d’être d’une insolence odieuse avec tous ses patrons. Un petit succès littéraire lui vaut une inroduction dans le monde d’une partie oiseuse et libérale de la noblesse. Désormais, il vivra à leur crochet. Partout il se plaint, il raconte sa triste histoire à fendre le cœur d’un crocodile, il est le plus malheureux, le plus persécuté des hommes. Mais en même temps, il est le plus vertueux des hommes, l’ami du genre humain, il réclame qu’on lui érige des statues. Son comportement sexuel était lui aussi infantile. Il est masochiste, exhibitionniste. Il appelle ses maîtresses « maman ». ces stuctures mentales infantiles jamais développées, devenues montrueuses explliquent son exhibitionisme psychologique dans « Les confessions ». elles expliquent aussi sa délectation maladive à se sentir persécuté, pourchassé, objet de haine sadique. Il est incapable d’atachement parental normal. Ce n’est pas seulement de l’égoïsme qui explique qu’il ait été capable d’arracher à sa maîtresse ses enfants à peine nés malgré les supplications de la pauvre mère pour les jeter aux enfants trouvés sans même leur donner de nom, les vouant à une mort quasi-certaine ; C’est la pulsion de jalousie infantile envers le petit frère. Sa grossièreté, sa tenue négligée qui faisait son succès, ne sont pas seulement un habile calcul. Il aimait avilir.

 

Le cycle : lamentations geignardes, parasitisme, volonté de destruction des bienfaiteurs, s’accélère avec les années. Et, à ce jeu se développe la paranoïa : il en a tous les symptômes. Il a toujours raison contre tous, il est persécuté par un complot universel qui s’étend avec les années et sa correspondance s’émaille de plus en plus de gigantesques listes de reproches, chef-d’œuvres d’éloquence passionnée, nourries d’indices réinterprétés, de preuves falsifiées avec art, le tout d’une logique serrée et fièvreuse relevant de la démence. Ses élucubrations étaient redoutées par ses anciens amis tant elles étaient ficelées avec brio et servies avec un talent diabolique. Ses dernières années sont hystériques : « un complot immense, inconcevable ». on veut « l’enterrer vivant ». le moindre passant est aussitôt un espion envoyé par Choiseul  pour l’espionner.

 

Avec cela, ce clochard hideux est intelligent, brillant et compliqué. Il a un style simple, direct, puissant, passionné et il sait rendre ses concepts si vivants que les lecteurs, sous le choc, les reçoivent comme des révélations. Il ressent et il s’exhibe. Tel est son procédé littéraire. Son séjour en Angleterre, au début de sa carrière, le met en contact avec les idées libérales que véhiculait son bienfaiteur (provisoire), Hume. Elles entrent comme dans du beurre. Le monde mental de Hobbes, Locke, et Hume, issu de leur invironnement protestant impitoyable, vient donner une justification intellectuelle à sa paranoïa. Il s’identifie désormais au bon sauvage qui est bon parce qu’il laisse libre cours à tous ses instincts, à toutes ses pulsions sans se laisser alliéner par la société. Et ce monde entier qui est mauvais et qui le persécute, il faut le changer. Ce sera le contrat social, l’Emile, les confessions. Les lourdes et laborieuses idées anglo-saxonnes deviennent étincellantes. Et Rousseau ne recule pas devant les conséquences qu’il prévoit car le disciple voit plus loin que ses maîtres. Eux avaient inventé une théorie quiconfore leur égoïsme et leur goût de l’or. Lui, veut reconstruire un monde à son image. Il a prévu « Big Brother » et la police de la pensée. Il réclame l’aliénation totale (pour son bien !) du citoyen à l’état , le contrôle de sa pensée, l’éducation des enfants par l’état pour qu’ils s’habituent à ne trouver leur bonheur et leur sécurité qu’en lui. « Ceux qui contrôlent les opinions du peuple contrôlent aussi leurs actions » ; pour arriver au contrôle total, il faut éduquer les citoyens dès l’enfance « à n’être rien sauf par lui, ils ne seront rien sauf pour lui »(…) « L’état aura tout d’eux et sera tout ce qu’ils sont ». il réclame l’extermination « de tout malfaiteur attaquant le contrat social »(í). Rousseau rédigera une constitution pour la Corse dont l’application aurait été exactement le régime de Pol-Pot au Cambodge. Y compris le passeport spécial pour entrer en ville !

 

Rousseau mourra fou, dans des crises de délire paranoïaques répétées. Sa maladie mentale était évidente dès 1770. il trouva refuge chez un riche bienfaiteur à Ermenonville. En 1778, il mourut brusquement deux mois plus tard. On murmura qu’il s’était suicidé.

 

 

Philippe Marcille


(í) Le lecteur consultera avec profit Taine, Les origines de la France contemporaine, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1986,t,2, livre III, chap.1 : P

(í) Du contrat social, chap.V du livre II : « Du droit de vie et de mort. »

Vendredi 12 septembre 2008



une partie de l'assemblée le soir du samedi01 septembre




Chantal de THOURY (déléguée départementale du Nivernais) rapporteur de la séance de travail : Social - Ethique -Famille (influence sur le redressement de l' Economie).
et Patrick de VILLENOISY membre du Bureau Politique et délégué de la Région Paris Ouest.

 



Yves MERA délégué de Haute Saone, relatant les actions menées au sein de la commune de Héricourt où il a été élu conseiller municipal.

le reste de la galerie de photos de l'UDT 2008 de l'Alliance Royale est visible sur le site national.

Vendredi 12 septembre 2008

En août 2008, après les combats qui l’ont opposée à la Géorgie, la Russie a reconnu l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie comme Etats indépendants. Le 1er septembre, l’Union Européenne a contesté cette reconnaissance. Le 8 septembre, M.Sarkozy s’est rendu à Moscou, pour négocier la sortie de crise. En tant  que président en exercice du Conseil européen, il était accompagné par le président de la Commission européenne et par le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune. En tant que Président de la République, il était également accompagné par son ministre des affaires étrangères, M. Kouchner. Même s’il avait un drapeau tricolore dans une main et un drapeau étoilé dans l’autre, personne ne doute que c’est principalement au nom de l’Union Européenne qu’il intervenait. 

L’Ossétie du Sud et l’Abkhazie sont deux régions du Caucase économiquement et stratégiquement clefs, la première à cause du pipeline transcaucasien, la seconde à cause du potentiel touristique de la « Riviera Géorgienne ». A l’époque de l’Union soviétique, ces deux provinces avaient  un statut autonome. Elles ont été officiellement rattachées à la Géorgie en 1991 sur fond d’exaspérations nationalistes. En 1992, elles se  sont déclarées indépendantes, avec le soutien des Russes, qui ont tout intérêt à les détacher du giron géorgien. Les conflits se sont alors multipliés, jusqu’aux combats de 2008.  Nous ne nous trouvons pas seulement en présence d’un conflit local. C’est d’ailleurs rarement le cas lorsque des éruptions politiques embrasent les failles tectoniques comme le Caucase ou les Balkans. Risquons une analyse géostratégique, bien entendu simpliste, mais permettant, espérons-le, de se représenter les forces en présence.

La Géorgie se trouve en ce moment sur la ligne de fracture entre les USA et la Russie. Candidate à l’OTAN, elle constitue un poste avancé de la politique de « containment » américaine. Depuis la fin de l’Union soviétique, les Américains ont progressé partout, dans toute la zone d’influence de leur ancien adversaire, de l’Afghanistan aux Pays baltes en passant par l’Irak, l’Ukraine, et la Pologne. Les Russes se trouvent acculés sur leurs propres frontières et leur réaction en Ossétie pourrait signifier leur détermination et marquer la fin de la progression américaine.

La Géorgie se trouve également à la frontière orientale d’un vaste ensemble disparate qui s’appelle l’Europe. Il est logique et même inévitable que l’Union Européenne cherche à consolider son élargissement à l’Est. Elle le fera, s’il le faut, contre la Russie, d’autant que celle-ci veut à l’inverse reprendre l’ascendant sur ses anciens satellites, au moins économiquement. L’Europe trouve par la même une occasion de se faire admettre comme un acteur diplomatique de premier plan, selon l’esprit du traité de Lisbonne, même s’il lui manque un facteur essentiel de l’action diplomatique : l’unité de décision.

Cette situation est-elle durable ? Dangereuse ? Cela dépend de la détermination des Russes et des Américains. Où est le droit ?  Il pèse peu dans ce jeu de puissants où les considérations stratégiques se mêlent aux intérêts économiques et aux exacerbations nationalistes. Que vient faire la France dans cette histoire ? C’est très difficile d’en juger. Elle est totalement absente dans la région, contrairement à l’Allemagne, et n’y exerce aucune influence. Elle n’a aucun intérêt à s’aliéner les Russes. Elle doit en même temps compter avec les Américains dont elle a besoin pour assurer sa sécurité et ses échanges stratégiques dans le monde. Entre ces deux géants, elle peut être une voie de conciliation. Est-elle contrainte de prendre parti ? Il est presque impossible de répondre de façon tranchée, et nous préférons laisser le lecteur apprécier.

Mais voilà, même s’il existait une réponse, elle n’aurait aucune importance : la France a perdu toute autonomie de décision au profit de l’Union européenne. Elle ne peut même plus se tromper de cheval ! Pourtant, il vaut mieux être capable de faire un mauvais choix que de ne pas pouvoir choisir du tout ! Car la France ne peut désormais que s’aligner sur les intérêts et les décisions de l’Union européenne. Comme si notre intérêt était avant tout d’être membre de l’Europe, au prix de l’abandon de toute politique strictement française. N’est-ce pas le cas en Afrique, d’où, conformément au Livre Blanc, nous nous désengageons progressivement.

Si bien que le président français n’est pas venu annoncer la reconnaissance par la France des frontières de la Géorgie, cette dernière s’en contrefichant d’ailleurs probablement. M.Sarkozy n’est même pas le porte-parole des 27 Etats européens. Il est venu comme le président de l’UE, pour affirmer au nom de l’UE la souveraineté de la Géorgie sur deux provinces disputées par la Russie. Nous touchons là un point crucial. En général, la politique étrangère d’un Etat souverain se fonde en premier lieu sur la reconnaissance de la souveraineté des autres Etats, c’est même un acte souverain par excellence, aussi grave que de déclarer une guerre, parce que les conséquences touchent directement l’intégrité d’une nation et sa place dans ce que l’on appelle non sans manières la « communauté internationale ». Et le fait que M.Sarkozy était accompagné par le « Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune », montre bien la volonté de mener une politique étrangère spécifiquement européenne. C’est bien l’esprit du Traité de  Lisbonne, même si la lettre ne le dit pas explicitement.

Or il se trouve que la souveraineté ne se partage pas. Il ne peut donc pas y avoir de poupées russes : un Etat souverain ne peut pas en contenir un autre. Si l’Union Européenne parle dans le concert des nations, alors la France n’a plus qu’à se taire.   Il ne s’agit pas d’adopter une posture étroite qui consisterait à dérouler des bobines de barbelé autour de nos frontières et à faire cavalier seul. Nous ne pouvons pas faire abstraction de notre environnement et notre pays est amené à coopérer dans tous les domaines où il ne peut agir seul, qu’il s’agisse de contrôle des espaces maritimes ou de prévention contre les catastrophes industrielles, ou bien d’autres sujets encore. La France peut même être amenée à déléguer temporairement et partiellement l’exercice de sa souveraineté à une instance européenne, ou à une organisation comme l’OTAN, l’OCDE ou l’ONU, pourvu que la coopération ainsi installée permette d’être plus efficace, en vertu du principe de subsidiarité. Mais l’Alliance Royale rappelle que toute alliance doit être maîtrisée, réversible et librement consentie, et c’est justement par la diplomatie que l’on peut maîtriser ses alliances. C’est pourquoi une nation souveraine digne de ce nom, quels que soient ses engagement, ne pourra jamais déléguer sa politique étrangère.

Les positions géostratégiques dans le monde sont en train de bouger. Quelle place la France doit-elle occuper ? Quel rôle l’OTAN doit-il jouer ? De quelle Europe avons-nous besoin ? On ne peut pas avoir confiance dans une République qui, avec ses aspirations universelles, n’a d’autre choix que d’abandonner la France à l’Europe et de susciter par là même un nationalisme exacerbé. Qui mieux que le Roi peut garantir la pérennité de la souveraineté française dans nos engagements internationaux ? A l’occasion de la campagne européenne, c’est toute la question de la souveraineté française que l’Alliance Royale entend bien reposer.

Bruno Castanier

Vendredi 12 septembre 2008

très bien relaté par notre rapporteur Christophe Paillard Délégué du Poitou

Mardi 9 septembre 2008




                                  
Adam Smith (1723 –1790)

                                               Une generation s’est écoulée. Sa problématique montre à quel point les isdées de Locke qui avaient fait un peu scandale à son époque, sont devenues communes dans le milieu universitaire anglais. Son grand ouvrage est « L’essai sur la nature et les causes de la richesse des nations », où il développe la théorie du libéralisme économique. C’est une construction à priori sans vérification expérimentale mais dont les conclusions sont tout-à-fait favorables au commerce anglais. La célébrité fut immédiate. Les riches bourgeois trouvèrent ses raisonnements fort pertinents.
                           C’est du Locke en plus cocasse.

 
                           Les hommes n’ont aucune sympathie les uns pour les autres mais ils ont intérêt à passer des contrats d’entre-aide. Non parce qu’ils ont de l’amitié les uns pour les autres mais parce qu’ils ont besoin les uns des autres. Pour Adam Smith, le propre de l’homme est….le commerce. C’est en cela à ses yeux, qu’il diffère des animaux. L’inclination à trafiquer serait la cause originelle de l’apparition du language. Les hommes, selon lui, sont foncièrement égaux en aptitudes, les différences entre les individus sont dues à la différenciation des activités(í). Ceci affirmé, il conclut que la vie en société n’a pas pour fin le perfectionnement des hommes les uns par les autres mais seulement le commerce. Et l’auteur réclame la liberté de culte pour toutes les religions, attendu qu’on va commercer avec toutes sortes de gens et qaue s’ils ne trouvent pas dans le port une mosquée, une synagogue, un temple shinto, ils seront de mauvaise humeur et les contrats seront moins juteux.

                             En conclusion, remarquons que ces modèles ne sont pas la systématisation de la patiente observation du fonctionnement d’une société saine. Il s’agit d’une société malade, l’édifice intellectuel est fondé sur des « à priori » invérifiables, aboutissant, après quelques raisonnements simplistes, à des conclusions tout-à-fait favorables au bien-être de l’Establishment dont les auteurs font, bien évidemment, partie.

                             Cette idéologie est une utopie des riches. Les pauvres sont les laissés pour compte du contrat social. Du reste, à l’époque, seuls les riches votent. Le droit de propriété ne donne pas un m2 de terre à celui qui n’a rien. La liberté d’expression ne donne aucun moyen de se faire entendre à celui qui ne sait pas s’exprimer parce qu’il n’est pas instruit ou, qui n’a pas les moyens de financer un journal. Ces « droits » n’assurent aucune justice au pauvre, à celui qui est victime d’une campagne de presse. Plus tard, et très vite, les socialistes, fils de bourgeois libéraux, remarqueront que tous étant égaux, il n’y a aucune raison que le contrat social rapporte plus aux uns qu’aux autres. Les plus modérés exigèrent l’extension des doits de l’homme : aux droits-immunités (1), il fallait ajouter les droits-créance (2), : droit au travail, à la santé, à la culture, au logement, aux loisirs, au bonheur…Les extrêmistes exigent la propriété collective des biens : le droit à tout ! (c’était déjà dans Hobbes : au départ, tout est à tous).

                              Mais alors, comme ce sont les riches qui ont les moyens d’expression et la propriété efective, il faudra assurer l’égalité par le despotisme. On oscillera toujours en pratique entre Hobbes et Locke, entre despotisme d’état ou despotisme du riche mais les frères ennemis se reconnaissent pour frères. Roosevelt reconnaîtra sans hésiter Staline comme un frère en démocratie.

                              Une postérité longtemps minoritaire : les anarchistes. Ils admettent tous les postulats libéraux sauf la nécessité réelle d’une autorité sociale. Plus besoin des droits de l’homme, de constitution, de division des pouvoirs, de démocratie. D’après eux, l’homme laissé à sa spontanéité naturelle bonne s’harmonise spontanément en une société respectueuse de chacun. Il suffirait d’essayer mais le complot mondial des curés, des fachistes, des banquiers empêche les généreux idéalistes de faire le bonheur de l’humanité. Aujourd’hui, sous une forme plus élaborée, ce sont eux qui ont le vent en poupe avec Freud et Marcuse.

 


(í) Dans la réalité, c’est exactement le contraire. Ce sont les diversités profondes d’aptitudes innées qui entraînent la différenciation des activités humaines. Une société complexe peut diminuer cette inégalité de départ et rendre les individus interchangeables dans une certaine mesure. L’éducation, l’instruction et les techniques permettent à un homme peur doué dans un domaine, de s’en tirer néammoins honorablement.

(1) Espaces de liberté dans lesquels l’état s’engage à ne pas légiférer, où il garantit l’immunité de contrainte.

(2) Droits à sa part du gâteau que l’état s’engage à partager autoritairement par voie législative.

(í) Le lecteur consultera avec profit Taine, Les origines de la France contemporaine, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1986,t,2, livre III, chap.1 : P